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mercredi, 09 novembre 2016 13:15

L’abc des vitamines et minéraux

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Il est clair que de manger des légumes et de faire l’exercice régulièrement contribuent à une bonne santé globale. Mais qu’en est-il de la consommation de suppléments de vitamines et de minéraux? Ils sont peut-être indispensables pour les gens qui ont des carences diagnostiquées, mais pour le reste de la population, que faire? D’une part, on nous encourage à en prendre et de l’autre on nous dit qu’ils ne sont pas nécessaires. De quel côté devrait-on pencher?

« Au Canada, il ne faut pas perdre de vue que le plus gros problème de santé, c’est de mourir parce que l’on mange trop et pas parce qu’on manque de vitamines. Mais on dirait que ça nous rassure quand on sait qu’au moins on a nos vitamines », soulevait la diététiste en santé publique au Bureau de santé de Porcupine, Joëlle Zorzetto, Dt.P., un peu plus tôt cette année.

« Si quelqu’un mange de tout, n’a pas de restrictions alimentaires, d’allergies ou de choses comme ça, il n’y pas de vitamines qui sont spécifiquement recommandées. Elles ne sont pas nécessaires, mais ça ne veut pas dire qu’elles font du tord non plus [en petites doses] », présente la diététiste professionnelle au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, Christine Germain, Dt. P.

Christine Germain, Dt. P.

Selon cette dernière, les gens ont plus tendance à prendre des multivitamines, car « ils donnent une base de tout. Les omégas-3 sont importants aussi, car c’est un type de gras qui est essentiel et que notre corps ne peut pas produire. On doit aller le chercher dans les aliments et ils sont surtout dans les poissons. Quelqu’un qui ne mange pas de poisson ou qui est allergique devra faire un peu plus attention et aller les chercher dans d’autres aliments, comme l’huile de graines de lin [huiles de chanvre et de soja] et la noix de Grenoble », informe-t-elle.

Est-ce que l’âge entre en jeu?
« À partir de 50 ans, c’est recommandé de prendre un supplément de vitamine D [à longueur d’année], car l’exposition au soleil est moindre [pour les gens d’ici] et souvent les niveaux sont assez bas chez cette population. Ils doivent aussi être vérifiés pour la vitamine B12 par exemple, car c’est quelque chose qui est moins bien absorbé avec l’âge. Un assez gros pourcentage de cette population-là a besoin de suppléments et même parfois par injections », souligne Mme Germain.

La diététicienne recommande également aux végétariens de vérifier leur niveau de fer et de vitamine B12, car « ce sont des vitamines et minéraux surtout retrouvés dans les produits [provenant des] animaux ». En lien avec la synergie des aliments, elle nous rappelle que consommer de la vitamine C aide à l’absorption du fer et de la vitamine B12.

« Pour ce qui est des enfants, il y a des apports recommandés pour chaque vitamine et minéral. À cause de leur poids et de leur grandeur, les montants dont ils ont besoin sont moins élevés que chez les adultes. Donc s’ils prennent un supplément, on doit s’assurer que ce n’est pas de grosses doses », soutient l’intervenante. « Si l’enfant mange déjà un peu de tout, je ne recommanderais pas un supplément. Certains parents préfèrent en donner pareil. Ce n’est pas méchant, mais pas nécessaire », poursuit Mme Germain.

Parlons de ces suppléments pour enfants, ou encore plus précisément de ces populaires vitamines des Pierrafeu. Avez-vous confiance en leur composition? Il est indéniable qu’elles contiennent une panoplie d’éléments bénéfiques, cependant elles rallient également d’autres ingrédients moins souhaités. Il est question de saveurs et de colorants artificiels, d’aspartame, d’huile hydrogénée (gras trans) et d’OGM.1

Pourrait-on faire une surdose de vitamines?
Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre qu’il existe deux types de vitamines, « elles qui sont hydrosolubles, comme la vitamine B et la vitamine C, sont solubles dans l'eau. Nous avons besoin de les consommer chaque jour, car on en perd dans notre urine, etc. C’est plus improbable qu’elles soient toxiques, car on peut les éliminer. Mais les vitamines A, D, E et K, elles, sont liposolubles, donc solubles dans le gras, ce qui veut dire que l’on est capable de les garder plus longtemps. Donc, même si l’on n’en consomme pas chaque jour, on est capable de garder une réserve dans notre corps. Mais si l’on en mange beaucoup trop, c’est plus dangereux d’être toxique, car elles sont plus difficiles à éliminer », illustre Mme Germain.

