le Mardi 24 mai 2022
le Mercredi 8 Décembre 2021 15:25 Éditorial

Les vices qui vident nos poches

Il est difficile cette semaine de ne pas parler de trois sujets qui retiennent l’attention des Canadiens depuis quelque temps. Sujets qui seront d’ailleurs d’actualité pendant encore un bon moment. Il s’agit bien sûr de la remontée des cas de COVID-19 et de l’inflation qui gruge de plus en plus nos portefeuilles. Plus près de nous, le Kingsway Entertainment District (KED) risque de nous couter cher pendant longtemps. 

L’augmentation fulgurante des infections à la COVID-19 partout au Canada, et particulièrement dans le Nord-Est ontarien, est de loin le sujet le plus important. Parce qu’il tue. 

Avec plus de 1000 cas par jour en Ontario et au Québec depuis la fin de semaine, avec plus de 300 cas actifs dans les districts d’Algoma et de Sudbury ainsi que près de 100 cas au Timiskaming, le coronavirus continue de faire des ravages. Et c’est sans compter le nouveau variant Omicron, dont on ne sait pas encore grand-chose, mais qui fait peur aux autorités médicales. 

Pour l’instant, nous n’avons que quelques solutions pour contrer la propagation du virus : les vaccins et les mesures sanitaires comme la distanciation, le port du masque et les limites du nombre de personnes dans un lieu. Si nous ne respectons pas ces mesures, nous nous dirigerons inévitablement vers un confinement comme nous avons vécu en mars 2020. Et la dégringolade économique qui s’en suit.

Personne ne veut cette dernière solution. Pourtant et malgré toutes les données scientifiques, il y a encore des «yahoos» (dixit le premier ministre Ford) qui résistent, qui ne veulent pas être vaccinés, qui ne portent pas le masque et qui nous mettent tous en danger. Le Canada devra-t-il imiter l’Autriche et l’Allemagne qui veulent rendre le vaccin contre la COVID obligatoire? Espérons que non. 

Parce que la hausse des cas de COVID est directement liée au deuxième problème auquel le monde fait face actuellement : l’inflation. La plupart des économistes expliquent que ce sont les problèmes dans la chaine d’approvisionnement des produits manufacturés qui causent un taux d’inflation de plus de 4,7% (octobre) au Canada. Ces problèmes auraient été causés par les fermetures liées à la COVID. 

Cette semaine, la Banque du Canada présentera son énoncé mensuel et on s’attend à ce qu’elle réitère sa décision de commencer à augmenter les taux d’intérêt au printemps afin de juguler l’inflation. Mais le variant Omicron risque de continuer à perturber l’économie. Histoire à suivre.

Le KED est le troisième sujet qui retient notre attention. Il est plus local et ses effets ne sont pas aussi immédiats que la COVID ou l’inflation, mais ne nous leurrons pas, il risque de couter très cher aux résidents du Grand Sudbury. 

Nous apprenions la semaine dernière que la société Gateway Casino a demandé l’arrêt des travaux de nivèlement du terrain pour la construction. Gateway Casino semble vouloir encore participer au projet, mais préfère avoir plus de détails sur les diverses actions judiciaires présentement en marche. Rappelons aussi que le partenaire hôtelier que les promoteurs disent avoir n’a jamais donné signe de vie. Sans ces deux morceaux, le KED ne serait qu’un aréna loin de tout lieu habité, près d’un dépotoir.

Malgré ces incertitudes, la Ville dit travailler pour rassurer Gateway Casinos afin de «garantir que les travaux débuteront dès que possible». La Ville est quand même prête à dépenser des millions pour préparer le terrain. Pas très brillant. Espérons que nos conseillers cesseront de croire aux rêves de grandeur et à l’avidité de certains et exigeront un plan contenant plus que des promesses sans preuve avant de mettre notre argent en jeu.