le Dimanche 22 mai 2022
le Samedi 20 novembre 2021 2:33 Société

Formation sur l’alliance ouverte à tous

  Image : Capture d'écran
Image : Capture d'écran
Semaine nationale de l’immigration francophone

Être un allié demande plus que d’avoir une bonne volonté. Il faut s’éduquer, écouter et intervenir seulement lorsque l’occasion est appropriée. C’est un rôle d’appui, mais avant tout d’introspection. Une toute nouvelle formation autodirigée en français a été mise en ligne pendant la Semaine nationale de l’immigration francophone pour franchir les premières étapes de conscientisation. 

La formation est l’adaptation d’un module créé par Santé publique Sudbury et district. Ils ont collaboré avec Nadège Civil, le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury et le Contact interculturel francophone de Sudbury pour la traduction. 

À travers plusieurs présentations courtes — disponibles en texte et en audio —, la formation introduit d’abord plusieurs concepts essentiels pour bien comprendre les enjeux de base et les conseils pratiques qui viennent à la fin. Il y a aussi des liens vers des vidéos explicatives, dont quelques-unes produites par Télé-Québec. Il faut environ une heure pour passer à travers tous les chapitres.

Qu’est-ce que l’alliance?

Le module utilise souvent le terme «alliance» ou lieu d’«allié». Parce que l’on parle davantage d’actions que de statut. Désapprendre quelque chose pour apprendre.

«Participer à ce module ne fera pas de vous un allié. L’alliance est un phénomène en mouvement et non une identité. C’est un processus continu, d’écoute, d’apprentissage et de défense des intérêts des groupes opprimés», explique le module sur la gestion des attentes.

Étape par étape, on présente la définition des stéréotypes et des préjugés qui mènent à la discrimination. Suit l’oppression, qui se définit comme le contrôle d’un groupe de personnes par la société ou par les institutions et qui les «empêche de participer pleinement à la société».

Puisqu’il s’agit d’un guide vers le questionnement, les sentiments et les émotions des plus privilégiés sont abordés. Par exemple, qu’il est normal d’avoir peur de perdre ses privilèges, de dire que ce n’est pas directement de notre faute. «Ce qui n’est pas normal, c’est de rester accroché à ces sentiments. Ça laisse la personne en position neutre et l’empêche d’avancer sur le chemin de l’alliance.»

À la fin des chapitres, il est plus facile de reconnaitre ses propres privilèges et sa place dans la structure sociale, les signes de la discrimination et de l’oppression, les représentations biaisées dans les médias, les microagressions, etc.

Lorsque vient le temps de passer à l’action, le faire dans son propre cercle social est déjà un bon point de départ. On peut relever les commentaires négatifs, mettre des limites et laisser l’espace aux groupes marginalisés pour parler, au lieu de le faire à leur place.

Même si la formation a été lancée pendant la Semaine nationale, ses leçons s’appliquent plus qu’aux immigrants. Les femmes, les membres de la communauté LGBTQ+ et bien d’autres groupes marginalisés ont besoin d’alliances.

Vous n’aurez pas de preuve que vous avez suivi la formation. Simplement parce que ce n’est que le début du parcours. L’alliance, ce sera les actions que vous poserez après.

La Formation sur l’alliance est gratuite et accessible à tous à l’adresse.