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mercredi, 22 novembre 2017 14:06

«Je sens que le futur de tous les étudiants n’a pas été pris en compte»

Écrit par  Coralie M. et Andréanne Joly
«Je sens que le futur de tous les étudiants n’a pas été pris en compte» Photo : iStock
Ontario — Après cinq semaines de grève dans les collèges ontariens, le gouvernement de l’Ontario a adopté une loi dimanche pour le retour au travail des professeurs et le retour en classe des étudiants. Les cours ont repris mardi.

La Loi de 2017 sur le règlement du conflit de travail dans les collèges d’arts appliqués et de technologie de l’Ontario exige le retour au travail des enseignants selon les conditions de la convention collective précédente. Les deux parties doivent nommer un médiateur-arbitre exécutoire dans les cinq jours suivants afin de régler les points de discorde. Après ce délai, cette personne sera choisie par le gouvernement.

Dans un communiqué publié le 20 novembre, le gouvernement de l’Ontario a demandé aux collèges d’établir un fonds spécial pour soutenir les étudiants qui ont connu des difficultés financières en raison de la grève. Ce fonds d’aide aux étudiants sera constitué de toutes les économies nettes réalisées par les collèges pendant la grève.

Les frais de garde d’enfants, réservations des billets pour les déplacements causés par la grève et le loyer du mois de janvier sont parmi les frais qui seront considérés lors du remboursement. Cependant, c’est la responsabilité de l’étudiant de faire une demande auprès de son collège. Pour les étudiants qui reçoivent le RAFÉO, «toute aide liée à la grève n’aura pas d’incidence sur le montant du RAFEO», indique-t-on le communiqué.

Le Voyageur a recueilli les commentaires de trois étudiantes qui ont dû s’expatrier pour leurs études collégiales. Comment anticipaient-elles ce retour en classe ?

Isabel Lajeunesse (Kapuskasing)
Première année, Techniques de travail social
Collège Boréal, Sudbury
«Je suis d’accord avec les raisons pour lesquelles les profs sont en grève, mais je suis très frustrée qu’ils soient forcés de retourner au travail avant d’en être venus à une entente. C’est comme s’ils avaient fait ça pour rien. Si le gouvernement allait juste les forcer à retourner au travail, il aurait pu le faire avant 5 semaines.
«Comme étudiante de première année, j’aurais préféré me faire rembourser et perdre mon semestre pour reprendre mes études l’année prochaine. Mais pour les étudiants qui planifient graduer cette année, je comprends que ce n’aurait pas été idéal.
«Je suis aussi triste que nous n’ayons pas autant de congés pour les Fêtes. Ça va être un semestre difficile et les chances de réussite ne sont pas aussi bonnes. Je sens que le futur de tous les étudiants n’a pas été pris en compte durant cette grève et je me sens jouée par le système.»

Audrie Gendron (Kapukasing)
Première année, Soins infirmiers auxiliaires
Collège Boréal, Sudbury
«Heureusement, la grève est terminée! Même si j’ai hâte de retourner à l’école, je suis nerveuse puisque je ne sais pas à quoi m’attendre. Nous n’avons pas beaucoup de détails sur le retour en classe. J’ai peur de ne pas être prête à faire face à ce nouveau défi.
«Je suis un cours en soins infirmiers auxiliaires, alors j’ai déjà une grosse charge de travail. J’espère que la grève n’aura pas trop empiré les choses. C’est un peu comme si je recommence mon semestre complètement.
«Après avoir passé cinq semaines à la maison, je n’ai pas le gout de retourner à Sudbury.»

Gabrielle Lecours (Hearst)
Spécialisation, Hygiène dentaire restauratrice
George Brown College, Toronto
«J’étudie dans un programme d’éducation continue que les hygiénistes suivent pour se spécialiser. Il y a plusieurs femmes qui ont décidé de laisser leur emploi ou de réduire leurs heures de travail pour suivre le cours.
«Pendant la grève, j’ai pu travailler pour le cabinet de mon père. J’étais correcte pendant la première et la deuxième semaine de grève (j’étais en congé la deuxième semaine), mais quand j’ai commencé à repousser mon vol de retour de semaine en semaine, j’ai été découragée de tout le temps qu’on perdait et de toutes les cliniques de pratique qu’on manquait.
«Pour moi, le pire, c’est de couper dans les vacances de Noël. C’est important pour certains et, là, on a juste le temps de Noël, le jour de l’an et ensuite, that’s it! On retourne à l’école tout de suite.»
Lu 993 fois Dernière modification le mercredi, 22 novembre 2017 14:15

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