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vendredi, 26 mai 2017 16:43

Nomination du commissaire aux langues officielles : les échos du Nord

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Nord-Est de l'Ontario — Le choix du gouvernement de sélectionner l'ancienne députée libérale provinciale Madeleine Meilleur pour le poste de commissaire aux langues officielles du Canada plait à certains tandis que d'autres décrivent le choix comme une nomination partisane. Le Voyageur a voulu connaitre le point de vue de députés du Nord de l'Ontario.

Le député libéral de Sudbury, Paul Lefebvre, n'a pas participé au processus de nomination pour le poste du commissaire et ne peut donc pas se prononcer sur celui-ci. Il est cependant membre du Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes, dont l'un des rôles est de réviser le choix du gouvernement, processus qui a été lancé le 18 mai.

Le comité a par contre uniquement le mandat d'évaluer ses compétences pour le poste. «On n’a pas le pouvoir de dire “oui” ou “non”. On peut seulement dire si elle a les compétences et les connaissances pour remplir le poste. On donne notre opinion puis on rapporte ceci à la Chambre des communes», affirme M. Lefebvre.

«Du côté des libéraux, on croit qu’elle a la capacité et les connaissances nécessaires», poursuit-il.

Pour le député du Nouveau parti démocratique (NPD) pour Timmins-Baie James, Charlie Angus — également candidat à la chefferie du NPD fédéral, ce n'est plus une question de compétences. «Il est essentiel pour la commissaire d'avoir le respect de tout le monde et d'avoir l'habileté de [confronter] les décisions du gouvernement. [Le processus de nomination] a sapé la crédibilité de Mme Meilleur pour défendre les intérêts des minorités linguistiques. Mme Meilleur n'aurait pas la confiance des Canadiens ou du parlement», avance-t-il.

Indépendance

L'indépendance du commissaire aux langues officielles est en fait au cœur des contestations de la nomination de Mme Meilleur. Le dévoilement du processus de sélection par le gouvernement et les allégations d'un candidat — à qui on aurait dit qu'il devrait parler à des chefs de file du parti libéral — sèment de plus en plus de doutes sur l'indépendance de Mme Meilleur.

M. Angus n'est pas convaincu que cette candidate pourrait conserver son indépendance. «Le public doit faire confiance au rôle du commissaire et croire à son indépendance. Je suis très perturbé par le processus de nomination de Mme Meilleur, parce qu'il y a des allégations de conflit d'intérêt et d'interférence partisane par le gouvernement de M. Trudeau», soulève M. Angus.

Pour M. Lefebvre, il faudrait lui laisser le temps de prouver son indépendance. «Il faut regarder ce qu’elle a accompli, ce qu’elle a fait pour l’Ontario. Elle a donné l’indépendance au commissaire aux services en français de l’Ontario, elle a joué un grand rôle dans la séparation de TVO et TFO, également pour la défense de l’Hôpital Montfort. Ce sont toutes des choses qu’elle n’était pas obligée de faire, c’était au-delà de la partisanerie. Il y avait une citation de France Gélinas (député NPD provincial de Nickel Belt) l’année passée dans Le Droit où elle disait que [Mme Meilleur] “était francophone avant d’être libérale”».

Opposition

Les chefs des partis d'opposition se sont plaints la semaine dernière de ne pas avoir été consultés pour cette nomination. Pourtant, le député de Sudbury a dit avoir reçu des informations contraires. «L’information qui m’a été donnée, c’est que les critiques et les chefs des partis d’oppositions ont été consultés et que tout le monde était sur la même longueur d’onde : elle a les compétences», note-t-il.

M. Angus reste campé dans le rejet de la candidature. «Mme Meilleur devrait retirer sa nomination pour l'intégrité de ce poste», croit le député Angus, en ajoutant que son parti allait s'opposer à la nomination.

Pas de consensus chez les organismes francophones

La Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) a tenu une réunion téléphonique avec ses membres le 25 mai en soirée pour discuter de la situation. Les médias nationaux rapportent qu'ils n'ont pas obtenu de consensus sur la position à prendre face à la nomination et la controverse. Les deux préoccupations principales des organismes concernent le processus, mais aussi la crainte de se mettre à dos le gouvernement fédéral et une future commissaire. Une situation difficile lorsqu'il est votre principale source de financement.

Rejoint par téléphone, la directrice de l'ACFO du grand Sudbury, Joanne Gervais, note être dans une position similaire et que l'organisme n'a pas pris position pour le moment.

Lu 1227 fois Dernière modification le vendredi, 26 mai 2017 17:07
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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