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vendredi, 28 juillet 2017 12:54

Les Journées mondiales de la jeunesse, 15 ans plus tard

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Les Journées mondiales de la jeunesse, 15 ans plus tard Photo : Courtoisie
Nord Ontarien — Ils avaient 20 ans. Ils étaient pratiquants. Ils avaient rendez-vous avec le monde et avec le pape Jean-Paul II. Retour avec trois trentenaires sur leur expérience des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), qui se sont déroulées du 23 au 28 juillet 2002 à Toronto.

«On avait 20 ans, il y avait un groupe d’amis», se souvient Marc-André Gravel. «L’occasion était là.» «J’avais les yeux ouverts à n’importe quelle aventure», renchérit Éric Albert.

Annik Sigouin, qui habite maintenant à Kanata, avait décidé d’y aller «pour vivre ça», pour l’expérience. «C’était un once in a lifetime.»

En plus, Jean-Paul II, institué pape en 1978 (soit trois ou quatre ans avant leur naissance), allait peut-être s’y présenter.

Un évènement incontournable

Instaurées en 1984 par Jean-Paul II, les JMJ ont plus ou moins lieu tous les deux ans. Celles de Toronto ont été les dernières de ce souverain pontife dont l’état de santé précaire rendait la participation incertaine.

À l’époque, plusieurs participants du Nord de l’Ontario parlaient d’ailleurs «d’aller voir le pape». «C’est un pape qui nous a marqués», plaide Annik Sigouin. «On s’associait à lui. C’était le pape de notre génération, comme jeunes catholiques. Un peu comme une idole.»

Éric Albert abonde. En fait, la présence du pape constitue son souvenir le plus fort de l’évènement. «C’était une des dernières opportunités de le voir en personne.» Et il se souvient que Jean-Paul II avait l’air franchement content d’être de la partie.

Il utilise la même expression que Marc-André Gravel pour le décrire : «C’était comme une rock star». Ils évoquent la descente de l’hélicoptère, la projection sur les écrans géants, le bain de foule avec la Papemobile.



Le monde à Toronto

Mais au-delà de la présence de Jean-Paul II, c’était l’occasion de vivre une expérience qui dépassait les convictions religieuses. «On a rencontré des gens de plusieurs cultures qui avaient quelque chose en commun», ajoute Éric Albert, qui considère que sa participation aux JMJ est l’une des plus belles expériences qu’il a vécues.

Quinze ans plus tard, Marc-André Gravel et Annik Sigouin estiment d’ailleurs avoir été marqués plus profondément par le contact avec la planète que par la trame religieuse de l’évènement. «On se retrouvait là et on était tous pareils. Il n’y avait pas de différences», avait constaté Annik Sigouin.

«Ç’a été une ouverture sur le monde», croit Marc-André Gravel, qui rappelle que le milieu kapuskois est relativement homogène. «C’était un voyage dans le monde à Toronto.»

Éric Albert a profité au maximum de ce bain dans une foule de 800 000 personnes. Avec un ami, il est parti à la rencontre des autres. «On voyait du monde avec des drapeaux qu’on ne reconnaissait pas. On prenait des portraits avec eux», et il a même communiqué par courriel avec eux par la suite. «C’était un océan de gens de différentes nations», dit-il.

Des moments marquants

Annik Sigouin a des souvenirs vifs de la nuit que les participants ont passée à la belle étoile. «Il y a eu la messe et tout le monde dormait avec son sac de couchage dans de grands champs. Il s’est mis à pleuvoir», raconte-t-elle. Le groupe a dû attendre le chemin du retour, en train, pour dormir.

Dans la mémoire d’Éric Albert, cette activité en était une de sensibilisation au sans-abrisme et elle lui a rappelé qu’on vit dans le luxe sans même s’en rendre compte. «Il n’y avait pas de nourriture en abondance et on avait tous des billets pour les repas. Il fallait se mettre en ligne pour avoir de la nourriture gratuite. Des fois, ce n’était pas assez et on ne choisissait pas toujours ce qu’on allait manger. On pouvait aussi se mettre en ligne 3 heures pour manger une pointe de pizza, qu’il fallait payer 10 $», se souvient-il.

Puis, la moitié de la foule a vu son passage pour les toilettes bloqué. «Il fallait qu’on se retienne ou qu’on trouve une bouteille», se souvient-il. Et il y a eu un orage. «Lorsque la pluie a arrêté, on a greloté, puis il a fait extrêmement chaud et humide. On n’avait pas nécessairement assez d’eau. On avait des gourdes d’eau chaude.»



À la lumière du terrorisme

Un tel rassemblement de 800 000 personnes fait aujourd’hui réfléchir Annik Sigouin.

«Quand on est allés au JMJ, on n’avait pas la peur qu’il arrive quelque chose dans les foules. C’était spécial. Maintenant [dans les JMJ,] il y a beaucoup plus de sécurité, la peur qu’il puisse arriver quelque chose… Ça brise l’expérience. On n’avait pas ça. C’était libre et il n’y avait pas cette peur.»

Les prochaines JMJ doivent avoir lieu au Panama en 2019.

Lu 413 fois Dernière modification le lundi, 31 juillet 2017 21:48
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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