L’autre côté de la médaille
Cependant, comme dans toute autre chose, il existe une pluralité d’opinion. Le livre que je citais comme source lors de ma dernière chronique santé, The pH Miracle, stipule que « même si votre diète est idéale, on recommande des suppléments. La nourriture d’aujourd’hui n’est que l’ombre de ce qu’elle était autrefois. On la fait pousser avec de l’engrais artificiel dans des sols appauvris et pulvérisés de pesticides, les rendant à un pouce d’être de la nourriture “morte”. Les aliments sont récoltés trop tôt et expédiés sur de longues distances et dépérissent ainsi dans les transports, les entrepôts et sur les tablettes. Ils perdent des nutriments chaque minute ».2

« Et même si vous aviez la diète parfaite, votre corps est tant physiologiquement attaqué par l’environnement que vous avez besoin de suppléments pour compenser. Un citoyen moyen est exposé à 500 produits chimiques chaque jour, sans compter ce que l’on met dans notre corps lorsque l’on ne s’alimente pas bien. »3

« Les minéraux sont spécialement importants puisque sans eux, les vitamines et les enzymes ne pourraient fonctionner. De plus, nos sols manquent de minéraux, en conséquence, nos aliments aussi. Sans oublier que l’exercice physique les vide de notre corps ». On parle ici de macro-minéraux dont le calcium, le magnésium, le manganèse, le zinc et le fer. On mentionne aussi le phosphore, le potassium, le sélénium, le cuivre, le chrome et l’iode.4



Qui croire, que faire?
Vous prendrez bien le camp qui vous convient, mais si vous cherchez toujours une ligne directrice à suivre, voici des indications soulevées par un article mis en ligne par Reuters.5

  • Les comprimés multivitaminés – Non. Une diète équilibrée fait bien l’affaire.
  • Les antioxydants – Non. Trop pourrait même augmenter le risque de certains cancers. Manger des baies au lieu.
  • Vitamine C – Non. Manger des agrumes, fraises, kiwis, etc.
  • Vitamine B3 – Non. Manger du saumon, du thon ou des betteraves.
  • Probiotiques – Non. Pas suffisamment de recherches ont été effectuées pour déterminer leurs bienfaits. Les yogourts en contiennent.
  • Vitamine E – Non. Manger des épinards (ou autres légumes verts foncés). Une surdose en comprimés pourrait entrainer le cancer de la prostate.
  • Vitamine D – Oui. Difficile d’en avoir suffisamment en hiver et elle aide à la santé des os.
  • Zinc – Oui. Ce minéral viendrait lutter contre la reproduction de rhinovirus, le virus responsable du rhume.
  • Acide folique – Oui pour femmes enceintes (ou celles qui ont l’intention de l’être). Il sert à la production de nouvelles cellules, ce que nécessite un fœtus en développement.
En cas de doutes ou si l’on s’inquiète des interactions entre différents vitamines, minéraux ou médicaments, Mme Germain recommande de communiquer avec son pharmacien.

Sources :

1) http://naturallysavvy.com/care/are-your-vitamin-supplements-more-harmful-than-healthful

2) The pH Miracle, Robert O. Young, Ph. D., et Shelley Redford Young, p.156

3) bis

4) bis p.160-161

5) http://www.iflscience.com/health-and-medicine/most-vitamins-are-useless-but-here-are-the-ones-you-should-take

Lu 1454 fois Dernière modification le jeudi, 10 novembre 2016 14:19
Priscilla Pilon

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6212

priscilla.pilon@levoyageur.ca

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