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mardi, 04 décembre 2018 22:47

Et les autres dans tout ça?

En tant que Franco-Ontariens, nous sommes allés au plus pressé, nous nous sommes soulevés, nous avons manifesté contre les coupures à nos services en français du gouvernement Ford. Il n’est pas certain que nos revendications soient entendues, mais une chose est claire, il y a plein d’autres groupes qui ont été lésés dans l’énoncé économique des conservateurs. Nous devons aussi travailler avec eux pour rétablir un semblant de justice en Ontario.

L’énoncé économique annonçait l’élimination du poste de Commissaire aux services en français et la perte d’indépendance de son commissariat, mais ce n’est pas le seul poste de commissaire qui a été sabré. Les bouchers Ford et Fedeli ont aussi aboli les postes de commissaires à l’environnement et aux services à l’enfance en difficulté. Ils ont aussi coupé les vivres à des organismes culturels — on pense à la Nouvelle Scène à Ottawa — à des groupes de défense des droits LGBTQ+ et aux communautés autochtones.

Faut vraiment être sans-cœur.

Bien sûr, l’Ontario a une immense dette et il faut la réduire. Mais ce n’est pas en attaquant les plus démunis et les groupes à risque qu’un véritable gouvernement «for the people» doit agir. Dans le plan conservateur, il n’y a pas de grandes coupures ou hausses de taxes pour les banques, les compagnies d’assurances, les grandes sociétés, les multimilliardaires. Le vrai courage serait pourtant de trouver de l’argent là où il y en a. Mais ce n’est pas le style du duo de millionnaires, Ford et Fedeli. Ils sont plus occupés à enrichir les leurs qu’à aider les plus faibles.

Souvenons-nous qu’au lendemain de sa victoire, Ford s’est empressé de remplacer la représentante de l’Ontario à Washington par un de ses amis conservateurs... en augmentant son salaire par plus de 100 000 $. For the people, my eye! Ford, c’est plutôt «For my own gravy train».

En tant que laissés pour compte, nous, Franco-Ontariens, aurions peut-être avantage à collaborer plus étroitement avec d’autres groupes aussi perdants que nous. N’oublions pas que le travail des commissaires à l’environnement et à l’enfance en difficulté nous touche aussi. Certains de ces enfants sont des nôtres et, aux dernières nouvelles, nous respirons de l’air et buvons de l’eau dont la qualité baisse sans cesse. Il en va de notre avenir que nos enfants, quelle que soit leur langue, soient protégés et que notre air et notre eau soient propres.

Il y a déjà dans nos communautés francophones des groupes qui se préoccupent de l’environnement et des droits LGBTQ+ — on pense à FrancoQueer, entre autres. L’Assemblée de la francophonie (AFO) a déjà commencé à tisser des liens avec certaines communautés métisses et autochtones. Il faut raffermir nos relations avec ces groupes et faire de leur lutte, notre lutte.

Avec des têtes dures comme Ford et la plupart de ses suiveux conservateurs, il sera difficile de gagner. Au lieu de mener nos batailles chacun de notre côté, trouvons plutôt des terrains d’entente, des avantages à tirer d’une plus grande collaboration. Comme on dit, l’union fait la force.

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Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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