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mercredi, 11 avril 2018 07:00

Ah, la santé

En fin de semaine dernière, l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) et l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), section Sudbury, tenaient conjointement le 6e Symposium francophone de l’École de médecine du Nord de l’Ontario. Un des buts de la rencontre était de faire le point sur les services de santé dans le Nord de l’Ontario. On y a présenté plusieurs avancements prometteurs en recherche sur la santé, mais on y a aussi fait le point sur les nombreux problèmes reliés au système de santé dans le Nord.

L’accès aux soins de santé en français demeure le plus grand problème pour les francophones du Nord. Deux médecins, Dre Nicole Ranger et Dre Meghan Cusack, l’ont clairement démontré lors de leurs présentations. Dre Ranger, qui travaille à Hearst, indique que même dans cette ville à 90 % francophone, il est parfois difficile de trouver des professionnels de la santé qui comprennent ou parlent français. Elle a raconté une anecdote à propos d’une vieille dame qui visitait régulièrement un établissement de santé pour se plaindre de troubles digestifs que les médecins traitants avaient diagnostiqué un problème de déglutition. Ce n’est que quand elle a vu la Dre Ranger et qu’elle a pu expliquer ses problèmes en français que la situation a pu être résolue correctement.

Pour Dre Cusack, qui pratique à Sudbury, un des grands problèmes est l’identification linguistique des fournisseurs de services de santé, tels les spécialistes et les thérapeutes. Elle raconte avoir travaillé pendant six ans avec un spécialiste avant de s’apercevoir qu’il parle très bien français. Elle aurait pu lui référer certains de ses patients francophones si elle l’avait su.

Parlant d’identification, les intervenants au Symposium ont aussi applaudi une nouvelle initiative — ça fait quand même plus de 10 ans que les francophones la réclamaient — selon laquelle la langue de communication des Ontariens sera bientôt indiquée sur leur carte de santé. Tous s’entendent pour dire que ce tout petit changement pourra grandement améliorer les services reçus par les Franco-Ontariens.

Tous les problèmes soulevés lors du Symposium deviendront de plus en plus criants alors que la population vieillit et à de plus grands besoins en santé. Cette situation est particulièrement alarmante chez les francophones, dont la moyenne d’âge est plus élevée que celle de la population ontarienne.

Parlant de vieillesse, plusieurs présentatrices au colloque ont décrié le fait qu’il n’y a pas de centre d’hébergement pour francophones nécessitant des soins de longue durée. Encore là, autant les présentatrices que les membres du public ont raconté des histoires à dormir debout dans lesquelles des personnes âgées — certaines souffrant de démence — sont mal traitées parce qu’elles ne comprennent ou ne parlent pas bien anglais.

Comme le disait si bien une des panélistes, la députée de Nickel Belt France Gélinas, «Quossé ça c’t’affaire là?». Avis à nos dirigeants.

Lu 858 fois Dernière modification le mardi, 10 avril 2018 16:55
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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