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mardi, 12 juin 2018 22:50

Drôle de campagne

Bon ben, l’élection ontarienne est terminée et nous avons un nouveau gouvernement. C’était prévisible, mais il faut bien admettre que ce fut une ben drôle de campagne.

Avant d’énumérer les drôleries, commençons par féliciter tous les élus de jeudi dernier ainsi que tous les candidats qui ont brigué les suffrages. La politique peut être un sport sanguinaire et nous devons respect et admiration à tous ceux qui s’essayent, particulièrement à ceux qui gagnent. Nous leur souhaitons bonne chance pendant le prochain mandat.

Mais quelle campagne ils ont connue. D’abord, un parti et une chef, les libéraux de Kathleen Wynne, qui commencent avec un vrai déficit d’amour de la part de l’électorat. Ça faisait longtemps qu’un parti au pouvoir n’avait pas été si bas dans les sondages au début d’une campagne électorale. Tellement bas en fait qu’ils n’ont jamais pu remonter la pente. Et la chef n’a certainement pas beaucoup aidé en admettant la défaite 5 jours avant le scrutin. Passer de 58 sièges sur 107 à 7 sur 124, quelle dégringolade!

Mais que dire des gagnants, les progressistes-conservateurs? Avant même la campagne, ils menaient allègrement dans les sondages. Et ce, malgré des accusations d’investitures truquées et de candidats en rupture de justice. Mais voilà que, quelques mois avant l’élection, ils mettent leur leadeur à la porte et élisent un nouveau chef sans expérience provinciale et sans plateforme. Doug Ford et son équipe mènent donc une campagne de slogans vides et baissent dangereusement dans les intentions de vote. Wow, qu’arrivera-t-il?

Pendant quelques semaines, cette baisse des conservateurs vient donner de l’élan au Parti néodémocrate et à sa chef, Andrea Horwath. Il faut dire que, depuis l’élection de Ford à la tête des conservateurs, c’est elle qui récoltait la meilleure note de confiance de la part de l’électorat. Mais quelques bévues de la part de certains candidats et une grossière erreur mathématique dans leur plateforme viendront émousser la ferveur des électeurs. Finalement, la cote d’amour de Horwath ne sera pas assez pour les mener à la victoire.

Tout ça, ce n’est que des jeux politiques. Et il faut bien dire qu’à ces jeux, les trois partis et la plupart des candidats ont été civilisés. Ce sont plutôt les supporteurs des partis qui l’ont été beaucoup moins, surtout sur les réseaux sociaux. C’est probablement ce qui aura beaucoup plus marqué cette campagne électorale. On a pu lire des messages assez méchants venant d’illustres inconnus de toutes allégeances politiques qui, évidemment, savaient tout. Tout ça dans l’espoir futile de récolter quelques votes illusoires.

Quoi qu’il en soit, nous voilà donc avec un gouvernement progressiste-conservateur qui a récolté plus de 40 % des suffrages et qui détient une majorité de 76 sièges à Queen’s Park. Les conservateurs ont fait plusieurs promesses pendant la campagne et ils devront travailler dur pour les réaliser. Pour ce faire, ils pourront compter sur certains députés de grande renommée. Souhaitons leur bonne chance.

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Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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