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lundi, 24 juillet 2017 14:00

Jean Gagnon : Un exemple de persévérance pour la résidence qu’il a inspirée

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Jean Gagnon et son épouse Jeannine. Jean Gagnon et son épouse Jeannine. Photo : Courtoisie
Sudbury — Le couple derrière le projet de résidence White Owl, Paul Gagnon et Sophie Huneault, dit s’inspirer de la ténacité et la persévérance de Jean Gagnon, le père de Paul qui a défendu les droits des travailleurs pendant de nombreuses années, afin de poursuivre leur travail malgré les embuches.

«On ne va pas changer de direction, c’est quelque chose qui doit se concrétiser», maintient Paul en parlant du projet de résidence. Depuis le lancement de la phase de financement de leur projet de résidence, Mme Huneault confie que les choses avancent très lentement. Leur projet ne cadre malheureusement pas dans les programmes de financement gouvernementaux. «On nous dit qu’ils pourraient nous donner quelque chose une fois que nous serons en marche, mais que pour le moment, il n’y a pas de fonds pour nous, mais c’est maintenant que nous en avons besoin pour tout mettre en place», dit-elle.

«Si j’ai appris quelque chose de M. Gagnon, c’est que quand un grand projet humanitaire est lancé, ce sera difficile», fait savoir Mme Huneault.

Atteint d’Alzheimer à la fin de sa vie, aucun établissement spécialisé ne pouvait accueillir Jean Gagnon et son épouse; le couple aurait dû être séparé. Cette triste réalité a inspiré Mme Huneault et M. Gagnon : créer une résidence où les couples dont un membre est atteint d’une maladie dégénérative peuvent rester ensemble et où le malade reçoit des soins encore plus personnalisés.

«Je suis convaincu que parce qu’il était dans un environnement où on ne le jugeait pas pour ce qu’il n’avait plus, mais plutôt sur ce qu’il était encore capable de faire, il a pu rester parmi nous plus longtemps», avance Mme Huneault, qui a aidé à prendre soin de Jean Gagnon au cours des dernières années afin que sa femme puisse rester auprès de lui.

«Ce n’est pas un projet qui se fait à deux. M. Gagnon n’était pas seul non plus dans ses batailles, il avait une équipe avec lui. Nous aussi on a besoin d’autres leadeurs de la communauté qui croient que les gens atteints d’Alzheimer ont droit à des soins individualisés», insiste-t-elle. Ainsi, ils sont à la recherche de gens qui ont des connaissances en santé, en comptabilité, en campagne de financement et en markéting pour faire partie de leur conseil d’administration et donner de leur temps. Les personnes intéressées peuvent passer par leur site web (www.whiteowlresidence.net) pour les contacter.

Les combats faisaient partie de sa vie

Jean Gagnon, un précurseur de la défense des droits des travailleurs, est décédé le 1er mai. Ses funérailles ont eu lieu à Sudbury le 5 juillet. Un ancien employé d’Inco, il s’est longtemps battu afin que les travailleurs victimes de maladie contractée en raison des conditions sur leur lieu de travail soient dédommagés.

Mme Huneault, qui n’a pas connu M. Gagnon avant sa maladie, raconte qu’il lui arrivait parfois le matin de se préparer pour une réunion ou une rencontre : «Il me disait “Ok, sors un papier et un crayon, il faut se préparer parce que je dois aller à une réunion”. Et là il me nommait des noms [...] C’était clair qu’il avait une mission et je pouvais voir la passion et la détermination qui l’animait dans le temps», raconte-t-elle. «C’était parmi les moments où il communiquait de façon plus précise.»

Malgré la maladie, Mme Huneault rapporte que dès que quelqu’un lui parlait de ses combats passés, une lumière brillait dans ses yeux et il était un peu plus en mesure de suivre une conversation qu’à l’habitude. «C’était un homme de peu de mots, mais ce qu’il disait avait beaucoup de sagesse.»

«Mon père était un homme de principe. Lorsqu’il avait une idée, il n’arrêtait pas. Il voulait régler les problèmes et les injustices qu’il voyait autour de lui», se rappelle Paul Gagnon.

Mme Huneault est convaincue que l’exemple de M. Gagnon a fait que son fils, Paul, a appris le respect des autres. «Il a appris comment diriger les gens avec respect. Il trouve toujours une façon d’aborder et de régler les problèmes où tout le monde se sent respecté», fait-elle remarquer.

Sans oublier sa famille

M. Gagnon a été témoin des premiers efforts de Paul et Sophie pour la création de la résidence White Owl. «Il avait une grande fierté de savoir qu’on travaillait pour aider des gens, que son fils suivait un peu la même voie que lui», se souvient Mme Huneault.

Elle mentionne que, pour M. Gagnon, sa famille était très importante. Même à la fin de sa vie, le bonheur et la santé de son épouse semblaient être plus importants que ses propres besoins.

«Tous les témoignages que j’ai entendus disent que c’était un bon père. Oui, il était souvent parti, mais il ne la négligeait pas», ajoute-t-elle.

De nombreux accomplissements

On doit à M. Gagnon l’établissement du Centre de cancérologie dans le Nord. «Au début des négociations, ils voulaient le bâtir à Toronto et mon père s’est débattu pour l’amener à Sudbury», rapporte Paul. «Il a fait beaucoup de lobbying auprès du premier ministre et du ministre de la Santé [de l’époque] pour que le centre soit à Sudbury.»

Mme Huneault se souvient que M. Gagnon lui a raconté qu’il avait parfois donné de l’argent à des travailleurs qui attendaient leur compensation du gouvernement.

Il était également fier de faire partie des Chevaliers de Colomb.

Au cours des années, M. Gagnon a reçu plusieurs distinctions afin de souligner son dévouement. Il a reçu le Prix du Gouverneur général pour l’entraide en 2003, l’Ordre de l’Ontario en 2010 et la Médaille du Jubilé de diamant de la reine Elizabeth II en 2012.

Lu 661 fois Dernière modification le mercredi, 19 juillet 2017 15:54
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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