FacebookTwitter
mercredi, 14 novembre 2018 09:00

Canadiens-Français

À la suite de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler l’Affaire Bombardier, on a vu apparaitre sur les réseaux sociaux une question identitaire : Pour ou contre l’appellation «Francophones hors-Québec». La réponse mérite plus que quelques lignes sur les réseaux sociaux.

En guise de contexte, rappelons ce qu’est l’Affaire Bombardier. Lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, Denise Bombardier a affirmé qu’il n’y a presque plus de francophones à l’ouest de l’Outaouais. Sur le coup, la déclaration de la séparatiste Bombardier dans une émission animée par un autre séparatiste, Lepage, n’a pas suscité de grand brouhaha si ce n’est la réponse proposée par ce défenseur des droits minoritaires, le Très Honorable Jean Chrétien, lui aussi invité sur le plateau de l’émission de télé populaire.

Mais l’affaire était loin d’être terminée. On a alors assisté sur les réseaux sociaux à une levée de boucliers de la part des organismes porte-parole des Canadiens-Français ainsi que de nombreux individus. À tel point, que, lors de l’émission suivante deux semaines plus tard, le fou du roi, Danny Turcotte, a dû faire une mise au point en affirmant qu’il y avait bel et bien 2,7 millions de francophones au Canada hors Québec. Bon, ce chiffre de 2,7 millions a lui-même soulevé une autre controverse, mais là n’est pas notre propos. Notre propos est identitaire.

Dans les jours qui ont suivis, ont a vu apparaitre la question du nom «Francophones hors-Québec». Soyons clairs, le nom est bien sûr utile pour désigner de façon générique des gens qui parlent français et qui vivent ailleurs au Canada. Mais c’est un non-sens. D’abord, francophone est un adjectif. Nous valons un vrai nom, pas un adjectif. De plus, l’expression renvoie à un territoire qui n’est pas le nôtre, le Québec. Nous y sommes bien sûr attachés linguistiquement et culturellement, mais pas politiquement et de moins en moins de façon identitaire.

Les noms par lesquels nous nous identifions de plus en plus sont maintenant Acadiens, Franco-Ontariens, Franco-Albertains et tout autres Franco-(nom de la province ou du territoire). Ces noms sont utiles pour nous situer géographiquement, surtout lorsque nous parlons à nos gouvernements provinciaux ou territoriaux dont dépendent plusieurs de nos droits en éducation, justice, santé, etc. Mais il faut bien avouer que ces noms nous divisent, nous séparent en petits groupes vivant sur un territoire donné. Un peu comme des tribus préhistoriques.

Le vrai nom qui nous définit tous est encore et sera toujours Canadiens-Français. Nous parlons français et nous vivons au Canada, nous sommes des Canadiens-Français, point à la ligne. Ce nom ne nous empêche pas de nous appeler Franco-(province) selon la situation, mais il est le seul qui englobe notre réalité d’un océan à l’autre, comme on disait avant de parler de l’Arctique.

Ce nom s’applique aussi aux Québécois, qu’ils le veuillent ou non. J’entends déjà les séparatistes s’insurger et je n’ai qu’une chose à leur dire. Ça fait deux fois que le peuple québécois choisit d’être Canadiens-Français. Cessez de vous prendre pour le nombril du Canada français.

Lu 804 fois Dernière modification le mardi, 13 novembre 2018 19:52
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

Actualité du Nord

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login