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lundi, 21 août 2017 16:36

L’ACFO du grand Sudbury accuse le Poutine Fest de faire de l’appropriation culturelle

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Canada — L’ACFO du grand Sudbury est mécontente que le nouveau Poutine Fest de Sudbury présente ce plat d’origine québécoise comme étant un mets canadien et parle d’appropriation culturelle.

L’organisme francophone appuie sa plainte avec l’article publié plus tôt cette année par l’étudiant à la maitrise à l’Université du Vermont, Nicolas Fabien-Ouellet. Dans son texte intitulé Poutine Dynamics, il affirme que le Canada s’est approprié la création de ce plat qui a longtemps servi à ridiculiser la cuisine québécoise. Le problème ne serait pas que le reste du Canada s’en est approprié et qu’il l’a diversifié, le problème, c’est qu’ils qualifient la poutine de mets canadien, alors que c’est un mets québécois.

Photo : iStock
Et justement, Poutine Fest utilise la définition du dictionnaire Oxford : «Canadian : A dish of chips topped with cheese curds and gravy.»

Mais pourquoi un organisme ontarien veut-il défendre un mets québécois? «C’est une question de solidarité entre francophones. Oui on a maintenant de la poutine en Ontario et dans le reste du Canada, mais elle a été inventée par les Québécois. La poutine doit rester associée à la culture et à la cuisine francophone», affirme la directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury, Joanne Gervais.

Le fait que tout le festival se déroule en anglais — tous les artistes sont anglophones et le site web est seulement en anglais — n’aide pas la cause du Poutine Fest. Mme Gervais croit qu’avoir au moins un aspect francophone à l’évènement aurait donné une meilleure information aux participants sur l’origine de ce que le Poutine Fest d’Ottawa a osé nommer la «salade canadienne».

«Au moins à Ottawa, ils annoncent qu’ils utilisent du fromage de la fromagerie St-Albert», lance Mme Gervais. Mais le Québec ne fait-il pas partie du Canada? «Oui, mais il y a plus d’une culture et il y en a qui sont en minorités. C’est là qu’il faut faire attention», insiste-t-elle.

L’appropriation culturelle fait les manchettes au cours des dernières années et a même donné lieu à un débat dans les pages du Voyageur. Rappelons ce qui est considéré comme de l’appropriation culturelle : lorsqu’un groupe dominant adopte un aspect d’une culture minoritaire marginalisée et qu’elle la traite comme étant sa propre idée originale, sans mentionner la culture qui a vraiment donné naissance au phénomène.

Lu 2736 fois Dernière modification le lundi, 21 août 2017 16:43
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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