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mardi, 20 février 2018 14:39

Billochet du jongleur 2017 remis à Jean-Pierre Pichette

Écrit par 
Diane Charette-Lavoie, récipiendaire 2016, et Jean-Pierre Pichette Diane Charette-Lavoie, récipiendaire 2016, et Jean-Pierre Pichette Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Le professeur à la retraite Jean-Pierre Pichette est le 16e récipiendaire du Billochet du jongleur, prix remis annuellement par le Centre franco-ontarien de folklore (CFOF). M. Pichette a été professeur au département de folklore et ethnologie de l’Université de Sudbury de 1981 à 2004 et directeur à partir de 1983.

Ses réalisations sont nombreuses, elles incluent : établissement des Archives de folklore et d’ethnologie, cofondateur de la Société Charlevoix — qui étudie l’Ontario français —, la conception du projet provincial de l’Inventaire du patrimoine franco-ontarien, la publication du Dictionnaire des écrits de l’Ontario français, le Répertoire ethnologique de l’Ontario français et du Guide raisonné des jurons. Il a également été membre de plusieurs conseils d’administration pour des organismes franco-ontariens et est directeur de la Revue du Nouvel-Ontario et de la revue Rabaska.

Le Voyageur a discuté avec M. Pichette après la remise de son prix.

Que représente ce prix pour vous?

C’est le prix qui représente le père Germain Lemieux. J’ai travaillé à Sudbury grâce au père Lemieux — même si j’avais critiqué sa transcription —, parce que c’est à cause de son œuvre qu’on a créé le programme à l’Université de Sudbury et ils avaient besoin de professeurs. C’est un souvenir de belles années pour moi.

Comment êtes-vous « tombé » dans le folklore?

Durant mes études à Québec, j’ai vu Madeleine Doyon-Ferland qui donnait une conférence sur les jeux, jouets et divertissement traditionnels. Ça m’avait frappé que des gens savants s’intéressaient à des affaires d’enfants, des jeux et des activités avec lesquelles j’avais eu du plaisir quand j’étais moi-même enfant. Je me suis dit, « ça se peut-tu qu’on puisse faire sa vie avec des choses qu’on aime? ». J’ai ensuite découvert le programme d’ethnologie à l’Université Laval.

On a l’impression que les jeunes s’intéressent moins au folklore. Vous croyez que c’est le cas?

C’est vrai et ce n’est pas vrai. Quand j’enseignais ici, les jeunes suivaient nos cours de folklore en se disant que ce serait drôle et sympathique, mais ils apprenaient des choses sur eux-mêmes. On leur faisait faire des enquêtes dans leur famille et ils apprenaient qu’ils pouvaient parler à leurs parents et grands-parents d’autres choses que de chicanes et de réussite à l’école. Ils en ressentaient une fierté. Je dirais que c’est la même chose aujourd’hui. Il faut simplement leur présenter.

Le problème, c’est qu’on ne met pas assez l’accent sur le patrimoine, ce qu’on reçoit des anciens. On a des réactions culturelles qui nous viennent de nos ancêtres, qui peuvent expliquer pourquoi on fait tel chose ou pourquoi au Québec on a tel industrie et en Ontario on ne les a pas. Le premier patrimoine, c’est la langue. Ensuite, c’est ce qui est porté par la langue. Les jeunes, lorsqu’ils comprennent cela, ils savent l’apprécier. Sinon, ils font comme tous les autres et écoutent de la musique en anglais [par exemple].

Je trouve malheureusement que nos états, et même nos universités, ne prennent pas assez de décisions en faveur de la culture. Et en Ontario, il y a une autre raison [pourquoi la culture franco-ontarienne] est moins présente dans les universités, c’est parce qu’on en a pas, d’université. On a des universités bilingues. Quand on veut faire la promotion du français, il faut faire autant la promotion de l’anglais, ça ne marche plus.

Vous travaillez même à la retraite. Sur quoi travaillez-vous en ce moment?

Je fais la même chose qu’avant, sauf que je suis moins payé [rire]. Je continue à diriger la revue Rabaska, les Cahiers Charlevoix qui portent sur l’Ontario français. On vient de publier un livre sur la Corriveau et je travaille sur les rituels du mariage patrimoine franco-ontarien, comme la danse sur les bas.
Lu 1521 fois Dernière modification le mardi, 20 février 2018 14:51
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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