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jeudi, 14 février 2019 09:01

Le «moi» caché

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Le «moi» caché Photo : Louis-Philippe Chiasson
Sudbury — Luc LeBlanc se souvient d’avoir hésité avant de se lancer dans le projet théâtral suggéré par Christian Essiambre et le metteur en scène Philippe Soldevila. Il avait passé une bonne partie de sa carrière à protéger son image de bon gars joyeux et énergique. Est-ce que c’était une bonne idée de dévoiler qu’il était humain, comme tout le monde?

Mais comme il ne cessait lui-même de dire à M. Essiambre, son cousin, être comédien, c’est «l’art de prendre des risques». Il a finalement choisi de suivre son propre conseil, malgré le processus de création intense et dénudant qui l’attendait.

L’incroyable légèreté de Luc L., qui sera présenté prochainement au Théâtre du Nouvel-Ontario, est la troisième histoire d’un ensemble formé par Les trois exils de Christian E. et par Le long voyage de Pierre-Guy B. Trois fictions biographiques au sujet d’amis de longue date qui ont suivi des parcours et eu des vies bien différents.

«J’étais un peu énervé par tout ça. Je me demandais ce que je pouvais dire et ce que ne pouvais pas dire», révèle M. LeBlanc. Il avait aussi l’impression de ne pas avoir d’histoires aussi intenses que ses deux amis, M. Essiambre et Pierre-Guy Blanchard, sujets principaux de deux pièces précédentes.

Il découvrira que c’était faux.

Rires et anxiétés

Accompagné par les deux autres comédiens et par le metteur en scène, M. LeBlanc a commencé à fouiller dans sa vie. «Je ne sais pas comment l’exprimer mieux que c’était comme si on avait ouvert des [blessures].»

Il a redécouvert des beaux moments, mais aussi des moments qu’il avait un peu cachés. «J’ai fait beaucoup d’humour, j’ai eu un talkshow plutôt axé autour de mon énergie, etc. Mais en même temps, au plus profond de moi-même, j’ai vécu des choses très difficiles; de famille, de déménagement, d’anxiété, de mère qui était malade… Mais tout ça, les gens ne connaissaient pas ça de moi et ce sont des choses que je n’ai jamais trop dites en entrevues.»

On retrouve bel et bien ces deux versions de M. LeBlanc dans la pièce.

«En faisant le processus [de création], c’est venu confirmer certaines choses en moi. J’ai fait beaucoup de personnages en humour, qui étaient une partie de moi cachée. Tu as une foule qui rit pendant que moi, je suis en train d’exorciser des bibittes, disons», dit-il en riant. La création l’a donc mis face à lui-même, face à certains travers qu’il n’avait pas tout à fait compris, qu’il n’avait pas acceptés ou confrontés. «C’est pas une thérapie, mais tabarouette, c’en est presque une!» Surtout lorsque cette introspection se fait en compagnie de «trois autres gars qui t’analysent et qui te mettent ta propre vérité en face, ça te change comme être humain».

Si Les trois exils était un peu plus drôle et Le Long voyage plus dramatique, M. LeBlanc qualifie son histoire de plus interactive. Inspiré par son expérience professionnelle et par sa propre tendance à franchir le quatrième, le public est parfois invité à participer, surtout au début.

Luc LeBlanc est peut-être moins connu en Ontario, mais il était déjà très connu en Acadie avant d’oser en sortir — une de ses anxiétés. Il y a animé plusieurs émissions et évènement, a présenté un spectacle d’humour et a joué dans les séries télé Belle-Baie et Samuel et la mer, diffusées sur les ondes de Radio-Canada. En 2006, il a tenu le premier rôle dans le film Un bon gars, produit par l’ONF. Il a également fait partie de la distribution de la pièce théâtre Univers, produite par le TNO en 2001.

La coproduction du Théâtre Sortie de secours et du Théâtre de l’Escaouette sera présentée au TNO du 14 au 16 février. Consultez letno.ca pour l’horaire précis.

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Lu 1038 fois Dernière modification le jeudi, 14 février 2019 09:09
Julien Cayouette

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