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mercredi, 29 août 2018 09:00

C’est qui «le peuple»?

Il y a un principe en politique pour les nouveaux gouvernements : si tu veux adopter des politiques controversées, passe-les dès le début de ton mandat. Là-dessus, le gouvernement conservateur de Doug Ford ne nous a pas déçus.

Depuis juin dernier, le gouvernement a adopté une série de mesures et de lois qui ont soulevé plus de critiques que d’appuis. Ce qui porte à se demander : qu’est ce que le slogan de la campagne Ford, «For the People», voulait vraiment dire.

Le terme anglais «people» est assez vague. Certains pourraient le traduire par «le peuple», mais le peuple, c’est vraiment l’ensemble de la population et ça, c’est tellement vaste que ça porte à confusion. Lorsqu’utilisé en tant que slogan électoral, pour la plupart des gens, le terme veut surtout dire «le vrai monde». Alors la vraie question c’est, pour Ford, c’est qui le vrai monde?

Quand on analyse les décisions des derniers mois, on voit bien que, pour Ford, le vrai monde, ce n’est pas le petit peuple. Ce ne sont pas les gens sur l’aide sociale qui verront une réduction de leurs prestations; ce ne sont pas les travailleurs au salaire minimum puisque le gouvernement annule la hausse de 1 $ prévue en 2019; ce ne sont pas les jeunes familles qui pensaient bénéficier de rabais en rénovant leur première maison pour réduire leur consommation d’énergie; ce ne sont pas les réfugiés qui espéraient une vie meilleure en Ontario; ce ne sont pas les Franco-Ontariens qui espéraient bénéficier d’une vraie ministre des Affaires francophones avec budget et voix au Cabinet; ce ne sont même pas les enfants qui iront dans des écoles qui ont vraiment besoin de rénovations; ce ne sont pas les préadolescents auxquels on ne pourra plus enseigner le libre choix en matière sexuelle.

Alors, c’est qui le vrai monde, selon le gouvernement Ford? Le vrai monde ce sont les gros pollueurs qui ont financé sa campagne; ce sont les vieux chialeux qui veulent remettre les horloges aux années 1950; ce sont les membres de la Ford Nation qui ont élu son frère, le pire maire qu’ait connu une ville canadienne; ce sont les racistes qui ne veulent pas d’immigrants, surtout s’ils sont bruns, jaunes ou noirs; ce sont ces gens qui, pour quelques dollars en réduction d’impôts, sont prêts à renier leur conscience sociale.

Le pire dans tout ça, c’est que ce n’est que le début. Et on ne sait pas ce qui s’en vient. Le premier ministre Ford refuse de dévoiler les lettres de mandat envoyées à ses ministres. Dans ces lettres, le chef du gouvernement indique à ses ministres ce qu’ils doivent faire. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a été le premier à rendre ces directives publiques et vient tout juste de le faire à nouveau à la suite de son remaniement ministériel. Depuis, plusieurs provinces, dont l’Ontario sous le dernier gouvernement, ont emboité le pas. Mais voilà que Ford fait fi de la transparence et décide de nous ramener à la grande noirceur.

Mais, hey, les prochains quatre ans risquent d’être très avantageux pour 1 %.

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Lu 941 fois Dernière modification le mardi, 28 août 2018 14:54
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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