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mercredi, 12 décembre 2018 11:53

Où en est la Résistance dans le Nipissing?

Écrit par 
Michel Pagé lors du rassemblement du 1er décembre à North Bay Michel Pagé lors du rassemblement du 1er décembre à North Bay Photo : Éric Boutilier
North Bay — Les résidents du Nipissing ont été parmi les premiers à réagir et s’organiser après l’énoncé économique provincial du 15 novembre qui a fait reculer les droits des francophones imposés par le gouvernement ontarien. Après s’être ralliés derrière l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), les francophones de la région devant les bureaux du ministre des Finances de l’Ontario, Vic Fedeli, pour leur rassemblement.

Où en est le combat dans cette partie de l’Ontario français? Le Voyageur l’a demandé à l’un de ceux qui ont lancé la résistance à Nipissing, Michel Pagé, qui nous a d’ailleurs prévenus que le comité a décidé lundi de procéder à une campagne de cartes de Noël pour continuer à sensibiliser le plus de gens possible.

Quelle a été votre réaction face à la participation à la manifestation du Nipissing?
«Nous avons été agréablement surpris par le nombre de participants. Au-delà de 800 personnes y étaient au cours de l’après-midi. C’est tout un exploit. Dans la semaine précédant l’évènement, je parlais d’un chiffre de 300 et les gens trouvaient ça ambitieux. Je crois qu’on en a surpris plusieurs. Je crois que l’équipe a fait un excellent travail à en faire la publicité. Nous avons fait une campagne sur les médias sociaux, mais nous avons également visité les paroisses à North Bay, à Nipissing Ouest et à East Ferris. Nous avons fait des appels, envoyé des courriels et fait le tour des foyers d’âge d’or. Ç’a vraiment été un travail d’équipe. Je crois également que le sujet a touché les gens de façon importante. Nous avons vu plusieurs nouveaux visages lors de la manif et quelques anciens visages qu’on n’avait pas vus depuis un certain temps. Les francophones se sentent trahis et ont voulu exprimer leur désenchantement.»

Est-ce qu’il y a eu des développements au sein de Résistance Nipissing depuis la manifestation?
«Au niveau local, nous continuons à encourager les gens à se joindre à la Résistance provinciale en visitant le site de l’AFO. Nous avons également fait une campagne de communication auprès de nos députés locaux dans les jours précédant le vote à l’Assemblée législative. Dans le Nipissing, la boite vocale de M. Fedeli s’est rapidement remplie ainsi que sa boite de réception de courriels. Le comité organisateur se rencontre prochainement afin de discuter des prochaines étapes et nous demeurons toujours en communication avec l’AFO et le réseau des ACFO (Association canadienne-française de l’Ontario) afin de coordonner nos efforts avec le mouvement provincial.»

Le groupe a-t-il eu une réunion ou des discussions avec le député Vic Fedeli?
«L’une des membres du comité organisateur, Anita Corriveau, avait appelé M. Fedeli pour prendre rendez-vous et elle s’était fait dire qu’il ne pouvait la voir qu’au mois de février. Par contre, soudainement, dans les jours menant à la manifestation, il a accepté de la rencontrer le 30 novembre, soit la veille de l’évènement. Elle l’a rencontré, accompagnée d’une autre membre du comité. Le tout s’est déroulé comme on pouvait s’en attendre. C’est-à-dire que M. Fedeli a répété les mêmes discours qu’il propageait dans les médias en tentant surtout de pointer le doigt vers le gouvernement fédéral et ne prenant aucunement la responsabilité des actions de son gouvernement.»

Vous sentez-vous trahis par votre député?
«Ça devient de plus en plus clair que ces décisions n’étaient pas, contrairement à ce qui nous a été dit, motivées par de l’argent et des compressions budgétaires. Le pas de recul qu’a pris le gouvernement fait en sorte que les économies sont minimes, si pas inexistantes, mais les valeurs fondamentales de l’autonomie des institutions de langue française demeurent le point de contention. C’est malheureux, mais ces décisions donnent vraiment l’impression que les francophones ont été ciblés et visés par ce nouveau gouvernement.»

Quelles seront les prochaines étapes du groupe pour faire avancer la cause?
«Malheureusement, la loi coupant le commissariat a déjà été passée à l’assemblée. Je crois donc qu’il y aura un changement de stratégie pour forcer un recul du gouvernement. L’AFO prend le leadeurship de ce dossier puisque les moyens de pression n’ont pas eu l’effet escompté. Au niveau local, nous travaillons à éduquer et sensibiliser les gens à la cause, francophones comme francophiles. Nous continuons à mettre de l’info à jour sur notre groupe Facebook Francophones de North Bay et des environs et nous rencontrons des groupes en personne pour répondre à des questions et clarifier les informations.»

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Lu 845 fois Dernière modification le mercredi, 12 décembre 2018 12:04
Éric Boutilier

Correspondant

North Bay et Nipissing

Sports

eric.boutilier@levoyageur.ca

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