le Vendredi 20 mai 2022
le Mercredi 3 novembre 2021 15:25 Éditorial

Défis à la COP26

  Photo : Shutterstock
Photo : Shutterstock

Depuis dimanche, les dirigeants de plus de 200 pays sont à Glascow, en Écosse, afin d’essayer de trouver des moyens de stopper le réchauffement de la planète. La première rencontre mondiale sur l’environnement a été convoquée par les Nations-Unies à Rio de Janeiro en 1992. Cette grand-messe baptisée le Sommet de la terre a vu 154 pays signer le premier traité international sur l’environnement. Depuis, les pays se sont rencontrés 14 fois lors de Conférences des parties (COP) afin de trouver des moyens de combattre les changements climatiques. 

Certaines COP ont donné quelques résultats, on pense à Kyoto et à Paris où les pays participants se sont entendus sur des cibles de réduction de leurs propres émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais selon l’auteur et directeur de secteur au Council on Foreign Relations des États-Unis, Stewart M. Patrick, ces rencontres et toutes ces ententes ont un défaut fondamental : elles ne comportent aucun moyen de surveillance et aucun mécanisme pour forcer les pays à respecter leurs engagements. 

Dans un article paru la semaine dernière dans le magazine Foreign Affairs, le spécialiste démontre la paucité des résultats obtenus jusqu’à maintenant et propose des solutions.

Stewart M. Patrick donne l’exemple de la destruction de la forêt amazonienne par les industries minière, forestière et de l’agriculture du Brésil. Lorsque le président français Emmanuel Macron a accusé le président brésilien Jair Bolsonaro «d’écocide», ce dernier a tout simplement envoyé Macron paitre en disant que le Brésil est un pays souverain qui peut faire ce qu’il veut à l’intérieur de ses frontières. 

Or, selon Stewart M. Patrick, cette notion de souveraineté n’est pas sacrosainte. Il donne en exemple l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à laquelle les pays ont déjà dévolue une partie de leur souveraineté pour régler des différends commerciaux. Un pays qui en appelle à cet organisme pour régler un conflit commercial est tenu de respecter sa décision. 

Mais même ces organismes supranationaux ne considèrent pas l’environnement comme une cause de préjudice. C’est ainsi que l’Union européenne ne peut imposer de tarifs sur le ciment de Russie ou de Turquie pourtant fabriqué selon des méthodes super polluantes. 

Il y a présentement d’autres initiatives mondiales visant l’environnement. Par exemple, le Pacte mondial pour l’environnement et la Convention sur la diversité biologique, tous deux parrainés par l’ONU. Le problème est que plusieurs pays n’ont toujours pas ratifié ces traités et, surtout, qu’ils n’ont pas de dents.

Pourtant, l’humanité est à minuit moins une. L’accord de Paris demandait aux pays signataires de réduire leurs émissions de GES afin que le réchauffement climatique n’atteigne pas plus de 1,5oC d’ici 2030. Or, les cibles annoncées jusqu’ici par les différents signataires indiquent que la température augmentera de 2,7 degrés. 

Les dirigeants réunis à Glasgow doivent donc arrêter de s’en tenir à des belles paroles et forcer les pays, dont le Canada, à atteindre ses objectifs. Et la seule façon de le faire, c’est de mettre un prix politique et financier sur la pollution. Money talks.