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mercredi, 17 octobre 2018 14:00

Après presque 100 ans, la famille Perron passe le flambeau de l’épicerie d’Astorville

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L’épicerie est tout près de la colline emblématique d’Astorville. L’épicerie est tout près de la colline emblématique d’Astorville. Photo : Éric Boutilier
Astorville — Le 1er octobre a marqué la fin d’une époque pour l’épicerie Perron Freshmart d’Astorville. L’entreprise quasi centenaire, qui a eu quatre générations de la famille Perron à sa barre, a récemment été vendue. Denise Beaupré-Perron et son époux Gérald, qui ont géré l’entreprise au cours des 14 dernières années, cèdent leur place à Denis et Linda Valiquette, deux entrepreneurs de Corbeil.

Depuis presque un siècle, les Perron ont été au service de leur communauté en vendant plusieurs produits essentiels à leurs clients et en commanditant de nombreuses équipes sportives et organismes culturels. Située au cœur du village d’Astorville, une collectivité faisant partie de la Municipalité d’East Ferris, l’épicerie Perron demeure toujours le seul endroit où les résidents peuvent s’approvisionner en nourriture fraiche, acheter des produits alcoolisés et remplir leur réservoir d’essence.

Au cœur de l’histoire d’Astoville

Bernard Rochefort, résident de longue date et père de la mairesse acclamée d’East Ferris, Pauline Rochefort, a publié en 2017 un livre intitulé Tellement d’histoire sur les familles fondatrices de sa communauté et du rôle qu’a joué ce supermarché dans l’histoire d’Astorville. Ses ancêtres, Adolphe et Isabelle Rochefort, ont fondé la toute première épicerie dans les années 1920 et il se souvient d’une ère où les clients devaient se présenter au comptoir pour acheter des produits.

«Le premier magasin était complètement différent. Le monde ne se servait pas. La plupart des items étaient en arrière de comptoirs dans des contenants et le client demandait au caissier ce qu’il voulait avoir. Ensuite, il mesurait la quantité avant de lui vendre», raconte M. Rochefort.

«Ils vendaient du tabac [qu’]ils coupaient en feuilles de 18 pouces (45,7 centimètres). C’était un magasin général. Il y avait du linge, des souliers, des bottes en caoutchouc, des gants, etc. Les gens n’allaient pas à North Bay dans ce temps-là.»

Au cours des décennies, l’épicerie Perron a évolué à plusieurs reprises pour mieux répondre aux besoins de la communauté. Pendant la Grande Dépression des années 1930, les propriétaires, Henri et Emma Perron, ont tout fait pour assurer la survie de leur commerce, malgré les défis financiers de l’époque.

En 1955, Hector et Germaine Perron ont pris possession de l’entreprise et le couple a décidé de bâtir un nouvel édifice, là où se retrouve le supermarché aujourd’hui. Lorsque l’immeuble a brulé en 1970, la famille Perron a rebâti sur le même terrain, à vue de la colline emblématique sur le chemin village.

Prochaine génération

Propriétaires de l’entreprise depuis 2004, Denise et Gérald ont récemment décidé de prendre leur retraite et de passer le flambeau à une nouvelle génération d’entrepreneurs de la région.

«Comme on est quatre générations qui ont travaillé ici, il y a eu quatre générations qui ont fait leurs achats chez nous, surtout des grandes familles francophones au tout début. La clientèle a beaucoup évolué dans la région, mais les gens de notre communauté nous ont toujours appuyés. Pour cette raison, on a été ravis de pouvoir en faire autant pour la communauté en général, dont appuyer les équipes de hockey et de curling, les écoles et la paroisse. On a toujours essayé d’être là pour remettre un peu ce qui a été fait pour nous», révèle Denise Beaupré-Perron.

«Nous sommes assez âgés. Mon mari, qui a 70 ans, et moi [67] avons décidé qu’il était temps d’essayer de trouver quelqu’un qui pouvait prendre la relève du magasin. Au cours des années, les exigences du gouvernement et du bureau de santé sont devenues de plus en plus strictes avec les produits périssables, dont la viande fraiche, les légumes et les fruits. Notre fils Stéphane, qui travaille dans l’épicerie depuis 20 ans, veut passer plus de temps avec sa famille et moins de temps au magasin. Conséquemment, son épouse et lui ont décidé qu’ils ne voulaient pas continuer la tradition.»

Pertinence dans la modernité

Malgré l’émergence de magasins de grande surface à North Bay, à une vingtaine de kilomètres d’Astorville seulement, M. Rochefort et Mme Beaupré-Perron croient toujours dans la pertinence de l’épicerie locale de ce petit village.

«L’épicerie a toujours sa raison d’être. Elle sert encore le monde aujourd’hui. Lorsqu’on a besoin de quelque chose, c’est loin d’aller à North Bay. Les petites provisions que je prends, je les achète ici. Les gens vont souvent à North Bay pour faire la plupart de leurs achats, mais ils font toujours leur épicerie à Astorville», jure M. Rochefort.

«Je crois qu’il y a toujours une place pour un magasin comme le nôtre. Il y a plusieurs gros magasins à North Bay et les gens de la région travaillent tous à l’extérieur. Par contre, ils viennent après l’ouvrage parce qu’ils veulent ramasser quelques commissions pour leur souper. On entend souvent qu’ils partent [d’ici] avec quatre à cinq sacs remplis parce qu’il n’y a pas de grandes files d’attente. Le stationnement est moins achalandé et c’est plus vite pour rentrer et sortir. De plus, il y a un aspect social, vu que nous les connaissons tous par leur nom», affirme Mme Beaupré-Perron.

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Lu 5820 fois Dernière modification le mercredi, 17 octobre 2018 09:32
Éric Boutilier

Correspondant

North Bay et Nipissing

Sports

eric.boutilier@levoyageur.ca

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