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mardi, 05 mars 2019 00:00

Réjean Grenier, propriétaire de 1998 à 2011

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Sudbury — Pendant la première partie de sa vie, Le Voyageur était une entreprise appartenant à plusieurs actionnaires et contrôlée par un conseil d’administration. En 1997, ils ont décidé de vendre le journal et demandent, par une publicité dans ses pages, des offres. Deux groupes répondront : un groupe d’Ottawa dont fait partie le journaliste Adrien Cantin (aujourd’hui décédé), et un groupe de Sudbury, composé de Léo Duquette, Jo-ann Philipow, Carole Dubé et Réjean Grenier.

Réjean Grenier se souvient s’être fait interpeler par Léo Duquette à l’extérieur du Carrefour francophone : «Ça te tente-tu d’acheter un journal?». Puisqu’il n’avait pas encore lu Le Voyageur, M. Grenier a répondu : «Ben, lequel?».


La publicité annonçant la mise en vente du Voyageur le 25 juin 1997. — Photo : Archive

À l’époque, M. Grenier était directeur du Carrefour francophone, M. Duquette et Mme Philipow y louaient des bureaux pour leur entreprise, Medias Concepts médiatiques.

La première offre des deux groupes ne contenait aucune compensation financière. Les propriétaires du journal ont laissé entendre qu’ils aimeraient au moins avoir une offre équivalente à la valeur aux livres de l’équipement. Le groupe de Sudbury s’est exécuté. Selon M. Grenier, le groupe d’Ottawa n’a jamais déposé une deuxième offre. En juin 1998, les quatre Sudburois sont donc devenus les nouveaux propriétaires du Voyageur.

Consolidation d’un style

Le journal fonctionnait bien à ce moment et dégageait un petit profit chaque année, alors il n’y avait pas de changements urgents à apporter.

Les quatre se sont divisé le travail selon leur spécialité. M. Duquette et Mme Philipow ont mené la charge pour informatiser la production (autre chronique à venir la semaine prochaine).

Ayant travaillé comme journaliste pendant plusieurs années à la radio de Radio-Canada et de CBC, Réjean Grenier, s’est plutôt penché sur le contenu. Venant de la radio, ou un reportage de deux minutes ne peut contenir plus d’environ 300, il trouvait que les textes dans Le Voyageur étaient souvent trop longs. Il a donc demandé des textes plus courts et plus de photos, demande qu’il répètera chaque fois qu’un nouveau jeune journaliste arrivait, souvent du Québec.

Il a également écrit les éditoriaux de temps à autre.

Autre changement de garde

Même si les choses allaient bien, des divergences d’opinions sur la façon de gérer et de faire grandir le journal sont nées entre les propriétaires. M. Duquette et Mme Philipow ont d’abord voulu acheter les parts de leurs partenaires. Finalement, ce sera M. Grenier et Mme Dubé qui y parviendront et seront les propriétaires de 1999 à 2011.

Les bons coups

Quand on lui demande laquelle de ses réalisations il est le plus fier, Réjean Grenier répond rapidement : toutes les initiatives pour les jeunes. Ceci comprend l’inclusion des pages de jeux du club de Ti-Zou (produites par le journal La Liberté au Manitoba), les pages-écoles «qui mettent en valeur ce que les jeunes font à l’école» et, «la cerise sur le gâteau de toute cette démarche là envers les jeunes, ça a été le journal Tapage et le Gala des jeunes», toujours présents après 15 ans.

«Quand je vais au Gala [...] tu peux voir dans les yeux des jeunes qu’ils sont fiers d’avoir fait ça. Je pense que c’est notre plus grand succès», élabore M. Grenier.

Il ajoute à ces succès l’augmentation de la distribution grâce à l’entente avec les conseils scolaires de langue française, qui a permis de faire passer la distribution d’environ 3000 à 10 000 copies. «C’est important pour moi, parce que ça veut dire que la communauté a embarqué, qu’elle le voulait de journal là», dit-il.

Les rendez-vous manqués

S’il y a une chose qu’il regrette, c’est de ne pas être parvenu à étendre davantage le territoire de couverture. Ses plans étaient différents de ce que Le Voyageur fait maintenant, mais il y a tout de même eu des tentatives de s’implanter à Sault-Ste-Marie, à North Bay et dans le Témiskaming ontarien, qui n’ont par contre pas fonctionnées.

Il aurait également aimé effectuer un plus important virage technologique. Depuis 2000, le journal avait son site web — qui avait gagné un des prix de l’Association de la presse francophone —, mais, autour de 2010, M. Grenier réfléchissait déjà une plus large distribution par internet avec des abonnements uniquement en ligne.

Pas de désir de vendre, mais...

Réjean Grenier a longtemps gardé une histoire en tête. Celle d’un entrepreneur qui avait eu une chance de vendre quand tout allait bien, mais qui a refusé. Une crise économique plus tard, il n’avait plus rien à vendre.

En 2011, même s’il aurait aimé rester 3 ou 5 ans de plus, «Paul Lefebvre m’a fait une offre qui était difficile à refuser».

En fait, M. Grenier réfléchissait depuis plusieurs mois déjà aux changements qu’il aurait aimé apporter au journal, incluant la distribution web mentionnée ci-dessus, mais aussi un nouveau format, une nouvelle mise en page, etc. Il voyait donc venir «une montagne de travail à faire [...]», qui l’inquiétait aussi un peu.

Lui et Carole Dubé feront finalement le choix de vendre.


Réjean Grenier et Émile Guy lors du 40e du journal. — Photo : Archive


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Lu 460 fois Dernière modification le mardi, 05 mars 2019 15:56
Julien Cayouette

Directeur de l'information

705-673-3377, poste 6209 ou sans frais : 1-866-926-3997

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