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mardi, 09 avril 2019 21:19

Traversée : Réfléchir sur l’immigration à travers le théâtre

Écrit par  Rachel Barber
Photos : Patricia Voumard Photos : Patricia Voumard
Sudbury — À l’occasion de la présentation de la pièce Traversée à Sudbury le 13 avril, Le Voyageur a pris le temps de discuter avec la metteure en scène de la pièce et la cofondatrice de la compagnie de théâtre Voyageurs Immobiles, Milena Buziak.

Basée à Montréal et d’origine polonaise, la metteure en scène a découvert le texte pour la première fois par l’entremise de son conjoint. C’est lors de Dramaturgies en dialogue en 2014, un festival de lectures publiques de textes de théâtre, qu’elle a entendu un extrait de Traversée et a eu le désir de le mettre en scène.

«Tout d’abord, je trouve que c’est un texte magnifiquement écrit. C’est très poétique, avec des très belles images qui racontent le voyage d’une jeune fille réfugiée et le sentiment que cela peut créer pour les enfants d’être forcé de quitter leur pays ou de quitter leur famille. Je trouvais que c’était un sujet important à évoquer et à en parler avec des jeunes, incluant ceux pour laquelle la pièce fait écho à leurs expériences. En même temps, j’apprécie le détachement de la poésie et de la réflexion que cette fille peut avoir; elle est très mature dans la façon de partager son parcours, donc la façon que c’est écrit est particulière et est très belle. Je trouve que c’est une pièce féministe aussi, donc il y a beaucoup de sujets que cette pièce touche qui sont très forts pour moi», explique-t-elle.

La pièce suit le trajet de Nour, qui a grandi avec sa nourrice Youmna, et qui quitte son chez-elle pour un pays lointain. Youmna est sourde, tout comme la comédienne qui la joue. Mme Buziak souligne que l’équipe a dû surmonter quelques défis afin de produire une pièce en français et en langue des signes québécoise (LSQ).

«Au départ, je me disais que peut-être la comédienne qui jouait la nourrice pourrait être entendante. Elle pourrait jouer le personnage et simplement ne pas parler — le silence de ce personnage m’interpelait. Évidemment, cela aurait été plus simple. Cependant, j’ai fait deux ateliers en parallèle où j’explorais le texte pendant quelques heures avec une équipe de deux comédiennes entendantes, pour ensuite l’explorer avec une équipe composée d’une comédienne sourde et d’une comédienne entendante. C’est devenu très clair à la fin de cette exploration-là que la langue des signes était très importante, était belle et était très présente dans le texte», indique la metteure en scène.



«Évidemment, cela vient avec plusieurs défis, notamment le fait que je devais toujours être accompagnée par un interprète, parce que je ne connais pas la langue des signes. Il y avait également le défi de la traduction du texte. Je ne réalisais pas au début que le texte doit vraiment être traduit en langue des signes et qu’on ne peut pas simplement prendre un texte écrit en français et le signer tout de suite. Ça prend une traduction, comme ça prend une traduction entre le français et l’anglais», poursuit-elle.

En ce qui a trait aux réactions des spectateurs, Mme Buziak affirme que la pièce provoque une réflexion chez les enfants. «La plupart [des enfants] se voient reflétés dans la pièce. Les enfants qui viennent avec leurs écoles viennent de toutes les clientèles. On avait vraiment un beau mélange de jeunes qui venaient de tous les pays du monde, ce qui était vraiment fabuleux. Ils étaient très interpelés par l’histoire de Nour et très curieux de savoir pourquoi sa Nourrice la laisse partir. Ils étaient souvent très touchés par cette histoire. Les adultes sont également très touchés, mais d’une autre façon», souligne-t-elle.

Des représentations scolaires de Traversée auront lieu à Sudbury du 10 au 12 avril. Deux spectacles grand public seront présentés au Théâtre du Nouvel-Ontario le 13 avril à 11 h et à 14 h.

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Lu 695 fois Dernière modification le mardi, 09 avril 2019 21:33

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