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vendredi, 27 octobre 2017 16:06

Michel Ouellette, le cœur encore à Smooth Rock Falls

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Michel Ouellette, le cœur encore à Smooth Rock Falls Photo : Courtoisie
Smooth Rock Falls — Sa 2e pièce de théâtre, French Town, se déroule dans son village natal : Smooth Rock Falls. Un Prix du Gouverneur général, des dizaines d’œuvres et un Prix Trillium plus tard, Michel Ouellette récidive avec son 3e roman, Trompeuses lumières, paru fin septembre aux Éditions Prise de parole.

La photographie de la couverture ne fait aucun doute sur l’endroit où se campe ce roman «à la frontière de la réalité et de la fiction». Richard Lamoureux l’a prise près du parc municipal de Smooth Rock Falls, entre la rivière et la route 11.

«J’avais des idées pour écrire une histoire et l’idée m’est venu que l’histoire se passerait à Smooth Rock Falls.» Un Smooth Rock Falls fictif, précise l’auteur.

Mettant en scène Batman, un défunt revenu à la vie, un fossoyeur, Trompeuses lumières est un récit entrecoupé de descriptions de la localité et de poèmes. «Il y a toutes sortes d’éléments hétéroclites qui ajoutent des couches de lecture et dynamisent le récit», décrit le dramaturge, poète et romancier.


Un rapport en transformation

Ici comme ailleurs dans l’œuvre de Michel Ouellette, le Nord de l’Ontario est perceptible et relève souvent un rapport paradoxal d’amour-haine, pour reprendre l’analyse de Lucie Hotte, notamment titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures et les littératures francophones du Canada.

C’est là où il a écrit ses premières pièces, à l’âge de 15 ans. «Le Nord, c’est quelque chose qui va toujours rester en moi de différentes manières. Je ne me suis pas toujours inspiré du Nord, mais on dirait que quand je m’engage dans un projet, inévitablement un rapport quelconque au Nord est là.»

Mais son rapport à Smooth Rock Falls en tant que tel mue. En plus du déclin démographique depuis la fermeture de l’usine, il vit, avec le décès de son père et le déménagement de sa mère, un déracinement familial. «Il n’y a comme plus de lien direct. Je fais un petit tour pour voir les lieux. Ce roman-ci en parle d’une certaine manière.»

Virage vers le roman

Son rapport avec l’écriture a aussi changé. Dramaturge prolifique, il semble que Michel Ouellette ait envie de se tourner vers le roman, qui lui offrirait de nouvelles possibilités, notamment un lien plus direct avec le produit fini.

Il tente de l’expliquer : «Dans mon écriture théâtrale, je cherche toujours à repousser les limites. J’ai comme l’impression que les limites m’amènent dans un autre genre. Je m’interroge. J’ai l’impression d’être à un point dans mon parcours où peut-être que je dois aller du côté du roman.» Il le souligne : plusieurs auteurs ont eu un cheminement semblable. «Il y a quelque chose d’intéressant de s’engager là-dedans.»

Le dire de Di

N’empêche, Michel Ouellette ne tournera pas le dos au théâtre tout de suite : il présente Le Dire de Di à Ottawa et à Toronto l’hiver prochain.

Cette pièce et Trompeuses lumières sont nés au cours de la même résidence d’écriture au Collège royal militaire de Kingston.

Y retrouvera-t-on le Nord ? Pas nommément, dit-il. Le seul personnage, une femme, se monologue. «Dans ma tête, elle vient du Nord de l’Ontario. Je l’ai imaginée dans une maison le long de la route 11. Ç’a été ça un peu le point de départ et le personnage est embarqué de son histoire.»

La pièce sera présentée par le Théâtre français de Toronto du 24 au 28 janvier et au Centre national des arts d’Ottawa du 13 au 18 février.
Lu 4492 fois Dernière modification le vendredi, 27 octobre 2017 16:13
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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