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mercredi, 22 mars 2017 16:09

Jeffrey Buttle chausse toujours ses patins, neuf ans après avoir été champion du monde

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Jeffrey Buttle chausse toujours ses patins, neuf ans après avoir été champion du monde Photos : Courtoisie
Kapuskasing — Aujourd’hui, le patineur artistique Jeffrey Buttle signe des chorégraphies pour le champion du monde Patrick Chan et de grandes productions sur glace comme Stars on Ice. Le patineur originaire du corridor de la route 11 s’est fait connaitre sur la scène internationale dès 2002 avant de remporter la médaille de bronze aux Olympiques de 2006 et de devenir champion du monde le 22 mars 2008. Il prenait sa retraite de la compétition en septembre suivant, à l’âge de 26 ans.

Neuf ans plus tard, Jeffrey Buttle est heureux de sa décision, mais aussi d’avoir persisté, alors qu’il était un des rares garçons qui faisait du patinage artistique à Kapuskasing, Timmins et Sudbury, où il a habité.

«C’était difficile», admet-il. «Il y avait peu de tolérance pour les hommes dans le patinage artistique, et pas seulement dans le Nord ontarien, partout. Mais j’aimais ça et je ne voulais pas abandonner juste parce qu’on se moquait de moi. Ç’a duré un temps… Jusqu’à ce qu’on se rende compte que j’étais bon», raconte-t-il.

Du point de vue technique, son expérience nord-ontarienne a été très profitable. «Dans les plus petites communautés, on se concentre sur le plaisir et sur les notions de base. Ce n’est pas très compétitif, mais ça donne la bonne perspective : patiner pour s’amuser plutôt que pour gagner», dit-il.

Plus tard, lorsqu’il a traversé des périodes plus difficiles, le souvenir de l’amour et de l’ABC du patin qu’il a vécus dans le Nord l'a ramené sur le droit chemin. «C’est très simplement exprimé, mais c’est très sincère», dit-il.

La bonne décision

Cette passion l’anime encore et il est convaincu qu’elle l’animera toute sa vie. Malgré cela, il est grandement satisfait d’avoir abandonné la compétition. «J’étais satisfait de tout ce que j’avais accompli. C’est toujours la performance qui m’anime et le titre de champion du monde m’a ouvert beaucoup de portes. Je n’ai jamais rêvé de l’or olympique.»

Il avoue qu’en concentrant toute son énergie sur le sport, certains aspects de sa vie ont fini par lui manquer. «La vie est entièrement consacrée à l’entrainement. J’étais prêt à passer à autre chose, à explorer d’autres aspects du sport et à passer du temps avec ma famille.»

Si les athlètes de haut niveau vivent souvent difficilement la transition, ce n’a pas été le cas de M. Buttle. Il préférait nettement la performance et pouvait maintenant s’y consacrer pleinement. «C’est difficile, c’est certain, mais je savais que j’avais pris la bonne décision parce que la compétition ne me manquait pas.»

N’empêche, il a dû complètement revoir son approche : lorsqu’on est en mode compétition, tout est centré sur soi «et c’est ce qu’il faut pour réussir», dit-il. Mais à titre de chorégraphe, il doit toujours travailler avec un autre patineur, s’adapter à ses forces et s’assurer qu’il ait tous les outils pour réussir. La solitude de l’athlète de haut niveau n’existe donc plus pour lui. «C’est quelque chose que je n’avais pas avant et que j’apprécie beaucoup.»

Il admet avoir eu de la chance en se bâtissant rapidement une clientèle de calibre à titre de chorégraphe. Il attribue ce succès à la passion qu’il nourrit pour la chorégraphie.

Toujours sur la patinoire

Dans ce contexte, Jeffrey Buttle voyage encore beaucoup — il signe des chorégraphies au Canada et aux États-Unis. Même s’il ne fait plus de compétition, il passe beaucoup de temps sur la glace — peut-être même plus qu’avant, croit-il, de 6 à 12 heures par jour. Il doit demeurer en forme et s’entrainer pour présenter des numéros avec Stars on ice et au Japon avec Fantasy on Ice et The Ice, en plus de faire des spectacles individuels.

Il considère même qu’il est un meilleur patineur que lorsqu’il a obtenu son titre de champion du monde, surtout parce qu’il peut se concentrer sur la performance plutôt que sur les aspects techniques de la compétition. Il peut miser sur ses forces. Et il compte bien le faire pendant de nombreuses années encore.

Lu 2269 fois Dernière modification le samedi, 25 mars 2017 15:27
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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