le Lundi 15 août 2022
le Vendredi 10 Décembre 2021 2:59 Société

La misogynie tue

Le 6 décembre dernier, nous soulignions la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, qui commémore la tuerie misogyne de Polytechnique de 1989, où un homme a tué 14 femmes car elles étaient femmes.

Plus de 30 ans déjà depuis cette violence, mais la pire tuerie de l’histoire du pays est récente : il s’agit de la tuerie de Portapique, en Nouvelle-Écosse, ayant lieu en avril 2020, où un tueur a fait 22 victimes. Après ces évènements, des organismes féministes au pays ont été nombreux à attirer l’attention sur le caractère misogyne de la tuerie, soulignant que l’homme avait un historique documenté de violence conjugale et qu’il avait été décrit comme étant un «prédateur sexuel».

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) veut aussi préciser un fait méconnu : les tueries de masse ont des liens établis avec la violence conjugale. Plus de la moitié (54 %) des auteurs de tueries aux États-Unis ont soit tué une partenaire intime ou un membre de famille, et parmi les dix tueries ayant fait le plus de victimes aux États-Unis, neuf des tueurs avaient démontré un comportement haineux ou violent envers des femmes. Même si les tueries de masse se font plus rares au Canada, plusieurs auteurs de ces crimes avaient des idéologies haineuses envers les femmes, y compris les tueries de Polytechnique et de Portapique et celle de Toronto, ayant lieu en 2018.

Nous savons que ces chiffres sont frappants, et qu’il peut être difficile de les accepter. Par contre, ils présentent aussi une lueur d’espoir, car c’est en analysant ce phénomène que nous réussirons à le combattre. Plusieurs solutions sont nécessaires : reconnaissance de la misogynie; mise sur pied de ressources pour les hommes violents; augmentation du financement des organismes pour femmes et enfants; meilleur contrôle des armes à feu; etc. Prendre au sérieux la violence conjugale et les autres formes de violences faites aux femmes constitue aussi une étape essentielle.

Et que nous disent toutes ces données? Elles signalent que la misogynie tue. Les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre se termineront le 10 décembre, mais la violence faite aux femmes ne prend pas de vacances. Les 16 jours d’activisme, c’est une période de sensibilisation annuelle importante, mais pour mettre fin à la violence faite aux femmes, il faut aussi agir.

La campagne Voir la violence, mise sur pied par AOcVF, s’adresse aux femmes aux prises avec la violence et aux membres de leur entourage. Vous y trouverez les signes avertisseurs de violence conjugale et des conseils pour venir en aide à une femme de votre entourage. 

En 2020, 160 féminicides ont été dénombrés au pays. La violence conjugale est souvent invisible. Apprendre à reconnaitre les signes de violence, ça sauve des vies. Découvrez la campagne Voir la violence : https://voirlaviolence.ca.