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mardi, 16 octobre 2018 14:06

Jack : Initiation pour certains, voyage pour d’autres

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France Huot dans le rôle d’Alexandra et Jean Marc Dalpé dans les rôles des Jack. France Huot dans le rôle d’Alexandra et Jean Marc Dalpé dans les rôles des Jack. Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Comment présente-t-on un road trip — qui suppose plusieurs lieux et de nombreux personnages — sur une scène de théâtre? C’est l’un des défis qu’a eu à affronter la metteuse en scène Magali Lemèle pour la production du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO), Jack.

Dans cette pièce écrite par Marie-Pierre Proulx, Alexandra (France Huot) part impulsivement vers le Nevada pour comprendre ce qui est arrivé à son grand-père. Elle se comprendra elle-même un peu mieux au cours du voyage.

La metteuse en scène a voulu «prendre du recul» par rapport à une présentation trop réaliste du voyage et des déplacements, parce que ce qui est présenté aux spectateurs est en fait le souvenir du voyage. «C’est comme si on entrait dans le cerveau d’Alexandra et qu’on allait voir par où elle était passée. Avec toutes les citations (en anglais) de Jack Kerouac qui reviennent, on ne pouvait pas juste le traiter en faisant une scène quotidienne pis oups!, il y a Kerouac qui arrive.»

Sous ces circonstances, les déplacements sont représentés en partie par les changements de personnage de Jean Marc Dalpé, qui joue une douzaine de Jack — il ne les avait pas comptés avant notre question. Il ne faut cependant pas s’attendre à de grandes transformations. «On n’a pas essayé de faire trop de caricatures. Tu essaies simplement d’être dans la situation.» Parfois c’est un petit accessoire, un léger changement de voix, vieillir ou rajeunir un peu le personnage, donne-t-il comme exemples.

Le voyage intérieur d’Alexandra, l’évolution de sa pensée, passe entre autres par le regard. Dans la scène présentée aux médias le 10 octobre, les deux personnages ne se regardaient pas. Cependant, Mme Lemèle confirme que ceci change progressivement au cours de la pièce.

«Il y a une rencontre un moment donné qui se fait très en direct, et pour moi, c’est à partir de là qu’Alexandra change. À partir du moment, dans un voyage initiatique, où tu décides de lâcher prise et d’accepter l’inconnu, il y a quelque chose de différent en toi qui se passe», exprime la metteuse en scène. Ainsi, à partir de ce moment dans la pièce, les personnages se regardent davantage.



Le faire pour vrai

France Huot a profité de l’été pour faire un voyage se rapprochant de celui de son personnage d’Alexandra, visitant Reno et l’arbre à chaussures qui a inspiré le récit à l’autrice.

Elle s’est beaucoup laissé inspirer par les lieux qu’elle a visités. En passant par «l’Utah et le Nevada, c’était tellement beau le désert». «Je me suis rendu compte qu’il y a bien des parallèles entre le Nord de l’Ontario et le désert, par rapport à la solitude, il n’y a rien autour; avec le froid et la chaleur, c’est deux extrêmes différents.»

Elle croit avoir vécu un niveau d’anxiété similaire à celui d’Alexandra, puisqu’elle n’avait jamais mis les pieds aux États-Unis et qu’elle aussi, à un moment donné, a dû apprendre à se laisser aller.

J’y suis parce que...

Le récit initiatique a attiré Mme Lemèle peut-être parce qu’elle venait elle-même d’en vivre un : la traversée de l’océan Atlantique en bateau à voile. Elle a d’ailleurs lu le texte pendant un autre voyage en bateau. Elle s’est accroché à «cette pulsion de partir, on ne sait pas trop pourquoi, mais il faut qu’on parte et [le voyage] change quelque chose en nous, sans savoir exactement quoi». L’aspect du lègue des grands-parents venait également chercher dans ses propres expériences.

Jean Marc Dalpé avait participé à la lecture de groupe de la pièce. Sans hésitations, il a offert ses services. «J’aime la forme, j’aime le fond; c’est un show bien simple, très accessible et une grande petite histoire.»

Pour France Huot, les histoires de road trip et l’univers de Jack Kerouac sont davantage masculins, alors elle aimait l’idée d’y insérer un personnage féminin. «C’est elle qui raconte l’histoire, du début jusqu’à la fin. Prendre cette parole-là, je trouve ça important.»

Il est encore temps de se procurer des billets pour Jack en visitant letno.ca.

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Lu 1298 fois Dernière modification le mardi, 16 octobre 2018 14:21
Julien Cayouette

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