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lundi, 17 décembre 2018 15:19

D’illustres visiteurs à Sudbury

Écrit par  Camille Contré


Sudbury a accueilli de nombreuses célébrités au cours des décennies, que ce soit dans le milieu du spectacle ou de la recherche scientifique. Par exemple, dès l’ouverture du Théâtre Grand Centre au centre-ville de Sudbury en mars 1987, l’objectif de ses propriétaires était de faire de ce lieu une salle de spectacles à grande échelle. Cet amphithéâtre pouvant accueillir plus de 1200 personnes fut inauguré par un concert de Tony Bennett.

Parmi toutes les célébrités qui sont venues dans notre ville, il y a entre autres eu Sir Elton John, qui présentait son spectacle Your Song — et le Ticketgate — à l’aréna en mars 2008, Stephen Hawking et Gilles Vigneault.

Nous avons reproduit deux articles par Jacques Des Becquets sur la visite du physicien Stephen Hawkings et ce qui devait être la deuxième visite de Gilles Vigneault à Sudbury, qui n’est jamais arrivée.



Article du 8 novembre 1995

Vigneault ne vient plus à Sudbury : Des menaces ont été proférées à son endroit



L’atmosphère du référendum québécois s’est transmise jusqu’à Sudbury et a éclaboussé La Slague. Après que le Théâtre Grand et que la maison de production de spectacles aient fait l’objet de plaintes et même de menaces, le gérant et le chanteur Gilles Vigneault ont annulé le concert du 9 novembre [1995].

La Slague négociait depuis plusieurs mois ce détour que ferait la vedette québécoise à Sudbury pour célébrer ses 20 ans d’existence. C’est d’ailleurs M. Vigneault qui a trouvé le nom de la maison de production. Mais certaines personnes — anglophones comme francophones — ne l’entendaient pas de cette oreille. En quelques jours, plusieurs appels mécontents ont été logés au Théâtre Grand, à La Slague et même l’un chez CBON, l’un des partenaires du spectacle, appels qui, pour la plupart, questionnaient le choix de La Slague de faire venir le chanteur.

Certains sont allés plus loin : ils ont menacé d’interrompre le spectacle de M. Vigneault. D’après ce qu’a récolté Le Voyageur, le moyens suggérés étaient une démonstration à l’extérieur, des chahutements durant les chansons, voire même des œufs lancés en direction de l’invité. Encore plus sérieux, des rumeurs ont circulé au sujet de la mention d’une bombe. Mais ni le relationniste de La Slague, Normand Roy, ni le propriétaire du Grand, Claude Michel, n’ont voulu confirmer ceci.

«Un œil au beurre noir»

Le spectacle a été annulé pour ne pas mettre en jeu la sécurité des spectateurs, des musiciens ou du chanteur. Normand Roy a laissé tomber : «Sudbury a mangé un œil au beurre noir. Nous sommes déçus de la réaction de la communauté. M. Pagé, le gérant de M. Vigneault, n’était pas enchanté; nous non plus. Mais une minorité s’est affirmée».

Normand Roy craint que Sudbury ne devienne «le mouton noir» des artistes québécois qui refuseront une invitation de La Slague de venir se produire en ville. On n’exclut pas la possibilité d’inviter à nouveau Gilles Vigneault à une date ultérieure. «Nous n’aurons peut-être pas froid aux yeux la prochaine fois. Mais on ne sait pas comment la ville sera perçue des artistes québécois», a ajouté M. Roy. Entre-temps, après le succès de la pièce de Gilles Latulippe Salut cocu! à laquelle se sont rendues 450 personnes, La Slague prépare l’autre spectacle de la série, celui de Marc Landry le 14 février 1996.

La Slague essuie une perte financière. Gilles Vigneault avait retenu des musiciens. La Slague a encouru un peu plus de 2 000 $ sur son cachet, en plus de dépenses de publicité. Pierre Pagé et la maison de production se parlent actuellement pour en arriver à un compromis. M. Roy a indiqué qu’il est «très réceptif et très ouvert» à ce qui ‘est passé.

