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mardi, 06 juin 2017 21:41

L’art et ses vertus

Écrit par 
L’art et ses vertus Photos : Courtoisie
Sudbury — Dans son nouvel essai La guérison par l’art : Reflet de l’âme, Énergie de l’être, publié aux Éditions Bergame (France), l’artiste-peintre sudburoise et professeure d’arts visuels à l’Université Laurentienne (UL), Carole Bennett, s’appuie sur son parcours personnel jalonné de périodes sombres pour mettre en valeur les vertus thérapeutiques de l’art.

Si l’artiste ne tait presque rien, dans son livre, de ses mésaventures et de la dépression qu’elle a vécue à mi-carrière, c’est en grande partie parce qu’elle reconnait que son cas n’est pas isolé. «Je me suis livrée pour aider les gens, pour sortir de l’ombre. C’est difficile, car on a toujours peur du jugement des autres. Mais je veux que les gens soient capables de trouver leurs outils pour s’en sortir». Son outil à elle — la peinture récréative —, Mme Bennett l’avait confiné durant les trois décennies qu’elle a consacrées à l’enseignement.



Premières armes à Chapleau

Initiée à la peinture à l’âge de 16 ans, Mme Bennett décrochera plus tard un baccalauréat en enseignement des arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal. Au début des années 1990, elle décide de s’installer, avec ses deux filles, à Chapleau, où elle devient enseignante à l’École Sacré-Cœur.

Son talent sera vite décelé par l’École qui lui demandera en 1993 de peindre une murale dans le gymnase. Une commande de la Ville de Chapleau, qui cherche à embellir son centre récréatif, suivra en 1997. Après un court séjour à Sainte-Cécile-de-Masham (Québec), où elle enseignera pour la première fois les arts au niveau secondaire, Mme Bennett s’établit à Sudbury.


La murale Cœur de nos hivers de Mme Bennett à l’École Sacré-Coeur.


La murale La naissance de Chapleau peinte par Mme Bennett au centre récréatif de Chapleau en 1997.

Encourager la créativité

Si l’enseignante a décidé de faire le saut vers l’enseignement à l’Université — Mme Bennett est maitre de conférences à l’École des sciences de l’éducation de l’UL —, c’est parce qu’elle voulait principalement prendre part à la formation des éducateurs. «Je me suis rendu compte en enseignant les arts que certains élèves n’étaient pas encouragés vers la créativité, parfois à cause de mauvaises expériences antécédentes. Je voulais faire une différence dans la vie de nos enfants», indique-t-elle.

Comment s’y prend-on donc pour enseigner les arts à des étudiants qui, bien des fois, n’accordent de réelle importance qu’à leur domaine de spécialisation? Mme Bennett a répondu à la question en concevant un modèle nommé le Processus d’accompagnement réflexif (PAR). Par celui-ci, elle «accompagne l’étudiant en lui redonnant assez de confiance pour qu’il puisse se permettre de tenter de nouvelles expériences, en lui faisant comprendre l’importance de la créativité qu’il pourra transposer dans les autres matières qu’il compte enseigner».

L’enseignante plaide d’ailleurs pour l’intégration des arts à toutes les matières. «La créativité est là aussi au niveau des mathématiques, au niveau de la rédaction en français, quoi de mieux pour la cultiver tôt chez nos élèves que de faire plus de place aux arts dans nos écoles?», note-t-elle.

Reconstruire son être par les arts

Après avoir reconstitué ses forces dans ce qu’elle décrit comme étant la période latente dans son essai, Mme Bennett a commencé à se rétablir en retournant à ses premières amours : la peinture. «Ma main a dû tout réapprendre, c’est comme si je n’avais jamais peint de ma vie», explique-t-elle. Elle s’est par la suite rendu compte qu’elle ne peignait que des portraits d’enfant, «le reflet de [son] âme», dit-elle. «C’était l’enfant en moi qui peignait». Plus de trente photos de toiles — la plupart représentant des enfants — confectionnées entre 2013 et 2015 ornent les pages de l’essai.


Libérer ses émotions, une toile peinte par Mme Bennett en 2015.

L’artiste a d’ailleurs récemment recommencé à exposer publiquement ses oeuvres. Elle a pris part au Symposium des Artistes sur la route des Fleurs à Laval en mai et compte se rendre à l’évènement Couleurs urbaines, dont la 20e édition se tiendra à Granby du 28 au 30 juillet.

Le processus de reconstruction de l’être par les arts — la période latente, le reflet de l’âme et l’énergie de l’être en sont les trois composantes — que la pédagogue a également conçu en s’inspirant notamment de sa propre expérience, «engage davantage à une réflexion sur sa vie», contrairement au PAR qu’elle emploie avec ses étudiants.

Une réflexion qu’il est primordial de mener, selon Mme Bennett, «pour être conscient de ses forces intérieures et pour atteindre l’épanouissement».

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Lu 1995 fois Dernière modification le jeudi, 08 juin 2017 11:34
Bienvenu Senga

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