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jeudi, 23 février 2017 15:58

Les enzymes reliées à l’espérance de vie?

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On entend souvent parler d’enzymes, mais que savons-nous réellement de leurs fonctions quant à la santé? Où les retrouve-t-on et pourraient-elles être reliées à notre espérance de vie? La microscopiste nutritionnelle des cellules vivantes (Nutritional Live Blood Microscopist), Suzanne Pellerin, CN CM, nous éclaire sur le sujet.

Suzanne Pellerin, CN CM

Photo : Courtoisie

« Les enzymes sont des protéines créées par certaines glandes du corps pour accélérer et faciliter les réactions chimiques dans les activités d’organismes vivants. Elles sont responsables de la réparation, de la formation et du fonctionnement de chaque cellule dans chaque tissu de notre organisme », présente Mme Pellerin. « Notre corps contient des milliards d’enzymes nécessaires au fonctionnement métabolique du corps. Par exemple, les enzymes digestives provoquent les réactions chimiques nécessaires à la digestion de nos aliments », enchaine-t-elle.

« Si nous avons une carence de certaines enzymes, telle que la lactase — une enzyme produite dans l’intestin grêle — elle peut rendre la décomposition au lactose impossible. Ce manque d’enzymes peut apporter plusieurs symptômes néfastes tels que la constipation, la diarrhée, le ballonnement, des allergies, l’asthme, etc. Les enzymes digestives qui sont produites par le pancréas facilitent l’assimilation de la nourriture en brisant les molécules des aliments afin que nos cellules les reconnaissent. Les enzymes ne servent pas qu’à soigner les problèmes digestifs, elles ont un grand rôle quant à la formation et à la décomposition de l’ADN et de l’ARN », avance Mme Pellerin.

En plus des enzymes digestives, il existe également des enzymes alimentaires. Ce que nous mangeons et son mode de cuisson auraient un impact sur notre réserve enzymatique corporelle. La nourriture crue contient plus d’enzymes qui assurent sa propre digestion, contrairement à la nourriture cuite et transformée, qui élimine les enzymes.

Sauvegarder sa réserve naturelle
« L’homme est le seul mammifère qui fait cuire sa nourriture et, quel que soit le mode de cuisson, un aliment cuit est un aliment mort. La cuisson ne conserve pas d’éléments vivants et influence la valeur nutritionnelle. Une consommation maximum de légumes et de fruits crus est recommandée, car ils sont dotés de leurs propres agents pour notre organisme. Aussitôt que la nourriture subit une transformation due à la cuisson, ses enzymes et nutriments sont modifiés et peuvent disparaitre. La diversité des fruits et des légumes est aussi un élément clé, car elle permet une alimentation variée, riche en saveurs avec les meilleurs bienfaits pour la santé », explique Mme Pellerin.

Photo : iStock

Autres enjeux
« Cependant, la cuisson n’est pas le seul facteur qui affecte notre potentiel enzymatique. La congélation, les micro-ondes, les additifs alimentaires, la restauration rapide, la friture, les produits en conserves, les pesticides, le café et l’alcool sont parmi les plus puissants destructeurs d’enzymes alimentaires. Le stress, les toxicités, l’angoisse, une mauvaise alimentation, certains effets secondaires dus aux médicaments et le manque d’exercice ont un effet négatif sur le système digestif et peuvent diminuer la production d’enzymes. L’organisme doit alors compenser et puiser dans ses propres réserves, créant ainsi un terrain propice aux maladies dégénératives. Tous ces stress aboutissent à une absorption insuffisante des nutriments. Même si notre alimentation est biologique et la plus saine, cela ne suffirait pas toujours à combler les besoins en enzymes qui assurent une bonne santé et un vieillissement moins problématique », expose-t-elle.

Production naturelle d’enzymes
« Notre production naturelle d’enzymes commencerait à diminuer dès l’âge de 20 ans. La capacité de production d’enzymes diminue de 13 % chaque décennie. Donc à l’âge de 40 ans, notre réserve enzymatique serait affaiblie de 25 % comparativement à quand nous étions enfant. À l’âge de 70 ans, il ne resterait plus qu’un tiers de nos enzymes. Celles retrouvées dans la salive, le sang et le pancréas deviennent plus faibles avec l’âge et l’estomac produit moins d’acide chlorhydrique, essentiel pour l’assimilation et la digestion des protéines et des gras », prévient l’intervenante.

« Ces carences pourraient causer des intolérances alimentaires, des allergies et des problèmes digestifs. En situation de carence, plusieurs se tournent donc vers des sources supplémentaires d’enzymes. Dans son livre portant sur le rôle des enzymes dans la nutrition1, le docteur Edward Howell1 avance que la durée de vie d’une personne serait directement liée à l’épuisement de son potentiel d’enzymes et que l’ingestion d’enzymes alimentaires complémentaires permet de diminuer ce taux d’épuisement, ce qui aboutirait à une vie plus longue, plus saine et plus vigoureuse. Un supplément d’enzymes digestifs avec les repas aide à partager la charge de travail de ses enzymes corporels et peut faciliter la digestion. Certains pensent que nous pourrions vivre plus longtemps et en meilleure santé si nous nous protégions contre la perte de nos enzymes corporelles », conclut Mme Pellerin.

Une théorie remise en question
Malgré les points soulevés dans la publication de 1985 du Dr Howell, d’autres écoles de pensées soulèvent que ses théories n’ont pas suffisamment de preuves scientifiques. L’article de John P. Thomas, publié en 20142, stipule qu’il n’y a aucune preuve que les enzymes alimentaires sont transformés en enzymes digestifs une fois dans le corps. Il dit aussi qu’il y aurait un manque de preuves quant à la réserve d’enzymes corporelles, laissant entendre qu’elle serait peut-être renouvelable après tous.

Il explique que si la théorie de Dr Howell est vraie, les gens pourraient tous vivre une longue vie en prenant des suppléments enzymatiques, puisque le compte d’enzymes corporels semble être le facteur le plus important à la vie humaine. Il démontre aussi que les tests effectués pour tenir compte du niveau d’enzymes ont été effectués sur des sauterelles, des lucioles et des rats et non chez des humains, ce qui pourrait dramatiquement changer les résultats.

De quel côté pencher? Les études qui se contredisent semblent se faire de plus en plus fréquentes. C’est à s’en arracher les cheveux! Solution? Y aller avec ce qui fonctionne pour vous. Il est indéniable que les aliments crus ont leurs avantages et que l’on devrait faire notre possible pour préserver nos enzymes digestifs en évitant la nourriture qui nous les ferait gaspiller inutilement, dont la restauration rapide et les produits transformés. Allez-y avec votre bon jugement et consultez un(e) professionnel de la santé en cas de doutes.

Pour ceux qui souhaitent ajouter des enzymes complémentaires sous forme de comprimés dans leur alimentation, la microscopiste conseille de faire ses propres recherches ou de consulter un(e) nutritionniste afin de s’assurer de prendre des suppléments de bonnes sources.

Sources :

1) Enzyme Nutrition: The Food Enzymes Concept, Dr Edward Howell, 1985

2) healthimpactnews.com
Lu 732 fois Dernière modification le jeudi, 23 février 2017 16:48
Priscilla Pilon

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6212

priscilla.pilon@levoyageur.ca

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