le Samedi 3 Décembre 2022
le Lundi 1 novembre 2021 21:20 Éducation

Les garderies attendent patiemment l’arrivée des places abordables

  Photo : Shutterstock
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Les gouvernements du Canada et de l’Ontario sont en plein cœur de négociations pour financer des places en garderies à 10 $ en Ontario. Une bonne nouvelle certainement très attendue par les parents du Grand Sudbury qui doivent débourser plus de 40 $ par jour pour une place en garderie, mais aussi par les centres de la petite enfance, qui espèrent pouvoir augmenter le salaire de ces travailleuses sous-appréciées.

C’est ce que souhaite la directrice générale du Centre Pivot du Triangle Magique, Julie Marsh. Le recrutement est difficile depuis longtemps dans le domaine et une augmentation du salaire pourrait aider, dit-elle.

«On espère que les subventions vont être utilisées pour rehausser les salaires des employées. Quand tu fonctionnes avec 80 à 90 % en salaires, c’est ça qui est difficile, surtout en étant à but non lucratif. Être subventionné va surement libérer le stress associé aux finances.»

Il faudra évidemment que la province prenne la décision de répartir le montant dans toute la province et non pas se concentrer sur une seule région.

Elle croit que les francophones auront leur part du gâteau en Ontario grâce à la voix que leur offre l’Association francophone à l’éducation des services à l’enfance de l’Ontario (AFÉSEO) auprès du gouvernement. 

Les listes d’attente pour une place dans l’une des succursales du Centre Pivot peuvent être très longues. Il y a une centaine de noms pour celle de la garderie du sud de la ville, par exemple. «Moi, ce qui m’inquiète si on est pas capable d’augmenter nos nombres, c’est les gardiennes à la maison qui ne sont pas licenciées», explique Julie Marsh.

Des mesures qui limitent les places

Le Centre Pivot sort de la pandémie sans avoir perdu trop d’employées. Ce qui est une bonne nouvelle puisque les mesures sanitaires en place exigent que deux employés soient responsables de l’accueil et du dépistage. Pendant qu’elles s’occupent de cette tâche importante, les éducatrices ne peuvent pas être en classe. 

Les employées des garderies n’ont pas l’obligation d’être vaccinées. Celles qui ne le sont pas doivent par contre passer un test tous les deux jours, ce qui ajoute à la charge de travail de toute l’équipe. «On a trouvé un juste milieu, on a une routine et ça va un peu mieux», note Julie Marsh.

Toutes ces mesures empêchent la garderie d’accueillir autant d’enfants qu’elle le pouvait avant la pandémie. Alors qu’elle était à 80 % de sa capacité avant 2020, elle à moins de 50 % en ce moment. «Pré-COVID, on desservait environ 1000 enfants par mois [au total dans tous les centres] puis maintenant, on en dessert environ 400», dit la directrice. Il est important de noter que le nombre d’employées n’a pratiquement pas changé, seulement la charge de travail, ajoute-t-elle.

Ce besoin de réduire les nombres a aussi entrainé une modification dans le type de places disponibles. Alors que le Centre Pivot tentait auparavant d’accommoder tout le monde, elle peut maintenant seulement offrir des places à temps plein. 

Plus que des gardiennes

Les garderies de l’Ontario sont maintenant sous l’égide du ministère de l’Éducation. «Ça valide notre profession. Nous ne sommes plus considérées comme des gardiennes, mais vraiment des centres d’apprentissage de la petite enfance qui aident à la fusion entre le préscolaire et la maternelle», explique Julie Marsh. 

Le travail de sensibilisation auprès du public doit cependant se poursuivre pour changer la perception auprès de tous.

D’ailleurs, un projet en ce sens est en démarrage à l’AFÉSEO. Le Réseau InterAgir a pour objectif de valoriser la profession et d’offrir des occasions de développement continu aux éducatrices.

Le Centre Pivot du Triangle Magique compte 16 centres de la petite enfance. Il dessert en majorité les francophones, mais a deux sites pour les anglophones, deux offrent des programmes d’immersion et deux offrent les programmes ON y va (en anglais et en français) à Chelmsford et Hanmer.