FacebookTwitter
mercredi, 10 juillet 2013 08:59

Gaétan Sévigny traverse le Canada et choisit la route 11

Écrit par 
Gaétan Sévigny traverse le Canada et choisit la route 11 Photo : Andréanne Joly

Kapuskasing —La semaine dernière, Gaétan Sévigny découvrait le Nord ontarien à vélo. Parti le 2 mai de Vancouver, il se donne une cinquantaine de jours pour mettre les pieds à l’eau à Sydney, en Nouvelle-Écosse, et jeter dans l’Atlantique le caillou pris dans le Pacifique à son départ. «J’espère que ça ne virera pas la planète à l’envers», lance-t-il, les yeux rieurs. En entreprenant la traversée du Canada, qui fera faire 6 800 kilomètres au résidant de la région de Thetford Mines au Québec, ce grand amateur de vélo avait envie de goûter aux particularités de chaque région du Canada. Il y a deux ans, il avait apprécié le cachet et l’authenticité de l’Acadie et des Îles-de-la-Madeleine. À ce chapitre, les plaines l’ont plutôt déçu. «Ce sont des routes de truckers», a-t-il constaté. La diversité des paysages est certainement ce qui l’a le plus étonné, même si elle était attendue. Il y a eu la baie de Vancouver, les glaciers, la vallée de l’Okanagan, la montée dans les Rocheuses, puis les plaines à perte de vue. «Puis, l’Ontario, vallonnée, dit-il. On a beau regarder sur la carte, à vélo, on a le temps de constater à quel point il est grand, notre pays. J’ai changé quatre fois l’heure, depuis mon arrivée à Vancouver.» De kilomètre en kilomètre, il a eu le temps de compter les restaurants fermés, les villages tout petits où «le magasin général vend des articles de chasse et pêche, un pain et de vieilles bananes et héberge le comptoir des postes». Le menuisier en lui a remarqué les structures. «On a le temps de penser à nos vieux pêchés et à nos pêchés futurs», avoue-t-il au Voyageur lors de son arrêt à Kapuskasing jeudi. «C’est comme un pèlerinage. Lorsque vient une idée, on a le temps d’y réfléchir», ajoute-t-il. C’est toutefois à Thunder Bay qu’il a décidé d’emprunter la route 11. Jusque-là, il pensait longer le lac Supérieur. Deux choses l’ont convaincu : l’absence d’accotement sur la route entre Sudbury et North Bay et un nouveau retraité, parti au gré du vent en caravane. «Il y a moins de côtes sur la 11. Aussi, je devais passer par Ottawa, mais j’ai déjà fait une partie de cette route et je ne suis jamais allé à Val d’Or.» Il a donc bifurqué à Matheson, direction Abitibi. S’il a parcouru les 400 kilomètres qui séparent Nipigon et Hearst en deux jours, il a tout de même pris le temps de s’arrêter à Hearst et à Kapuskasing, où une parente éloignée, la fille de la cousine de son épouse, l’attendait. Il y a visité le musée Ron-Morel et a eu droit à une visite personnalisée de l’exposition J’ai souvenir encore, de Maurice Gaudreault. Ouvertement heureux de sa rencontre avec la francophonie nord-ontarienne, il a tout de même eu le plaisir d’échanger avec des gens de partout au pays, malgré les barrières linguistiques. Il est heureux de faire le voyage seul. «Dans les restaurants, je m’assois au comptoir. Quand on est seul, on est plus facile d’approche», croit-il. Ses 30 premiers jours sur sa monture à deux roues lui ont «remis les valeurs à la bonne place», pense-t-il. «On n’a pas de luxe, on est tout seul avec son vélo», dit-il. Au fil de la route, il aura tout de même su faire preuve de détermination, malgré les difficultés. Il n’épouse pas de cause et ne fait pas de campagne de financement en franchissant les 6 000 kilomètres qui séparent les deux océans. «Si je peux inciter les jeunes à faire du vélo, à bouger, ce sera ça de gagné», dit-il, étonné de susciter l’intérêt d’un média.

Lu 6593 fois Dernière modification le mercredi, 10 juillet 2013 09:02
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

Plus dans cette catégorie : La 10e Coupe des villages »

Actualité du Nord

  • Une Franco-Ontarienne de Timmins est Miss Northern Ontario
    Une Franco-Ontarienne de Timmins est Miss Northern Ontario Sudbury et Timmins — Valérie Demers de Timmins, Miss South Porcupine, sort grande gagnante du concours Miss North Ontario Regional Canada Pageant 2019 qui a été présenté à Sudbury du 9 au 11 mai. Mme Demers n’est pas la seule Franco-Ontarienne…
    Ecrit le lundi, 13 mai 2019 10:10
  • Quelle est la différence entre une IP et une IA?
    Quelle est la différence entre une IP et une IA? Le médecin est loin d’être le seul professionnel de la santé qui peut vous soigner. En raison d’une pénurie de médecins il y a quelques années, le système de santé de l’Ontario a fait une plus grande place aux divers…
    Ecrit le mercredi, 08 mai 2019 15:45
  • Une femme de Timmins à la tête du futur Centre de santé
    Une femme de Timmins à la tête du futur Centre de santé Timmins — Le futur Centre de santé communautaire de Timmins a trouvé sa première directrice générale en la personne de Julie Béchard. Elle entrera en fonction le 21 mai. Mme Béchard est la directrice générale et fondatrice du Centre Passerelle…
    Ecrit le mercredi, 08 mai 2019 11:46
  • La Place des Arts a trouvé son premier directeur général
    La Place des Arts a trouvé son premier directeur général Sudbury — Léo Therrien a été choisi comme directeur général fondateur de la Place des Arts du Grand Sudbury. M. Therrien quittera donc la direction de la Maison McCulloch, qu’il dirige depuis 20 ans, et prendra les rênes de l’organisme le 15 mai.…
    Ecrit le mardi, 07 mai 2019 10:00
  • 100 ans de présence francophone à Kirkland Lake
    100 ans de présence francophone à Kirkland Lake Kirkland Lake — Les élèves et le personnel de l’École secondaire catholique Jean-Vanier ont présenté une soirée de reconnaissance des fondateurs francophones qui se sont installés à Kirkland Lake au début du XXe siècle. Dans le cadre du 100e anniversaire de la…
    Ecrit le jeudi, 02 mai 2019 13:00
  • Il y a plus de théâtre en français que l'on pense
    Il y a plus de théâtre en français que l'on pense Sudbury — L’École secondaire catholique l’Essor de Tecumseh repart du Festival Théâtre action en milieu scolaire (FTAMS) avec le prix Première ligne pour le meilleur texte pour leur pièce Au-delà du cadre. Cependant, le jury a tenu à remettre une…
    Ecrit le mardi, 30 avril 2019 15:44
  • Une jeune franco-ontarienne regagne son souffle
    Une jeune franco-ontarienne regagne son souffle Bonfield et North Bay — Natalie Daoust, une jeune femme de 24 ans qui demeurait à Bonfield jusqu’à tout récemment, commence tranquillement à regagner ses forces à la suite d’une greffe des deux poumons. Souffrant de problèmes pulmonaires depuis quelques années,…
    Ecrit le mercredi, 24 avril 2019 14:00

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login