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mercredi, 07 novembre 2018 15:01

Semaine de l'immigration francophone : Récit d’une intégration réussie

Écrit par 
Antoine et Stéphanie Plamondon Antoine et Stéphanie Plamondon Photos : Courtoisie

Antoine Tine et l’intégration par la vie communautaire


Hearst — Antoine Tine est arrivé à Kapuskasing en aout 2015, en pleine nuit. «J’avais hâte de voir la ville», se souvient-il. «Quand je me suis réveillé, je suis tout de suite sorti.» Il a été franchement déçu.

Deux autres étudiantes sénégalaises qui venaient d’arriver à la résidence de l’Université de Hearst étaient assises dehors. Ils ont attendu ensemble une demi-heure sans succès. «Chez nous, tout le monde est dehors, les gens viennent te voir, essaient de te connaitre.» À Kapuskasing, pas une âme dehors malgré le soleil. Il s’est demandé sur quelle planète il était atterri.

Trois ans plus tard, Antoine Tine habite toujours dans le Nord de l’Ontario et ponctue ses phrases de «comme» et de «là», prononcés «lo». Lui qui vient de Dakar, une région de 3,6 millions d’habitants, habite maintenant à Hearst. «J’aime les petites communautés : tout le monde se connait, j’ai aimé ça. On vit avec ce qu’on a et j’aime ça», dit-il.

L’intégration par la communauté

À son arrivée, Antoine Tine ne connaissait personne au Canada, sauf un grand ami établi au Québec. Il a rapidement essayé de trouver des repères.

La première chose qu’il a voulu faire, c’est d’intégrer une chorale. «Chez nous, tous les jeunes de mon quartier qui sont catholiques vont à la chorale.» Il s’est joint au chœur La Borée. Il y a rencontré «son papa blanc», le chef de la chorale, Marius Ouellette. «Il m’a beaucoup aidé. Il m’a fait découvrir les valeurs et la culture d’ici. Il m’a fait aimer la vie en communauté et la vie des francophones nord-ontariens.»

Il a ensuite joint l’équipe de soccer locale et est devenu entraineur des équipes de l’école secondaire.

De plus, les sœurs Diatta, qu’il avait rencontrées le premier matin à l’extérieur de la résidence étudiante, lui ont aussi servi de famille. Ils chantaient ensemble tout le temps, elles aussi ayant joint la chorale.

Et puis il y a eu l’Université, où il a fini par connaitre tout le monde.Il y a trouvé leunpersonnel accessible et des étudiants ouverts. «J’ai beaucoup aimé ça, je me sentais à l’aise.»

Diplôme en poche, il dit avoir trouvé un accueil tout aussi chaleureux chez son employeur, la Caisse Alliance à Kapuskasing, où il travaille comme conseiller en finances personnelles depuis quelques semaines.


Antoine et ses soeurs

Les obstacles culturels et raciaux

Ces quelques années n’ont pas été sans obstacle. Dans ces activités qu’il pratiquait chez lui, il a découvert de grandes différences culturelles.

D’abord avec la chorale, où il n’osait pas faire de suggestion, étant donné la présence d’ainés. «Chez nous, on respecte les anciens. Je voulais proposer des choses, mais quelque chose me retenait», explique-t-il.

Au soccer, il a constaté qu’au Canada, on laisse les enfants s’amuser avec le ballon. «Ça m’a un peu choqué», avoue-t-il. «Comment voulez-vous qu’ils jouent au soccer si vous ne leur apprenez pas», lance-t-il en riant.

Ses sœurs, toutes les quatre établies en France depuis une dizaine d’années, l’avaient averti que les immigrants doivent faire face au racisme et qu’il devait s’y préparer. «Mais Marius [Ouellette] m’a fait comprendre que les gens ne nous connaissent pas», simplement. Au début, il était insulté quand on lui parlait des lions d’Afrique. Il a ensuite choisi d’expliquer que les lions vivent dans la savane, pas dans les grandes villes. «Après c’était normal», dit-il.

Petit à petit, en surmontant les obstacles culturels, il s’est trouvé une place dans sa communauté d’accueil. «À force de faire des choses, tu rencontres du monde», relève-t-il sagement.

Dès le départ, Antoine Tine s’est fixé des objectifs et s’y est collé. Il a fait ses études rapidement, obtenu son baccalauréat et obtenu un travail de conseiller en finances personnelles. Son prochain objectif : demander la résidence permanente et fonder une famille. «Tant que t’as pas de but précis, t’as des problèmes. Sérieusement, là», ajoute le vingtenaire.


La découverte de la neige

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Lu 3382 fois Dernière modification le mercredi, 07 novembre 2018 15:29
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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