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mercredi, 21 juin 2017 15:34

Livre blanc sur les arts et la culture : Qu’en pense le Nord?

Écrit par 
Nord de l'Ontario — Cinq mesures prioritaires, dont l’accroissement du financement octroyé aux artistes et aux centres culturels, ont été dressées dans le Livre blanc sur les arts et la culture francophones que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a dévoilé le 15 juin. 

Selon la directrice générale et artistique du Conseil des arts de Hearst, Valérie Picard, l’exercice auquel se livre l’AFO depuis quelques années — des livres blancs sur les assises de la santé en français en santé et sur l’immigration francophone ont déjà été publiés — est louable. Le document fait état, ajoute-t-elle, des préoccupations majeures émises lors des consultations menées par l’auteur-compositeur-interprète et consultant Éric Dubeau.

«C’est un document sur lequel les discussions avec les élus pourront se baser et on ne peut qu’espérer que les différents gouvernements soient réceptifs», indique-t-elle. Le document préconise, entre autres, l'octroi par le gouvernement de l'Ontario d'un financement de base minimal de 50 000 $ pour chaque centre culturel francophone de la province.

Même son de cloche pour la directrice artistique du Conseil des Arts de Nipissing Ouest (CANO), Catherine Levac-Lafond, qui applaudit particulièrement l’accent mis sur les problèmes qu’engendre l’insuffisance de données sur le milieu des arts et de la culture francophones en province.

«Nous vivons grâce aux subventions et pour justifier l’importance de ton projet, il faut se baser sur les données, mais il est très difficile de trouver des données détaillées», explique Mme Levac-Lafond. Elle souhaite aussi qu’un suivi des recommandations qu’établit le Livre blanc soit mené dans quelques années pour «que les objectifs numériques demeurent réalistes et qu’on puisse mettre à jour la situation des diffuseurs et des artistes».

Des mesures plutôt qu’une politique pour les livres

Le document recommande au gouvernement de l’Ontario la création d’une politique du livre et de la lecture, qui encouragerait notamment la consommation des produits littéraires franco-ontariens au sein des écoles de langue française. La codirectrice générale et directrice de l’édition aux Éditions Prise de parole de Sudbury, denise truax, soutient la mise en place d’un tel cadre, mais préfèrerait voir «des mesures individuelles auxquelles on associerait des sommes d’argent pour encourager l’achat du livre dans les établissements scolaires».

«Il y a amplement de recommandations qui ont été faites dans le même sens au fil des années et il ne faudrait pas attendre des années pour la mise en place d’une politique comme telle», avance Mme truax. «Si on considère que c’est en lisant qu’on apprend sa langue, le fait qu’il y ait très peu de livres de langue française qui circulent en Ontario est une situation très problématique.»

Trop de place donnée aux gouvernements, pas assez au public

L’expert-conseil en développement de publics pour les arts, Denis J. Bertrand, est d’avis que l’emphase mise par le document sur les défis financiers auxquels sont confrontés les organismes artistiques et culturels franco-ontariens rend le portrait global de leur situation «très sombre».

«J’aurais aimé que le Livre blanc puisse démontrer que malgré le fait qu’il y ait plusieurs défis, le secteur parvient à faire de grandes réalisations», note-t-il en s’appuyant notamment sur la longévité des festivals Quand ça nous chante et du Festival Théâtre Action en Milieu scolaire (FTAMS). 

«Ainsi, on aurait pu montrer que les investissements faits dans le milieu sont autant profitables au niveau des communautés où les organismes opèrent qu’au niveau de la province et du fédéral», ajoute-t-il. 

En réclamant une campagne de sensibilisation et de promotion des arts et de la culture francophones du gouvernement provincial, «le milieu artistique semble assumer très peu de responsabilités pour lui-même», selon M. Bertrand. «Pourquoi est-ce que le milieu ne s’occuperait pas de cela lui-même? Avec le nombre d’organismes représentatifs du milieu artistique et culture et toutes les nouvelles technologies et plateformes à leur disposition, il s’agirait sans doute un investissement minimal», fait savoir l’expert-conseil. 

Le document aurait également dû intégrer le point de vue du public, poursuit M. Bertrand. «À ce point-ci, le Livre blanc semble être le reflet du point de vue du milieu artistique lui-même. Il aurait été bénéfique d’ouvrir un dialogue en faisant plus de place au public qui, après tout, soutient le milieu en payant des taxes, en achetant des billets et ainsi de suite», conclut-il. Un dialogue qui, selon l’expert-conseil, permettrait entre autres au secteur artistique et culturel de s’ouvrir davantage aux communautés culturelles. 

Lu 1588 fois Dernière modification le mercredi, 21 juin 2017 16:28
Bienvenu Senga

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6210

bienvenu.senga@levoyageur.ca

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