le Vendredi 9 Décembre 2022
le Mercredi 1 Décembre 2021 6:24 Francophonie

Encourager le sentiment d’appartenance chez les nouveaux arrivants

  Photo : Archives Voyageur
Photo : Archives Voyageur
La majorité des nouveaux arrivants acceptent facilement de dire qu’ils sont francophones, mais disent difficilement qu’ils sont franco-ontariens.

La recherche de solutions à ce manquement à l’intégration des nouveaux arrivants était le sujet principal du forum provincial biennal des Réseaux en immigration francophone de l’Ontario, qui a eu lieu les 24, 25 et 26 novembre. 

Des sondages et recherches menés auprès des nouveaux arrivants à des périodes différentes par les réseaux en immigration francophone de l’Ontario ont permis de découvrir cette lacune. Pendant le forum, les participants ont proposé des pistes de solutions pour développer ce sentiment d’appartenance à travers le parcours d’intégration francophone, pour enrichir les communautés francophones en Ontario.

«C’est ce que nous avons voulu creuser durant les trois journées. En comprendre les raisons et penser aux pistes de solutions pour développer le sentiment d’appartenance des nouveaux arrivants à la communauté franco-ontarienne», explique le coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord, Thomas Mercier. 

Les ateliers et conférences, auxquels toute personne intéressée pouvait participer à travers la plateforme Hopin, ont tour à tour fait un état des lieux de la situation dans l’ensemble des communautés de l’Ontario français, présenté le parcours d’intégration francophone et proposé des actions concrètes pour développer le sentiment d’appartenance. 

Les échanges ont été enrichis par des témoignages de nouveaux arrivants panélistes. L’occasion était également bonne pour partager les résultats d’un sondage qui avait été complété par une cinquantaine de nouveaux arrivants sur la question du sentiment d’appartenance.

Particularités pour le Nord de l’Ontario

Globalement, le sondage a montré que 7,2 sur 10 des nouveaux arrivants interrogés ont déclaré appartenir à la communauté francophone. C’est une bonne appartenance, note le coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord. Tout en soulignant qu’il faut améliorer la situation, surtout que ceux qui ont été rejoints sont des personnes «connectées à nos organismes». Ce qui n’est donc pas nécessairement représentatif.

Le Nord de la province présente des éléments propres qui freinent ou ralentissent le sentiment d’appartenance. Un important travail est ainsi à faire, surtout du côté des résidents temporaires. Souvent, ils n’ont pas accès aux mêmes services, aux mêmes activités que d’autres. «C’est plus difficile pour eux de bâtir un lien d’appartenance. C’est pourtant important de bâtir ce lien puisqu’à terme on voit qu’ils restent dans des communautés, qu’ils deviennent des résidents permanents et qu’ils se sentent franco-ontariens», souligne Thomas Mercier. 

Un autre élément qui est ressorti du forum pour le Nord de l’Ontario, c’est qu’il y a nécessité d’engager les citoyens qui sont nés dans cette partie de la province ou qui y sont installés depuis des années. Cet engagement est très important pour «créer un mélange des évènements interculturels qui lieraient les nouveaux arrivants aux personnes établies depuis très longtemps», renchérit le coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario. 

Il est difficile de bâtir un sentiment d’appartenance si on a seulement des nouveaux arrivants qui participent, entre eux, à un évènement sans la présence des résidents plus établis. «Pour pouvoir faire partie de la communauté franco-ontarienne, il faut la découvrir, la rencontrer, socialiser avec elle», fait-il remarquer.

Un autre handicap pour le Nord, ce sont les nouveaux arrivants se trouvant dans de petits villages. Thomas Mercier dit qu’il est difficile d’avoir l’ensemble des services dans un village de 500, 1000 ou 2000 habitants. Il reconnait que la programmation d’activités y est moindre, voire inexistante.

Sentiment d’appartenance, un continuum 

Le sentiment d’appartenance, il ne faut pas le forcer chez les nouveaux arrivants. Il se développe différemment selon les individus. C’est un continuum, explique Thomas Mercier. «Ça commence par l’attachement à la communauté et, graduellement, ça devient de l’adhésion autour des valeurs communes», poursuit-il. 

À l’issue des travaux, des recommandations ont été formulées au gouvernement, aux partenaires et aux réseaux en immigration francophone de l’Ontario. Dans le but de voir la situation améliorée au cours des deux prochaines années, avant la tenue du prochain forum provincial.