FacebookTwitter
mercredi, 31 octobre 2018 09:00

De bien petites affaires

Le monde des affaires devrait être le secteur qui propulse un pays vers le mieux-être. Quand les affaires marchent bien, la population devrait en ressentir les effets : des emplois satisfaisants, une plus grande sécurité financière, plus de temps de loisirs, des familles épanouies... En somme, plus de bonheur. Or, de plus en plus, nous voyons les supposés porte-paroles de ce secteur diminuer le pouvoir des affaires à améliorer notre bienêtre.

Prenons la récente décision du gouvernement Ford d’annuler les changements que les libéraux avaient apportés au code ontarien du travail. Ces modifications représentaient de nettes améliorations au bienêtre des travailleurs les plus précaires : augmentation du salaire minimum, quelques journées de maladies payées, emplois à temps partiel plus stables, etc. Mais il ne faut pas blâmer seulement les conservateurs de Ford pour ce retour en arrière. Les vrais coupables sont les parasites du monde des affaires qui prétendent parler au nom des millions de commerçants, manufacturiers et entrepreneurs de l’Ontario et du Canada. Les responsables sont les dirigeants des Chambres de commerce, des associations de manufacturiers, des fédérations de petites entreprises, etc.

La plupart de ces gens n’ont jamais été en affaires. Ils publient des rapports biaisés — allo Fraser Institute — qui démontrent que nos pauvres entreprises souffrent, ils proposent aux politiciens qui n’y connaissent rien des solutions miracles pour améliorer l’économie, ils s’en prennent régulièrement aux programmes sociaux qui, pourtant, ne représentent que des pinottes dans les budgets gouvernementaux. En fait, ils passent leur temps bien payé à réduire la qualité de vie des gens.

Certains diront que ces associations sont pourtant dirigées par de vrais gens d’affaires qui siègent aux conseils d’administration. C’est vrai, mais quiconque a déjà siégé sur un CA sait très bien comment ça marche. Ce sont les gestionnaires qui ont le temps de penser aux pistes d’action de l’organisme. Ce sont eux qui proposent les solutions aux supposés problèmes et les directeurs au CA en discutent pour finalement en appuyer les grandes lignes. Et quand un gestionnaire leur fait croire que sa vision améliorera leur sort, il est évident que les directeurs l’appuieront. Le ou la gestionnaire s’est évidemment bien gardé de leur expliquer l’envers de la médaille, comment sa proposition nuira aux moins bien nantis.

Et voilà le rôle le plus néfaste de ces marchands d’illusion. Au fil des ans, ils ont réussi à convaincre des millions d’entrepreneurs que moins ils se préoccupent du bienêtre général, plus ils seront riches. On ne pourrait être plus loin de la vérité.

Prenons la question du salaire minimum. Tous les économistes vous diront que la consommation est le plus important moteur de l’économie. Or, il faut des sous pour consommer. Il semblerait donc évident que si on réduit le pouvoir d’achat des citoyens, on appauvrit la société.

Bien sûr, il y a des commerces qui connaissent des difficultés financières et pour qui l’augmentation des dépenses salariales semble un lourd fardeau. Rappelons à ces entrepreneurs que le propre de la réussite, c’est de trouver des solutions aux obstacles. S’ils n’en sont pas capables, ils ne sont peut-être pas faits pour les affaires.

Réjean Grenier

Lu 448 fois Dernière modification le mardi, 30 octobre 2018 15:31
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

Actualité du Nord

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login