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lundi, 19 juin 2017 11:55

M-E Chainey : l'heure de la transplantation est venue

Écrit par 
Marie-Eve Chainey et la tante qui lui fait don de son rein, Manon Desrochers. Marie-Eve Chainey et la tante qui lui fait don de son rein, Manon Desrochers. Jacques Falardeau

Ottawa — Après 20 ans de carrière, Marie-Eve Chainey a effectué son dernier saut en hauteur le 11 juin. Le jeudi 22 juin, l’athlète relèvera un nouveau défi : celui d’une transplantation de rein qui pourrait, l’espère-t-elle, la libérer des rechutes du syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa) et de la dialyse. Mais ce nouveau rein l’empêchera également de pratiquer le sport qu’elle aime tant.

Le dernier saut

C’est par un temps chaud et humide et dans une ambiance émotive que l’athlète a participé à sa dernière compétition. Ceux qui connaissent Mme Chainey savent qu’il s’agit d’un deuil, pour elle qui pratique ce sport depuis l’adolescence. «C’est vraiment bizarre [de penser] que je n’aurai plus ce sport pour me garder occupée mentalement», dit-elle.

Frappée par une maladie génétique rarissime, le SHUa, lors d’un séjour en Espagne en 2002, elle a toujours cherché à se remettre sur pied pour continuer à pratiquer le saut en hauteur. «Si les choses n’allaient pas bien, j’allais faire du saut en hauteur ou du track [and field], ça me changeait les idées complètement», explique la femme originaire de Val Rita. «Quand j’étais malade, je voulais retourner à l’entrainement.»

Avec un nouveau rein, pas question de reprendre ce sport qui entraine un mouvement brusque et l’étirement complet de l’abdomen. Les médecins craignent qu’un tel mouvement déchire l’artère et c’est ce qui la force à mettre une croix sur sa pratique. Maintenant, elle considère l’aviron, qu’elle a déjà pratiqué et qu’elle a vraiment aimé.



L’avenir

Avant tout, il y aura la transplantation ce jeudi, le 22 juin. Elle rentrera à l’hôpital la veille pour subir un traitement médical et une dialyse. Tôt, le jeudi, sa tante Manon Desrochers, qui lui a offert d’emblée un rein, passera à la salle d’opération juste avant elle. Son séjour à l’hôpital doit durer de 6 à 12 jours. «Quand c’est un donneur vivant, souvent, c’est moins de temps parce que le rein est en meilleure santé», souligne-t-elle. Elle pourra reprendre la marche et la course légère un mois plus tard. «Mais il faudra trois mois avant que les médicaments soient ajustés et que je puisse faire des poids et haltères comme je fais présentement», se désole-t-elle.

Elle devra s’armer de patience, mais elle a des projets pour la suite, outre pratiquer un nouveau sport.

Il lui faudra aussi s’assurer de l’accès au Soliris, ce traitement sans lequel la maladie pourrait attaquer son nouveau rein. «Selon la dernière étude que j’ai lue, il y a 92 % de chance de rechute avec une greffe, quand même. On ne peut pas la nier», dit-elle. Elle a réussi à avoir un appui gouvernemental pour six mois de traitement en décembre dernier. «Après six mois, il y arrive quoi», demande-t-elle? Il en coute 750 000 $ par année pour avoir accès au médicament. «Mon médecin pense vraiment que je vais être acceptée pour un autre six mois parce que j’ai une mutation qui a été confirmée.»

Liste de souhaits

Bachelière en sciences infirmières, elle souhaite reprendre ses études en septembre 2018 et entreprendre une maitrise en administration des services de santé. En décembre, lorsqu’elle a appris qu’elle pouvait envisager la greffe, elle disait avoir hâte de voyager sans être contrainte par la dialyse et de manger du fromage.

À court terme, elle aura réussi à cocher tous les articles sur sa liste de souhaits prétransplantation, qu’elle avait partagé au Voyageur en décembre : préparer une autre course Vivre ses défis (Alive to strive) pour amasser des fonds pour aider les gens aux prises avec des problèmes de rein, faire une dernière compétition de saut en hauteur et faire une séance photo pour immortaliser ses muscles abdominaux, dont la définition sera effacée par la présence du nouveau rein.

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Lu 3801 fois Dernière modification le lundi, 19 juin 2017 12:14
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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