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mardi, 13 juin 2017 13:48

Pour une FCFA renouvelée

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a un nouveau président. Lors d’un scrutin serré déterminé par l’annulation d’un bulletin de vote, une poignée de délégués a élu le Franco-Albertain Jean Johnson. Sans enlever quoi que ce soit à la présidente défaite, Sylvianne Lanthier, il est clair que le choix de Johnson est bon pour la FCFA et pour les francophones vivant en milieu minoritaire.

Pendant la campagne, Johnson est apparu comme un fonceur, un bâtisseur, quelqu’un qui n’aurait pas peur de rappeler aux politiciens qu’ils oublient leur rôle de défenseurs de nos communautés. Dans une entrevue accordée au lendemain de son élection, Johnson a indiqué qu’il voulait rencontrer d’urgence le premier ministre Justin Trudeau. Il n’a pas craint d’ajouter qu’après deux ans au pouvoir, ce dernier n’a toujours pas indiqué clairement son appui aux communautés linguistiques minoritaires.

Johnson a bien raison. Trudeau ne se gêne pas pour appuyer, avec raison, les revendications des autochtones. Il semble aussi très friand des évènements organisés par de riches nouveaux arrivants. Mais comme nous l’écrivions dans ces pages quelques mois après la victoire libérale (Les Trudeau et les Francos, Le Voyageur, 23 mars 2016), le jeune Trudeau ne semble pas se préoccuper de l’avenir linguistique du pays.

Jean Johnson apparait comme la personne la plus apte à changer l’attitude blasée du cabinet Trudeau. C’est en tous cas ce qu’indique son parcours en tant que président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Les francophones d’Edmonton jouissent d’un superbe édifice appelé la Cité francophone qui réunit organismes communautaires, commerces, restaurants et bars et qui forme un quartier avec le campus St-Jean de l’Université de l’Alberta. En Alberta, on s’entend pour dire que Jean Johnson en a été le principal promoteur. Or, s’il a pu convaincre le conservateur Ralph Klein d’y investir, on peut avoir confiance qu’il pourra faire avancer nos dossiers nationaux.

Mais le travail de Johnson auprès des politiciens ne sera pas son seul souci. Comme l’a démontré le vote de la fin de semaine, il est à la tête d’un organisme divisé qui a besoin de grands changements. La FCFA est une fédération regroupant 12 associations de francophones des provinces et des territoires ainsi que 7 organismes nationaux représentant divers secteurs tels la culture, la santé, les jeunes et les femmes. Elle est gouvernée par un conseil d’administration de 21 membres. Elle représente 2,6 millions de francophones vivant en milieu minoritaire.

Malgré le fait qu’elle existe depuis 1975 (elle s’appelait alors la Fédération des francophones hors Québec – FFHQ), la FCFA n’a jamais réussi à être présente dans les communautés qu’elle représente. À part ses 21 administrateurs, elle n’a pas réuni les leadeurs francophones du pays depuis 2007; sauf son Assemblée générale annuelle, elle tient ses rencontres à huis clos; elle n’a pas de document proactif expliquant ses positions; elle réagit souvent plus qu’elle n’agit; sa présidence est élue par moins de 21 personnes, ce qui ne lui donne pas une grande crédibilité. Et les politiciens le savent.

Il faut moderniser et démocratiser cette institution. Jean Johnson a du pain sur la planche.

Lu 586 fois Dernière modification le mardi, 13 juin 2017 13:54
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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