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mercredi, 14 novembre 2018 15:35

Lancer la discussion sur l’aide médicale à mourir

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Lancer la discussion sur l’aide médicale à mourir Photo : Courtoisie
Sudbury — Vous n’entrerez pas au TNO; vous entrerez dans le salon de Rose, une femme qui en a assez de la vie. Vous écouterez son fils, qui se pose de sérieuses questions sur la demande de sa mère de mettre fin à ses jours.

La pièce Souffler la veilleuse, écrite par Arthur Milner, est un récit personnel, car sa mère, Rose, lui a vraiment exprimé son désir d’éteindre sa flamme à l’âge de 93 ans, relate la directrice artistique du Théâtre de la Vieille 17, Esther Beauchemin.

Ce que la pièce raconte, c’est la réflexion que cette demande de fin de vie a provoquée chez l’auteur et qu’il livre à l’auditoire, un peu comme un témoignage qui aurait lieu dans une salle paroissiale, illustre le comédien Paul Rainville, qui est seul devant les spectateurs.

«Il discute avec lui-même», dit M. Rainville en parlant à la fois de son personnage et de l’auteur. «En racontant l’histoire de sa mère, il raconte un peu l’histoire de sa famille, comment son père est mort et la vie de sa mère après, comment elle a vécu seule pendant 20 ans, de rentrer dans une résidence pour l’âge d’or et, enfin, le déclin quand elle s’est mise à dépérir.»

Détail important, l’histoire de M. Milner s’est déroulée avant l’entrée en vigueur de la loi sur l’aide médicale à mourir. Cependant, M. Rainville indique que ladite loi n’aurait pas été d’une grande aide pour Rose, qui ne souffrait pas d’une maladie qui mènerait irrémédiablement à sa mort.

Selon le comédien, l’auteur voulait lancer une discussion. «Il veut vraiment être le catalyseur d’une discussion et d’une exploration pour les gens qui en ont besoin.» Le personnage prend position face à sa situation personnelle, mais n’impose pas sa vision aux spectateurs, laissant chacun faire ses propres choix face à la situation.

M. Rainville est un bon ami de l’auteur et a même connu Rose. Il a participé à la naissance du texte et de la pièce en langue anglaise, mais n’était pas disponible pour la jouer. Quand la version française est entrée en production, on est allé le chercher pour reprendre le rôle, car l’équipe ne voulait pas quelqu’un de trop francophone pour représenter M. Milner — un anglophone vivant à Montréal. M. Rainville se définit lui-même comme un «Franglo-Ontarien».

Atmosphère intimiste

Ce ne sont pas les gradins habituels qui attendront les spectateurs, mais plutôt des fauteuils, des chaises et des tables, disposés en demi-cercle. «On est très près du comédien, on l’entoure», décrit Mme Beauchemin. L’ameublement «hétéroclite» crée un environnement chaleureux qui donne le sentiment d’être «chez la maman du personnage, chez Rose».

Malgré le sujet qui peut faire peur, «les gens passent un beau moment, ce n’est pas comme s’ils s’en allaient à l’abattoir», rassure Esther Beauchemin. «Il y a beaucoup d’humour et surtout beaucoup d’amour, [...] mais ça fait réfléchir et fait appel aux émotions.» La pièce est une production du Théâtre de la Vieille 17 et cadre parfaitement avec sa volonté de faire du théâtre «de prise de parole et à tendance sociale», souligne la directrice artistique.

Le texte d’Arthur Milner a été traduit par Jean Marc Dalpé et mis en scène par Kevin Orr. La directrice artistique du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO), Marie-Pierre Proulx, a travaillé à la scénographie et aux costumes.

Souffler la veilleuse sera présentée du 21 au 24 novembre au TNO — un soir de plus pour compenser pour le nombre limiter de places, environ 60. Pour l’horaire précis, consultez le site letno.ca.

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Lu 440 fois Dernière modification le mercredi, 14 novembre 2018 15:39
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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