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mercredi, 03 octobre 2018 09:00

ALÉNA 2.0

Bon, après 13 mois d’âpres négociations, nous avons finalement une entente commerciale avec les États-Unis et le Mexique. L’accord a été scellé tard dimanche soir. Les détails seront dévoilés d’ici la parution de cet écrit, mais, dès lundi, un ancien directeur de la CBC à Sudbury décrivait ainsi l’exercice : Trump dira, «J’ai gagné», Trudeau affirmera, «Je n’ai pas perdu». Cela résume assez bien le bras de fer entre un président qui ne croit pas aux règles et un premier ministre qui y reste attaché. Mais quoiqu’en disent nos dirigeants, il y aura, au Canada, des perdants et des gagnants dans cette entente.

Quoiqu’on en dise, les perdants sont les producteurs laitiers de Canada et les travailleurs du secteur des pièces automobiles. Les négociateurs canadiens ont réussi à sauver le système de la gestion de l’offre dans le secteur laitier, mais ils ont dû ouvrir le marché canadien aux producteurs américains en éliminant plusieurs tarifs douaniers. Ils ont aussi empêché Trump d’imposer des tarifs sans précédent sur les voitures fabriquées au Canada et exportées aux États-Unis. Mais ils ont dû accepter un quota sur le nombre de voitures vendues aux États-Unis. Ces voitures devront aussi comporter un plus grand pourcentage de pièces américaines. Seuls une analyse approfondie de l’entente et surtout sa mise en œuvre dans les mois qui viennent nous donneront une vision plus juste des gagnants et des perdants dans le secteur économique.

Mais qu’en est-il du domaine politique? Déjà, certains politiciens utilisent l’accord pour faire valoir leur idéologie. Prenons l’exemple du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui, dès l’annonce de l’entente la veille de l’élection québécoise de lundi, a tenté d’utiliser le recul du secteur laitier pour mobiliser les troupes péquistes. Selon lui, l’entente est un coup bas du Canada envers le Québec. Il ne parle pas, bien sûr, de l’impact de l’entente sur les producteurs laitiers ontariens ni des effets négatifs sur les fabricants de pièces automobiles qui sont concentrés en Ontario. Non, non, selon lui, le Québec est encore une victime.

On pourrait aussi imaginer le libertarien Maxime Bernier, grand pourfendeur du système de la gestion de l’offre, accuser le gouvernement Trudeau d’avoir défendu ce système au détriment d’autres secteurs. Jusqu’à présent, les conservateurs, eux, étaient restés assez calmes durant les négociations. À leur crédit, ils ne voulaient pas nuire aux négociateurs canadiens en semant la zizanie politique. Mais maintenant que l’entente est conclue, on peut s’attendre à quelques flammèches.

Mais le plus grand remous politique à anticiper viendra certainement de Trump. Ce n’est pas parce qu’il y a accord qu’il cessera d’être un «bully». Comme il ne respecte rien, il trouvera certainement d’autres raisons pour s’en prendre au Canada et au premier ministre Trudeau. Je prédis que ce sera dans le domaine des affaires étrangères.

Qui vivra verra.

Lu 437 fois Dernière modification le mardi, 02 octobre 2018 13:53
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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