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mercredi, 23 janvier 2019 09:00

Ah la Chine, prise 2

Dans un éditorial du 29 mars 2017, nous écrivions que le Canada «devra prendre la Chine avec des pincettes», et voilà que la Chine nous donne raison. La Chine est maintenant en maudit contre le Canada et utilise sans vergogne toutes sortes de moyens, légaux ou non, pour nous faire plier.

Tout ceci parce que le Canada a arrêté la responsable des finances de la société informatique chinoise Huawei, Meng Wangzhou. Le Canada a arrêté madame Meng afin de respecter son traité d’extradition avec les États-Unis. Un juge américain avait émis un mandat d’arrêt contre elle alléguant qu’elle avait enfreint l’embargo américain contre l’Iran et menti à ce sujet lors d’une présentation à des banquiers américains.

C’est vrai que madame Meng n’est pas n’importe qui. Elle est la fille du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, un ex-militaire chinois proche du régime communiste, devenu l’homme le plus riche du monde. Mais cette notoriété ne méritait pas la foudre chinoise qui nous est tombée dessus depuis son arrestation et sa remise en liberté sous conditions.

La Chine a arrêté et emprisonné deux Canadiens selon le motif flou qu’ils auraient menacé la sécurité de l’État. Ils sont soumis à quatre heures d’interrogatoire à tous les jours, détenus dans des cellules où la lumière reste allumée 24 heures sur 24; ils n’ont pas droit à un avocat et les autorités consulaires canadiennes ne peuvent leur rendre visite que pendant 30 minutes par mois. On allègue même que les Chinois interrogent un des détenus sur son ancien travail en tant que diplomate canadien, ce qui contrevient aux conventions internationales sur la diplomatie.

Comme si ce n’était pas assez, les Chinois ont décidé de rouvrir le cas d’un Canadien déjà jugé et condamné à 15 ans de prison pour trafic de drogue. Le nouveau procès a duré moins d’une journée et une heure après la conclusion des pourparlers (peut-on vraiment appeler ça un procès), le Canadien a été condamné à mort.

Tour ça sur fond de discussion parmi nos alliés sur la possibilité de bannir Huawei des prochains réseaux cellulaires G5 parce que la société représente une menace pour notre sécurité. Elle est en effet soumise à une loi chinoise qui l’oblige à collaborer avec le service d’espionnage chinois.

L’ambassadeur de l’Empire du Milieu n’aide vraiment pas la situation en disant que le Canada ne respecte pas le droit, que l’arrestation de Mme Meng émane de l’idéologie de la «suprématie des blancs et en menaçant le pays de graves répercussions si nous ne permettons pas à Huawei d’installer son matériel dans notre futur réseau G5.

Posons-nous la question fondamentale. Pourquoi la Chine défend-elle bec et ongles une société, Huawei, dite indépendante? La réponse est simple. Huawei fait partie, même indirectement, de l’appareil gouvernemental chinois. La dictature chinoise compte sur cette société pour établir son hégémonie sur le monde.

La Chine a déjà arrêté et emprisonné des dirigeants d’entreprises canadiennes. Bien sûr, notre gouvernement a condamné ces actions souvent arbitraires, mais jamais nous n’avons arrêté des ressortissants chinois en guise de représailles ou menacé la Chine. La situation actuelle change la donne.

On ne peut pas faire confiance à la Chine et le Canada devrait immédiatement bannir tous les produits Huawei.

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Lu 530 fois Dernière modification le mardi, 22 janvier 2019 15:03
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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