le Samedi 28 mai 2022
le Jeudi 18 novembre 2021 5:50 Société

Une année d’immigration presque perdue

  Photo : Shutterstock
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La pandémie pèse sur l’immigration

Les retombées de la COVID-19 se ressentent encore dans tous les domaines de la société. En immigration, Sudbury a accueilli 40 % moins de résidents permanents en 2020 qu’en 2019 et 26 % moins de résidents temporaires. L’Institut des politiques du Nord (IPN), qui a fait une étude sur l’impact de la pandémie sur l’immigration, en formule des recommandations.   

Les résultats de l’étude ont été présentés le 13 novembre, lors du premier Forum communautaire de CFA Sudbury, organisé par le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS) et ses partenaires. 

Le Forum communautaire organisé par le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury dans le cadre des activités de la Semaine nationale de l’immigration francophone. Le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS) et ses partenaires ont présenté la première édition du Forum communautaire de CFA Sudbury. 

Dans l’ensemble, l’analyste de recherche qui a présenté le résumé du travail pour le compte de l’IPN, Martin Lefebvre, dit que la COVID-19 a occasionné la réduction du nombre d’immigrants reçus à Sudbury et celle de l’engagement communautaire pour de nombreux nouveaux arrivants se trouvant déjà dans la communauté. En résultent «des pénuries de main-d’œuvre plus importantes, un avenir économique plus faible et une capacité réduite pour soutenir une population vieillissante», prévient-il.

Une année pratiquement perdue

L’année 2020 est une année perdue qui a gravement perturbé les schémas migratoires. En plus de la diminution de l’immigration,  Martin Lefebvre explique que «la pandémie n’a pas permis aux nouveaux arrivants du Grand Sudbury de s’engager dans la communauté, exacerbant les obstacles existants d’accès aux services, à l’emploi et à l’interaction sociale».

Pour les étudiants internationaux, les possibilités de trouver un emploi, déjà limitées, ont baissé. Également, ils ont eu plus de difficultés à établir des liens sociaux avec la communauté. «Cela pourrait amener certains d’entre eux à quitter le Grand Sudbury après l’obtention de leur diplôme», déplore-t-il. 

Sur le plan social

L’étude sur l’impact négatif de la COVID-19 sur l’immigration dans le Nord de l’Ontario relève que de nombreux nouveaux arrivants qui ne travaillaient pas se sont retrouvés isolés socialement. Ils étaient sans soutien à la fermeture des services en personne et des évènements sociaux.

Ceux qui ne parlaient pas couramment l’anglais ou le français ont eu du mal à accéder aux messages de la santé publique ou à obtenir des informations sur les nouvelles prestations gouvernementales. De nombreux parents avaient une capacité limitée à aider leurs enfants avec l’école en ligne.

Recommandations

L’IPN recommande aux ministères provincial et fédéral de l’Immigration de prendre des mesures pour mieux desservir les régions qui composent le Nord de l’Ontario. Des employés spécifiques devraient se consacrer à aider les entreprises du Nord de l’Ontario à naviguer dans le processus d’embauche de nouveaux arrivants. 

De plus, le Programme ontarien des candidats à l’immigration devrait régionaliser les professions en demande et réserver une part de candidatures pour le Nord.

Les services pour les nouveaux arrivants — ou du moins des informations sur ces services — devraient être disponibles dans les langues étrangères couramment parlées par les nouveaux arrivants.

Particulièrement dans le Grand Sudbury, la planification communautaire participative devrait être utilisée pour combler des lacunes dans les services aux nouveaux arrivants, en particulier les groupes mal desservis, comme les personnes âgées.

Des programmes devraient être mis en œuvre pour promouvoir et faciliter l’embauche d’étudiants internationaux dans le Grand Sudbury. Les décideurs devraient augmenter l’offre de logements dans la ville. Trouver un logement abordable a en effet été un défi pour de nombreux nouveaux arrivants avant et pendant la pandémie.

L’immigration est cruciale pour la survie des communautés francophones. «Si nous ne maintenons pas au moins la part actuelle de francophones au sein de la population en âge de travailler (grâce à la migration et au maintien), il se peut qu’il n’y ait pas une offre suffisante de travailleurs pour fournir des services en français au cours des années à venir», révèle l’étude.

L’Institut des politiques du Nord est un groupe de réflexion qui élabore des politiques de manière indépendante afin de fournir des solutions fondées sur des preuves pour assurer le maintien et la croissance des régions du Nord de l’Ontario.