FacebookTwitter
vendredi, 14 avril 2017 14:00

Georgette Robichaud, le cœur de la francophonie de Manitouwadge

Écrit par  Lynn Gregheur
Georgette Robichaud, le cœur de la francophonie de Manitouwadge Photo : Lynn Cregheur
Manitouwadge — La communauté francophone de Manitouwadge doit beaucoup à Georgette Robichaud, entre autres d’avoir eu la possibilité de syntoniser Radio-Canada à la télévision deux ans avant les autres villages environnants et la création du Club des grenouilles.

Mme Robichaud, qui a aujourd’hui 81 ans, raconte que ses démarches pour l’obtention du signal de diffusion de la télé de Radio-Canada ont commencé quelques années après 1977, date de son arrivée à Manitouwadge. Malgré ses enfants, ses livres et ses amis, il lui manquait quelque chose : la télé en français. Le défi était d’autant plus grand qu’à l’époque, même la réception de la chaine nationale anglophone, CBC, n’était pas très bonne dans la municipalité.

Lorsqu’elle a consulté son député fédéral, ce dernier lui a suggéré de créer une pétition et d’obtenir 5000 signatures. Devant l’ampleur de la tâche, il offre 2000 $ pour payer un voyage au Carnaval de Québec à tous ceux qui travailleraient à la récolte des signatures.

C’était l’incitatif idéal pour encourager les jeunes francophones à faire du porte-à-porte pour obtenir les signatures, peu importe la langue de celui qui signait. L’opération a été couronnée de succès : les 5000 signatures ont été recueillies, les participants ont fait leur voyage à Québec et Manitouwadge a obtenu le réseau de télé de langue française.

Un autre résultat de sa passion pour la langue de Molière a été la création du Club des grenouilles, un club pour les francophones de Manitouwadge. Elle y est arrivée avec l’aide de Thérèse Blier, Bernadette (Dionne) Pelletier et plusieurs autres. Ce petit groupe a organisé toutes sortes de soirées, de projets, de journées pour les enfants et de spectacles.

Ça commence par la famille

Native des Laurentides au Québec, la langue française a toujours été quelque chose de très précieux pour Mme Robichaud. Sa langue maternelle était un trésor à ne pas oublier, même si elle habitait en Ontario.

Mme Robichaud est arrivée à Manitouwadge en 1977 avec son époux et ses quatre enfants. Elle avait quitté le Québec à l’âge de 25 ans pour s’installer d’abord à Kirkland Lake puis à Matachewan, où elle dit toujours avoir vécu en français. À son arrivée, Manitouwadge avait déjà une école francophone, Notre-Dame-de-Lourdes, qui partageait les locaux de l’école anglophone.

Elle a insisté pour que ses quatre enfants aient leur éducation en français tout en apprenant l’anglais. Une de ses règles importantes était qu’à la maison, la langue parlée était le français. Elle raconte que si ses enfants se disputaient en anglais en faisant la vaisselle, ils étaient punis. La solution devenait simple : on se dispute en français, ça coutera moins cher, dit-elle.

Depuis ses batailles pour sa langue, Mme Robichaud a dû affronter d’autres épreuves. Elle a perdu son époux, sa mère, son beau-frère dont elle avait pris soin pendant des années et trois de ses quatre enfants. Elle garde néanmoins sa foi et sa joie de vivre en pensant à sa fille Lise et ses petits-enfants. Aujourd’hui, on peut retrouver Mme Robichaud en ville, en grande discussion avec un résident de Manitouwadge ou un autre. Que ce soit un francophone ou un anglophone, elle est toujours de bonne compagnie. Elle a dit que son anglais n’est pas toujours à son meilleur, mais elle essaie.

Lu 1478 fois Dernière modification le vendredi, 14 avril 2017 14:09

Actualité du Nord

  • Perspectives économique 2018 : Première expérience en français
    Perspectives économique 2018 : Première expérience en français Grand Sudbury — L’économie canadienne est en excellente santé selon le vice-président sénior et chef économiste de la Banque Scotia, Jean-François Perreault. La croissance de 3 % de l’économie en 2017 représente le double de ce qui avait été anticipé. Cependant,…
    Ecrit le vendredi, 15 décembre 2017 11:09
  • Idées cadeaux du Nord 2017
    Nord de l’Ontario — À l’heure où le magasinage en ligne et l’achat local s’ancrent dans les habitudes des consommateurs et où la tendance de la déconsommation et le pouvoir d’achat se côtoient, comment s’en tirer indemne, dans le temps…
    Ecrit le vendredi, 08 décembre 2017 16:46
  • Le Moulin à Fleur perdra sa caisse populaire de quartier
    Le Moulin à Fleur perdra sa caisse populaire de quartier Sudbury — La Caisse populaire Voyageurs a décidé de déménager son siège social situé dans le Moulin à Fleur, et d’autres services, vers le centre-ville de Sudbury. La conséquence : le centre de service Saint-Jean-de-Brébeuf sur l’avenue Notre-Dame fermera ses portes.…
    Ecrit le mercredi, 06 décembre 2017 12:36
  • Pas d’inquiétudes pour les radios communautaires du Nord
    Pas d’inquiétudes pour les radios communautaires du Nord Hearst et Kapuskasing — L’annonce de la fermeture d’une radio communautaire en Alberta, la semaine dernière, est reçue avec empathie. Cependant, la réalité des deux radios communautaires du Nord ontarien ne s’apparente en rien à celle des neuf stations communautaires…
    Ecrit le jeudi, 30 novembre 2017 15:05
  • Earlton pourrait se retrouver sans épicerie
    Earlton pourrait se retrouver sans épicerie Earlton —Le Canton d’Armstrong pourrait se retrouver sans épicerie d’ici l’an prochain. Il y a quelques semaines, le propriétaire de l’épicerie Grocery King d’Earlton, Michel Maurice, a dévoilé son intention de vendre son entreprise, ce qui pourrait mener à la…
    Ecrit le mercredi, 29 novembre 2017 14:30
  • Mise en valeur des villes et villages francophones
    Mise en valeur des villes et villages francophones Ontario — L’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) a récemment complété un répertoire des communautés franco-ontariennes à l’échelle de la province. Intitulé Notre Place, histoire de découvrir la francophonie en Ontario, le document a pour objectif de mettre en…
    Ecrit le vendredi, 24 novembre 2017 11:39
  • Val Rita-Harty : La population devra s’engager pour qu'une coop fonctionne
    Val Rita-Harty : La population devra s’engager pour qu'une coop fonctionne Val Rita-Harty — La population de Val Rita-Harty — et celle d’Opasatika — aimerait pouvoir se procurer des produits de base, des fruits et légumes, de la viande et des produits locaux dans sa communauté. Grande utilisatrice du seul supermarché…
    Ecrit le jeudi, 23 novembre 2017 13:53

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login