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mardi, 30 mai 2017 15:55

Louise Picard honorée par l’Université Laurentienne

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Le chancelier de l'UL, Steve Paikin, la directrice de l'École des sciences infirmières, Sylvie Larocque, Louise Picard et le recteur de l'UL, Dominic Giroux. Le chancelier de l'UL, Steve Paikin, la directrice de l'École des sciences infirmières, Sylvie Larocque, Louise Picard et le recteur de l'UL, Dominic Giroux. Photo: Bienvenu Senga
Sudbury — L’infirmière et chercheuse sudburoise à la retraite, Louise Picard, a reçu un doctorat ès lettres honoris causa de l’Université Laurentienne (UL) le 30 mai.

L’occasion était toute spéciale pour Mme Picard, qui recevait la distinction de l’UL un demi-siècle après y avoir entamé ses études. La Sudburoise fait partie de la première cohorte — 1971 — de diplômés de l’École des sciences infirmières de l’institution postsecondaire.

«Je me sens tellement chanceuse. C’est une reconnaissance de mon travail pendant près de 50 ans, mais il y a bien d’autres personnes avec qui j’ai travaillé qui méritent la même chose», indique Mme Picard au Voyageur.

La consultation génétique dans le Nord ontarien

Au Service de santé publique de Sudbury et du district (SSPSD), où elle a passé la majeure partie de sa carrière, Mme Picard a pris part en 1977 à la mise sur pied du Service de consultation génétique. «Il fallait, avant cela, que les gens du Nord aillent dans les grands centres du Sud de l’Ontario, ce qui était très difficile pour des familles faisant face à des problèmes de santé, surtout lorsqu’il s’agissait d’enfants. Il fallait donc amener ces services et les étendre partout dans le Nord», explique-t-elle.

Grâce au Programme régional génétique du Nord de l’Ontario, des services de consultation génétique sont disponibles aujourd’hui à Horizon Santé-Nord, au Bureau de santé du district de North Bay-Parry Sound, au Bureau de santé Porcupine, à Santé publique Algoma et au Thunder Bay Regional Health Sciences Centre.

La recherche au service de la pratique

Après avoir obtenu sa maitrise en sciences infirmières de l’université McGill en 1987, Mme Picard — alors convaincue de l’importance de la recherche en santé — est revenue à Sudbury où elle a été coordonnatrice et ensuite directrice du Programme de recherche, d’éducation et de développement (RRED) en santé publique. Sa nouvelle mission était d’intégrer la recherche au mandat du SSPSD.

«Les gens dans le milieu de la pratique se posent souvent des questions pour savoir si, par exemple, une approche vaut la peine d’être explorée. Il faut établir des liens entre le milieu de la pratique et le milieu académique, parce que les chercheurs comprennent mieux les questions demandées et savent comment faire le transfert des connaissances vers le milieu de la pratique», indique-t-elle.

À la tête de la Division des ressources, de la recherche, de l’évaluation et du développement au SSPSD, qu’elle a dirigée entre 1998 et 2005, Mme Picard a publié de nombreux travaux de recherche portant notamment le travail par quarts et sur les défis auxquels font face les adolescentes enceintes.

Elle a également joué un grand rôle dans l’élaboration des deux premiers rapports provinciaux sur l’état de santé des francophones en Ontario, publiés en 2000 et en 2005. «Étant moi-même francophone, je reconnaissais que ce n’est pas seulement notre langue qui nous distingue des autres cultures. Il y a aussi nos habitudes de vie, notre niveau de santé qui méritaient d’être explorés pour dresser un profil complet de la population franco-ontarienne», déclare Mme Picard.

Dans l’optique d’encourager la recherche en santé, Mme Picard a aussi contribué à la création en 2003 d’une subvention de recherche en santé — la bourse porte son nom depuis 2006 — financée conjointement par l’UL et le SSPSD. Plusieurs équipes de chercheurs de l’UL et du SSPSD en ont d’ailleurs déjà bénéficié.

Mme Picard a reçu en 2005 le Prix de membre honoraire de l’Association pour la santé publique de l’Ontario. En 2008, la section sudburoise de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario lui a décerné le prix de la pratique infirmière.

«On n’a pas le droit de se plaindre si on reste les bras croisés»

Bien qu’elle soit à la retraite depuis plus d’une dizaine d’années, Mme Picard est loin de délaisser son activisme en santé publique. Elle a participé à la création d’un groupe de citoyens qui veille à la salubrité du lac Clearwater en organisant régulièrement des activités de sensibilisation à l’endroit de la population.

«Si on se préoccupe d’une cause, on doit agir, faire quelque chose pour faire évoluer la situation. On n’a pas le droit de se plaindre si on reste les bras croisés», avance-t-elle.

Mme Picard est aussi membre d’un groupe d’appui aux personnes affectées par la maladie de Parkinson, une maladie qu’on lui a diagnostiquée il y a quelques années. «Ça m’a encouragée à vivre la vie pleinement et à prendre plaisir à faire les choses les plus petites», conclut-elle.

Trois autres personnalités recevront des doctorats honorifiques lors des cérémonies printanières de collations de grades de l’Université Laurentienne qui prendront fin le 2 juin. Il s’agit de l’ainée et éducatrice autochtone Rita Corbiere, de la célèbre architecte Marianne McKenna et de l’avocat et philanthrope torontois Perry Dellelce.

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Lu 1691 fois Dernière modification le mardi, 30 mai 2017 16:37
Bienvenu Senga

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6210

bienvenu.senga@levoyageur.ca

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