Faire la part des choses

La Slague n’avait vendu ou confirmé qu’une centaine de billets en prévision du spectacle de M. Vigneault. «La Slague veut inviter les gens de la francophonie à des spectacles. Nous respectons les choix de la clientèle. Et pourtant, quand il est venu les autres fois à Sudbury, il a fait salle comble... Les croyances de l’artiste ne se manifestent pas toujours sur la scène», a mentionné Normand Roy.

Nicole Chiasson a offert pour sa part, lorsqu’interrogée si La Slague impute à la proximité du référendum québécois la réaction : «L’orientation politique de M. Vigneault était pourtant connue en 1985, lors de son dernier passage à Sudbury. Et il est important de savoir que La Slague avait commencé les négociations avec l’agent au mois d’août, alors qu’on ne connaissait pas la date du référendum. Ça aurait peut-être changé quelque chose.» À quoi Normand Roy a ajouté : «Pourtant, quand on invite un artiste, on ne s’attarde pas à ses tendances politiques, ou autres. On s’attarde à ce que l’artiste soit de bon calibre.»

Enfin, d’un côté judiciaire, la police ne pourra faire beaucoup. La Slague lui a demandé conseil sur les mesures de sécurité. Quant aux preuves de menaces, il n’y en a pas : aucune n’a été enregistrée sur un répondeur.



Article du 6 mai 1998

Stephen Hawkings sur L’ONS : «…Pour étudier d’où nous provenons et où nous allons»




Photo : Archives

On aurait pu entendre une mouche voler pendant quelques instants sous la voûte de la Caverne Inco de Science Nord, le 28 avril. Au lieu, les 250 personnes de plusieurs pays ont entendu bien distinctement un petit ronronnement électrique. Une autre page d’histoire s’est déroulée sous leurs yeux alors que le réputé savant britannique Stephen Hawking a dirigé sa chaise roulante vers la grappe de collègues qui allaient prendre la parole. La raison de ce rassemblement de cerveaux scientifiques à Sudbury : l’ouverture officielle de l’Observatoire de neutrinos, unique en son genre au monde.

Le gratin de la communauté savante de plusieurs pays et une pléiade de personnes associées à des revues ou des émissions de vulgarisation scientifique ont monopolisé la majorité du parquet pour entendre des confrères expliquer le fonctionnement de l’Observatoire de neutrinos et pour écouter quasi religieusement les moindres paroles de l’ordinateur à la voix synthétisée du professeur Hawking. Ce dernier, malgré la brièveté de son message, n’a pas dérogé de la mission dont il s’est investi depuis de nombreuses années : la compréhension de l’univers et l’élaboration d’une thèse qui engloberait toutes ses nuances. Le spécialiste du cosmos a rédigé quelques ouvrages sur le sujet, dont Une brève histoire du temps, qui s’est vendu à plus de quatre millions d’exemplaires. Ses fonctions à l’Université de Cambridge, en Angleterre, lui permettent d’occuper la même chaire qu’un illustre prédécesseur, Isaac Newton (celui-là même qui a popularisé la loi de l’attraction terrestre). Pourquoi?

M. Hawking a insisté sur l’importance de la recherche scientifique fondamentale et que les gouvernements nationaux doivent s’en charger, en raison des coûts très élevés qui y sont reliés. «On demandera pourquoi mon gouvernement devrait-il financer de telles recherches plutôt que d’avoir recours à ce que les autres pays trouveront? Si vous laissez cette recherche fondamentale aux autres, vous ne disposerez plus d’une base de savants. Cette recherche fondamentale ne produira pas de revenus économiques avant plusieurs années. Mais elle nous permet d’étendre notre connaissance de l’univers, pour que nous puissions le comprendre davantage. Cette recherche fondamentale en science a permis à l’humanité d’améliorer son sort. Elle nous dévoilera aussi d’où nous provenons et où nous allons». Pour le professeur Hawking, le financement de cette recherche équivaut aux sommes importantes que dépensaient les civilisations pour ériger des monuments à quelque chose d’encore moins tangible, leurs divinités.


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Lu 850 fois Dernière modification le vendredi, 21 décembre 2018 21:50

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