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lundi, 24 septembre 2018 00:00

Le drapeau franco-ontarien a gagné en importance au fil du temps

Écrit par  Camille Contré


Créé par Gaétan Gervais, Donald Obonsawin et Michel Dupuis, le drapeau franco-ontarien a été hissé pour la première fois le 25 septembre 1975 devant l’Université de Sudbury. Lors du 35e anniversaire, ces trois mêmes hommes étaient à nouveau présents pour le lever de cet emblème de la culture franco-ontarienne. D’ailleurs, l’un des concepteurs du drapeau, Gaétan Gervais, a reçu l’Ordre du Canada en 2014 pour son apport à la création d’un symbole pour la communauté francophone de l’Ontario.

Le vert du drapeau renvoie à nos étés et le blanc, à nos hivers. La fleur de lis symbolise notre appartenance à la francophonie dans le monde; la fleur de trille, à notre identité en tant qu’Ontariens et Ontariennes.

Le Voyageur a été témoin de plusieurs lever de drapeau au cours des années, mais était absent pour le premier. On retrouve une lettre d’un lecteur dans l’édition du 1er octobre 1975 qui se demande si ce nouveau drapeau est vraiment le bon symbole. Puis, dans l’édition du 8 octobre, une photo du drapeau et un court bas de vignette.

Le 11 mai 1985, le drapeau flotte au-dessus du Centre des jeunes de Sudbury. Plusieurs autres bâtiments ont fait de même. L’une des premières décisions du maire John Rodriguez, nouvellement élu en 2006, a été de hisser le drapeau sur la place Tom Davies. Deux ans plus tôt, l’hôtel de ville avait refusé la résolution de David Courtemanche, maire de l’époque, de faire flotter le drapeau en permanence au même endroit.

Dans les articles reproduits ci-dessous, il est question de la création d’un monument dédié à la francophonie au parc Sacré-Cœur dans le Moulin à fleur ainsi que des opinions divergentes quant à la symbolique du drapeau au sein de la province ontarienne.


Sudbury à son monument de la francophonie




Environ 1 200 personnes, majoritairement des étudiants du primaire et du secondaire, ont participé à l’inauguration du monument le 25 septembre, journée de la fête du drapeau franco-ontarien. — Photo : Archives

William Levasseur — Sudbury

Du haut de son mât de 24 mètres, un drapeau franco-ontarien géant surplombe maintenant le parc Sacré-Cœur et le \ quartier du Moulin à fleur. Il s’agit de la pièce maîtresse du premier monument de la francophonie de Sudbury. Un second monument ne saurait tarder; selon le président du Collège Boréal, Denis Hubert.

C’est le Club Richelieu les Patriotes qui a le mérite d’avoir initié lé projet, avec l’appui de plusieurs partenaires dans la communauté. «L’idée est née en 2006, lorsqu’il y a eu toutes les disputes à l’hôtel de ville autour des raisons pour lesquelles le drapeau franco-ontarien ne pouvait pas être monté à l’hôtel de ville», raconte le président du Club Richelieu les Patriotes, Réjean Dupuis.

Le conflit s’est réglé depuis, sous le leadership du maire John Rodriguez, et le drapeau franco-ontarien flotte maintenant à la Place Tom Davies. Cependant, comme le projet était déjà en marche, le monument a été complété.

Le site du parc Sacré-Cœur était un emplacement idéal, selon M. Dupuis. Il s’agit d’un lieu visible à partir de l’avenue Notre-Dame, une des artères les plus fréquentées en ville. De plus, le monument est sur le terrain de la plus ancienne école secondaire française à Sudbury, qui était le Collège Sacré-Cœur à l’époque. Enfin, le Moulin à fleur est un quartier français historique.

Pour le père fondateur du drapeau franco-ontarien, Gaétan Gervais, il s’agit d’un beau symbole de la vitalité de la communauté franco-ontarienne. «La communauté a acquis beaucoup d’assurance et ça, ici, c’est un geste d’affirmation de soi», dit-il. «On est là et on va rester.»

La construction du monument a coûté environ 70 000 $. Elle a été possible grâce à la participation des deux conseils scolaires de langue française, de la Caisse populaire des Voyageurs, du Collège Boréal, de l’Association des étudiants du Collège Boréal, de l’Université Laurentienne et de Castonguay Blasting.

Déjà un deuxième monument en préparation

Le président du Collège Boréal, Denis Hubert, prépare déjà le terrain pour un deuxième monument, celui-ci au Collège. «On veut développer un sentier culturel franco-ontarien, qui va partir de la place du deuxième monument et parcourir environ 1,8 kilomètre sur le campus», affirme-t-il.

«On va vouloir lancer un défi à la communauté franco- ontarienne qui créerait des œuvres d’art tout au long du chemin», ajoute-t-il. «L’objectif est d’en faire une piste pédagogique.»

Conformément à la mission éducative du Collège, M. Hubert voudrait également incorporer une dimension botanique au sentier pour le bénéfice des étudiants dans ce domaine.

Selon lui, le sentier culturel prendra plusieurs années à compléter, mais les premiers travaux devraient débuter dans la prochaine année.


La pertinence du drapeau franco-ontarien remise en question



Dany Joncas – APF Ottawa

Une déclaration du député conservateur Peter Shurman à l’Assemblée législative de l’Ontario a fait sursauter la communauté franco-ontarienne à l’occasion de la journée soulignant justement le 33e anniversaire de son drapeau. En remettant en question la pertinence du drapeau franco- ontarien, le député de l’opposition a en effet causé tout un émoi.

En réponse à une déclaration de la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, visant à souligner l’anniversaire en question, M. Shurman, qui est d’ailleurs le porte-parole de l’opposition en ce qui a trait aux Affaires francophones, s’est levé à Queen’s Park pour dénoncer l’effet de division que cause, selon lui, le drapeau franco-ontarien au sein de la population de cette province.

«Un drapeau ou un emblème spécial et différent pour notre communauté francophone est diviseur. C’est une sorte de barrière entre nos deux cultures fondatrices. Au Québec, par exemple, est-ce que les anglos ont leur propres emblème ou drapeau? Non. Tout le monde est fier d’un seul drapeau québécois», a lancé Peter Shurman avant d’ajouter que l’ensemble de la population ontarienne devrait se définir par l’intermédiaire d’un seul et unique drapeau, le drapeau ontarien.

«Je suis très fier de notre grande communauté franco-ontarienne et j’aime montrer mon appui aussi souvent que possible dans cette assemblée ou dans n’importe quel endroit. On n’a pas besoin de conflit ou de division. Un drapeau, un emblème, c’est pour tous», enchaînait le député conservateur.

Dès le lendemain, la ministre Meilleur émettait un communiqué de presse à l’intérieur duquel elle demandait des excuses de la part de M. Shurman et de son chef, John Tory.

«La communauté franco-ontarienne mérite des excuses. Dire que le drapeau franco-ontarien est un élément de division est une insulte pour la communauté franco-ontarienne qui s’est battue tout au long de son histoire pour faire reconnaître ses droits. Il représente près de 400 ans de l’histoire de l’Ontario. Ce drapeau est notre porte-étendard culturel. Il incarne cette belle langue française et notre ouverture sur le monde. Il est un symbole de rassemblement indiscutable», a commenté la ministre libérale.

«Il est évident que les conservateurs de John Tory ne respectent pas l’histoire franco-ontarienne. Par leur propos, ils ont entaché une journée qui devait être un moment de célébration partout dans la province. Ils doivent s’excuser», a-t-elle réitéré.



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Lu 1964 fois Dernière modification le mardi, 18 septembre 2018 15:27

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