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mardi, 13 mars 2018 15:33

Les affaires : un monde d’hommes?

Écrit par  Témoignage de Julie Tremblay; propos recueillis par Andréanne Joly
Les affaires : un monde d’hommes? Photo : Courtoisie
Kapuskasing — Julie Tremblay est sur le marché du travail depuis 2000 et à la barre de JT&Co depuis 11 ans. Lorsqu’elle s’est lancée en affaires, elle travaillait deux fois à plein temps, ou presque : de jour dans une entreprise web, le soir à la pige, de la maison. Alors à Ottawa, elle a pu rentrer à Kapuskasing, où elle a retrouvé sa famille, sa belle-famille et des amis d’enfance. Elle nous livre ses observations sur l’entrepreneuriat au féminin en 2018.

Quand je suis arrivée sur le marché du travail en design et en développement web, en 2000, il y avait 12 hommes et deux femmes dans l’équipe dans laquelle je travaillais. Avec mon entreprise JT&Co., j’ai ajouté tout un volet de communications et, dans ce secteur, il y a beaucoup plus de femmes. Je sens que ça s’équilibre lentement dans la technologie, il y a maintenant beaucoup plus de femmes et elles sont bonnes!

Malgré cela, la majorité des gestionnaires d’entreprise reste des hommes. Selon le gouvernement du Canada, près de 36 % des sociétés ouvertes n’ont aucun cadre supérieur féminin.

L’authenticité d’abord

Je pense que les affaires demeurent perçues comme un monde d’hommes, mais il y a eu beaucoup de sensibilisation par rapport à l’entrepreneuriat dans nos communautés. Il y a eu un changement de perception. Il faut foncer et il faut s’adapter à l’environnement et savoir mettre une touche personnelle dans nos relations professionnelles. Il faut savoir être une femme dans un milieu d’hommes.

Un jour, j’ai lu dans Forbes que les femmes dirigeantes d’entreprise conseillent à celles qui aspirent à le devenir de jouer au golf. Croyez-le ou non, ce conseil m’a servi. Ce qu’elles veulent dire, je pense, c’est que les ententes ne se font pas en restant au bureau. Elles se font quand les clients croient dans tes compétences, mais aussi quand ils savent qu’ils peuvent te faire confiance. Il faut être humain, simplement.

À mon avis, l’authenticité est numéro un en affaires, du moins dans le domaine des communications. Il n’y a pas tant de place pour la féminité ou la masculinité sur le marché du travail. On est d’abord des professionnels. Mais on a des traits particuliers, qu’on le veuille ou non, comme femme ou comme personne.

Les femmes innovent

Parmi ces traits particuliers, je remarque que les femmes s’embarquent plus souvent dans des projets créatifs. Elles se tournent plus vers des marchés nichés, offrent des services personnalisés et leur taux de succès est plus élevé.

Des recherches démontrent que 60 % des entrepreneurs sont des femmes, en Ontario.

Il y a beaucoup d’exemples dans la région de Kapuskasing et de Hearst. Pensons d’abord à Isabelle Francœur, qui a lancé une cordonnerie à Kapuskasing — un métier traditionnellement masculin. Elle a un produit personnalisé, canadien, de haute qualité. Elle innove pour avoir un marché plus national que local.

Il y a aussi le studio de yoga Namaste, à Kapuskasing. Le yoga est un exercice physique, mais il y a tout un aspect spirituel qui s’y rattache et la boutique exploite bien l’aspect soins et bienêtre. Jessica Lallier travaille dans un marché super spécialisé.

La Glamour Style, de Hearst, mise sur la vente en ligne. Angèle Guindon Brunet, aussi à Hearst, fait des bijoux et vend une collection exclusive à Glamour Style.

Toutes ces femmes innovent. Plusieurs d’entre elles exploitent de plus en plus le web. C’est la direction à prendre — ça permet d’être viable plus longtemps, parce que notre rayonnement dépasse l’économie locale. Mon entreprise peut offrir des services locaux, mais je peux aussi travailler pour des entreprises à l’international et je me compte chanceuse de pouvoir le faire.

S’engager et donner

En affaires, je crois qu’il faut savoir innover, remplir ses obligations, aimer ce que l’on fait et savoir garder son enthousiasme. Je pense aussi qu’il faut faire du bénévolat, offrir ses services pro bono à des organismes qui nous tiennent à cœur et bien faire le travail.

Toutes les fois où j’ai fait du pro bono, ça m’est revenu au centuple. J’ai travaillé deux ans avec la fondation américaine Tug McGraw Foundation. Je leur ai donné beaucoup, beaucoup de temps, la cause [le cancer du cerveau] me tenant à cœur. Mais les membres du conseil d’administration étaient tous des dirigeants d’entreprise. Les relations nouées dans ce cadre sont souvent porteuses. Dans ce cas-ci, elles m’ont permis de faire du design pour des vignobles de la Californie et une compagnie aérienne.

Justement, les conseils d’administration sont un autre moyen de s’engager. Je fais partie du conseil exécutif de la Société économique de l’Ontario (autrefois le RDÉE-Ontario) et, maintenant, du conseil d’administration du RDÉE-Canada. Dans les conseils d’administration, on recherche souvent une perspective féminine et il manque de femmes. Dans ce que j’ai vu, il y a souvent 80 % des sièges occupés par des hommes. Il y a un besoin de femmes et ça apporte une reconnaissance professionnelle.

J’ai hâte de voir ce que les 20 prochaines années réservent aux femmes d’affaires et aux administratrices. Elles prennent leur place et j’espère que les statistiques vont avoir vraiment changé d’ici là. Allons-y, prenons notre place!

Lu 2208 fois Dernière modification le mardi, 13 mars 2018 16:07

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