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mercredi, 21 novembre 2018 09:00

Appel à la résistance

Bon ben, le sujet à traiter en éditorial cette semaine est assez clair. Un seul sujet retient l’attention des Franco-Ontariens depuis l’énoncé économique du gouvernement Ford jeudi dernier, soit l’abolition du poste de Commissaire aux services en français et la mise au rancart de l’Université de l’Ontario français.

Ces décisions ont été prises sans consultation avec la communauté franco-ontarienne, bien sûr, et en dépit des déclarations de Ford et de sa ministre responsable des Affaires francophones qui, il y quelques mois seulement, confirmaient leur soutien à l’UOF.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Les réseaux sociaux se sont enflammés, les organismes communautaires et la presse francophone de partout au pays se sont révoltées. Même plusieurs anglophones ont manifesté leur appui aux Franco-Ontariens, entre autres, le Montréal Gazette et Canadian Parents for French, qui représente les parents de 265 000 élèves inscrits en immersion en Ontario.

Les réactions de la classe politique ne se sont pas fait attendre non plus. Plusieurs députés et ministres libéraux à Ottawa et des politiciens québécois ont décrié ces décisions. Même le chef des conservateurs fédéraux, Andrew Sheer, dit avoir soulevé la question auprès du premier ministre Ford.

Pour sa part, la communauté franco-ontarienne prépare déjà sa riposte. Quelque 7 000 personnes se sont joints au mouvement internet de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, appelé Résistance. Des leadeurs — surtout d’Ottawa — se sont rencontrés dimanche dernier afin de planifier une stratégie visant à faire renverser ces coupures. On parle de manifestations monstres et de recours en justice.

Jusqu’à présent, cependant, la réaction reste viscérale et plutôt négative. Il est évident que manifestations et recours judiciaires sont des outils utiles lorsqu’on fait face à un gouvernement qui ne croit que dans son pouvoir et dans sa base intolérante, mais il va falloir aussi mener une bataille plus judicieuse en sourdine.

Prenons le cas de l’université de langue française. Il est clair que le projet libéral d’une seule université à Toronto ne faisait pas l’unanimité, surtout dans le nord et l’est ontarien. Il apparaitrait aussi que nos deux plus importantes universités bilingues, Ottawa et Laurentienne, avaient déjà approché le gouvernement pour travailler à la mise en place d’une vraie université dans tout l’Ontario.

Serait-il possible de raviver cette idée en y joignant Hearst, Glendon, La Cité et Boréal? Pourrait-on imaginer récupérer les programmes francophones de ces quatre institutions et de les loger, à loyer, dans des immeubles des quatre institutions, éliminant ainsi des couts de construction? Et pourrait-on soumettre la gestion de cette nouvelle université à un nouveau conseil par et pour les Franco-Ontariens? Un tel projet à moindre cout serait peut-être bien vu par les conservateurs préoccupés par la situation financière de la province.

Quant au poste de Commissaire aux services en français, la question est plus épineuse. On voit bien que la logique du gouvernement, qui a aussi annulé les postes de Commissaires à l’environnement et à l’enfance, est de se débarrasser de critiques à venir. Il se peut donc que, dans ce dossier, la voie judiciaire reste la seule valable. Mais ceci ne fait que confirmer que la réponse de la communauté doit comporter deux volets, la résistance pure et dure ainsi que la négociation de bonne volonté. Good cop, bad cop.

Réjean Grenier


Voici vos preuves



À peine revenus au pouvoir, les conservateurs ontariens n’ont pas pu s’empêcher de provoquer une autre crise linguistique.

L’équipe éditoriale du Voyageur était pourtant prête à les laisser faire leurs preuves. Mais en moins de cinq mois, le nombre d’annonces qui détruisent le tissu social de l’Ontario ou qui sont tout bonnement ridicules — bière à 1 $, rien de mieux pour l’économie! —, fait par Doug Ford et son équipe dépassent de loin le nombre de décisions positives. On pourrait même argumenter que celles qui ont l’air d’être positives, comme l’annulation des taxes sur l’essence qui en réduisent le prix, nous couteront extrêmement cher plus tard.

Ce que l’on a surnommé le «jeudi noir» ajoute aux annonces destructrices. Les Franco-Ontariens ont maintenant la preuve qu’ils ne peuvent aucunement faire confiance au Parti conservateur de Doug Ford et qu’ils ne doivent s’attendre à rien de positif de ce gouvernement s’il n’est pas ramené à l’ordre.

M. Ford et son équipe semblent croire que nous sommes encore la classe pauvre de l’Ontario, ceux qui ont moins d’éducation et qui ne savent pas se défendre.

Prouvons-leur que ce sont bel et bien eux qui sont dans le champ.

La députée Caroline Mulroney a également perdu la confiance du Voyageur. Nous sommes tentés de ne plus lui donner le titre de ministre déléguée aux Affaires francophones dans nos pages. Ce titre suppose qu’elle défend les intérêts des Franco-Ontariens. Elle ne l’a pas fait dans ce cas-ci, au moment où c’était le plus important.

Le Voyageur vous invite donc à répondre «présent» à l’appel à la résistance de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Si vous tenez un minimum à votre langue, vous vous devez de participer à la résistance et forcer M. Ford à répondre au «peuple» pour lequel il dit gouverner. À tout le moins, nous prouverons que, ça aussi, c’est un mensonge.

Julien Cayouette

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Lu 916 fois Dernière modification le mardi, 20 novembre 2018 15:27

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