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lundi, 12 novembre 2018 15:45

Démonstration de résilience et de solidarité

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Dans la nuit du 24 octobre [1981], Le Voyageur est victime d’un vol avec effraction. L’intrus, un adolescent, réussit à pénétrer dans le bureau du comptable. Il force la serrure avec un couteau, brise une partie du cadre et le couteau lui-même laissé par terre près de la porte. Par la suite, il parvient à ouvrir le coffre-fort après en avoir découvert la combinaison soigneusement cachée au fond d’un tiroir. Le résultat : il s’enfuit avec plus de 400 $.


L’incendie du Voyageur en 1981. Les pompiers ont mis six heures à maitriser les flammes. Le feu était d’origine criminelle. — Photo : Archives

Arrêté, quelque 24 heures après le vol, il avoue sa culpabilité. Une semaine plus tard, le 31 octobre, vers 4 h du matin, les pompiers sont alertés. L’édifice où loge Le Voyageur est en flammes. Pendant près de six heures, les pompiers ont combattu les flammes, très difficiles à maitriser, selon l’inspecteur Don McLain. Vingt-cinq sapeurs-pompiers et pas moins de six camions se trouvaient surplace. Les dommages apportés à l’édifice s’élèvent à environ un demi-million de dollars. (Michèle Grondin, 4 nov. 1981)

Trois jours plus tard, les policiers découvrent les signes d’un nouvel attentat au coffre-fort retrouvé dans les cendres. On en a brisé les pentures. Cette fois, la tentative échoue : il y avait seulement 70 $ dans le coffre!

La cause de l’incendie
Le brasier se situait principalement au 3e étage du versant nord-ouest de l’édifice, soit à l’entrée principale des locaux de votre journal. Les experts en sont convaincus, une main criminelle a allumé l’incendie! (H. Bertrand) (N.D.L.R.: On n’a jamais trouvé la main criminelle)

Samedi 9 h du matin
Peu à peu, l’équipe arrive. Nous sommes réunis au grand complet. Parfois la nervosité nous fait dire de drôles de choses. Et par nervosité, sans aucun doute, il ne nous sort que des blagues de nos bouches qui ne savent pas si elles doivent sourire ou grimacer.

«Le roi et maitre» (comme notre patron spirituel, le père Bertrand, aime se faire interpeler) apparait sur le côté de l’édifice. Il ne bronche pas. Une réunion ad hoc a lieu autour d’une table de la cafétéria du Holiday Inn. On a tous froid, sauf «le roi et maitre». Il agit en personne digne de ce nom. «Je veux que vous publiez un journal pour mardi». Non, c’est pas vrai! Il divague surement. Nous ne possédons même plus une gomme à effacer!

Sur les entrefaites, la directrice de la place St-Joseph, Mlle Monique Cousineau, apparait. Encore toute rouge d’émotion et essoufflée de nous avoir cherchés

partout, elle ne sait trop sur quel pied danser. Doit-elle pleurer avec nous ou rire avec nous? Avec grand plaisir elle s’aperçoit de notre bon moral. Chère, très chère Monique, nous acceptons ton invitation avec plaisir et avec gratitude. On y va tout de suite. Le Centre des Jeunes est notre premier quartier général! Et nous voilà prêts pour un nouveau départ! (Michou Filion, 4 nov. 1981)

Samedi 10 h du matin
Le témoignage de M. Cousineau

Il n’était pas 10 heures de la matinée que le personnel du journal Le Voyageur improvisait un atelier de travail au Centre des Jeunes. Et, au cours de toute la journée,

je fus témoin d’un courage et d’un enthousiasme qui ne semblent pas chose nouvelle au sein de l’équipe. Ce n’est pas tous les jours que je félicite publiquement le père Hector-L. Bertrand, s.j., mais je dois avouer que la force dont il a fait preuve dans ce pénible évènement m’a plus qu’édifiée. Les Franco-Ontariens de Sudbury ont lieu de se réjouir de compter sur un homme de sa trempe. Son engagement dépasse ses écrits et ses discours.

Oui, le père Bertrand est parfois «dérangeant», mais il a le droit de l’être! S’il ne croyait pas dans la vie de la Franco-Ontarie, il ne donnerait pas ainsi de son temps et de ses énergies à un moyen de communication qui ne connait pas à Sudbury l’appui que nous devrions lui prêter. L’attitude du père Bertrand face à cet incendie, qui pourrait être catastrophique, nous invite à de nouvelles formes de collaboration. (Monique Cousineau, 4 nov. 1981)

Au Northern Life
Nous remercions Mike Atkins et toute l’équipe de Northern Life qui, sans réserve aucune, ont mis à notre disposition tout l’équipement, les bureaux, machines à écrire, même leur personnel, pour nous aider à sortir le journal que vous lisez en ce moment.

Pour un certain bout de temps, notre siège va être dans l’édifice de Northern Life, un journal que, dans les circonstances, nous pourrons appeler frère. (4 nov. 1981)

Le mercredi 4 novembre, Le Voyageur sortait des presses 4 pages et les pages 2, 3 et 4 étaient respectivement commanditées par le Club Richelieu de Sudbury, CBON et Falconbridge Nickel Mines Ltd. À Noël, le journal sortait un 48 pages.

Collection d’extraits publiée dans le numéro spécial du 25e anniversaire

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