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mercredi, 13 avril 2016 06:00

chanter avec

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J’observe les flocons de neige du mois d’avril et il faut absolument que je les relativise pour ne pas les haïr. Des fois, ça fait beaucoup de bien de faire abstraction de la température et du temps qui avance vers le plateau de tous les échéanciers.

chanter avec

quand flocons tombent sur la tête comme l’eau dans un bol en aluminium
les idées pixellisent et aucun grain de sable n’est un diamant, ne scintille

les poussières de toute sorte poussent partout, grincent, chamaillent
autour d’une recette de famille, d’un projet d’infrastructure, d’amour

pour l’amour du printemps, les insectes sous le tapis, frémir les bourgeons
les branches du grand arbre grattent contre le ciel démangé par le froid

la soif creuse des ennuis, porte un manteau de pluie dans un pays de poudre
avec un foulard à la mode qui trace une ligne autour des ecchymoses, les encadre

parce qu’une trace ça se retrace jusqu’à l’aube et les camions des petites heures
la clarté et son rouge à lèvres sur l’horizon embrase le temps de la cafetière

à mesure que les intentions s’affichent, les motivations s’effondrent, diluées
les mains ratatinées dans l’eau de vaisselle, le cerveau lavé comme un raisin

la cuisine de la volonté : pour isoler la saveur du vouloir et du vouloir quoi
vider les vieux bols et les rincer dans l’évier avec le chant des pelures

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Daniel Aubin

Journaliste

Arts et culture

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