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vendredi, 29 septembre 2017 10:00

Premières cyanobactéries à Moonbeam

Écrit par 
Premières cyanobactéries à Moonbeam Photo : Chantal-Renée Cloutier-Power
Sudbury — La nouvelle a été confirmée vendredi dernier, mais alimente les discussions depuis la fin aout : pour la première fois, du moins officiellement, le lac Rémi de Moonbeam est infesté d’algues bleu-vert. Nombreux sont les résidents qui voient dans cette situation l’occasion de sensibiliser à l’importance de prendre soin du plan d’eau autour duquel se dressent quelque 700 chalets et résidences, des parcs de roulottes et un parc provincial.

«On se fait enlever un privilège qu’on avait», croit Chantal-Renée Cloutier-Power, qui fréquente le lac depuis son enfance et qui habite sur ses rives depuis 2004. «On ne veut pas pointer personne du doigt. Il faut commencer à trouver des solutions parce que si personne ne fait d’effort, ça peut revenir chaque année.»

Le président de l’Association des propriétaires de chalets du lac Rémi, Denis&bnbsp;Bérubé, précise que le groupe qui compte environ 200 membres a déjà approché le Bureau de santé Porcupine «pour éduquer les gens qui habitent au lac sur les façons de moins contaminer les eaux.»

Un phénomène unique?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la présence de cyanobactéries dans l’eau des lacs, comme le taux de phosphore et d’azote, la température de l’eau et les conditions météorologiques.

«Les algues bleu-vert existent partout», relativise M. Bérubé. «Il existe des conditions parfaites qui vont faire que certaines années sont pires que d’autres.» Il cite la chaleur et le niveau des eaux, particulièrement bas cet été. «Mais il y a des produits qui accélèrent la prolifération des algues. Il faut faire attention de ne pas déverser ces produits-là dans le lac», poursuit-il. Parmi les produits clés : les herbicides et les eaux usées.


Lorsque Chantal-Renée Cloutier-Power est rentrée du travail mardi dernier, elle a trouvé l’eau devant sa maison toute verte. «J’ai trouvé que l’eau était belle, que ça ressemblait à l’océan. Je suis descendue au quai. C’était comme si quelqu’un avait vidé des gallons de peinture.»

Prudence

Au moment de publier cet article, on ne savait pas encore si les échantillons contenaient des toxines, mais Chantal-René Cloutier-Power ne veut pas prendre de chance : «J’ai vu des gens qui pêchaient. Il faut faire de la sensibilisation.»
Le Bureau de santé recommande aux usagers du lac de prendre des précautions : ne pas utiliser l’eau du lac pour faire la vaisselle ou le lavage, ne pas consommer le poisson pêché près des fleurs, ne pas se baigner ou jouer dans l’eau. Il précise aussi que faire bouillir l’eau ne suffit pas à éliminer les toxines.
Les toxines prolifèrent au refroidissement de l’eau et peuvent survivre trois semaines après la disparition des algues.
La question des eaux usées

Selon M. Bérubé, la question des eaux usées est délicate. Cet été, la question a été chaudement débattue lors d’une rencontre publique à laquelle ont participé 80 personnes.

Certains croient que les roulottes vident leur réservoir dans le lac, ou trop près de celui-ci. D’autres, que les systèmes d’eaux usées des chalets ne répondent pas aux normes environnementales. «Les chalets sont vraiment collés», souligne Mme Cloutier-Power. «Ils n’ont pas de place pour des fosses septiques et je ne sais pas s’ils ont des réservoirs. Il y en a surement qui en ont, mais il y a en a surement qui n’en ont pas. D’après ce que j’entends, la municipalité ne vérifie pas ça.»

De ses pourparlers avec le bureau de santé publique, M. Bérubé a retenu que Porcupine ne peut pas faire enquête à moins qu’il y ait eu une plainte. En somme, les voisins doivent se pointer du doigt. «Ça devient très difficile. Dans ma discussion avec le Bureau de santé, [on a soulevé] des moyens d’approcher ça de façon plus respectueuse», estime-t-il, comme en menant des inspections lorsque la municipalité délivre des permis de construction ou de rénovation.

Le rôle de la municipalité

Dans les médias sociaux, la municipalité s’est fait montrer du doigt, des préoccupations ayant été soulevées au conseil municipal à maintes reprises.

Mme Cloutier-Power entend se présenter à la réunion du conseil municipal de Moonbeam du 2 octobre. «J’ai l’impression que la municipalité devra prendre certaines responsabilités», indique-t-elle.

En 2015 d’ailleurs, la municipalité avait confirmé qu’aucun service de santé publique ne surveillait la qualité des eaux du lac. Du côté du parc provincial, des algues ont été observées fin aout, mais le surintendant du parc a précisé dans les médias sociaux que l’eau des plages était testée et que les résultats étaient négatifs.

Lu 737 fois Dernière modification le jeudi, 28 septembre 2017 16:42
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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