le Samedi 28 mai 2022
le Mardi 28 Décembre 2021 2:31 Économie et finances

La SÉO veut promouvoir le Nord

  Photo : Shutterstock
Photo : Shutterstock
Pénurie de main-d’œuvre

Bien qu’elle regorge d’opportunités d’emplois, la région nord de l’Ontario fait face à un grand manque de main-d’œuvre. C’est le constat de la Société économique de l’Ontario (SÉO) qui vient d’y effectuer une tournée. Après avoir sillonné les huit circonscriptions de cette partie de la province, l’organisme souhaite mieux positionner le Nord comme destination de prédilection aux niveaux provincial, national et international.

Une quarantaine d’offres d’emplois disponibles

Les opportunités d’emplois qui devraient attirer les immigrants francophones ne manquent pas. Surtout que le Nord de l’Ontario est habité par un nombre important de francophones. «Ceci permet à un immigrant francophone de s’intégrer assez facilement, ce qui n’est pas le cas dans villes majoritairement anglophones», précise la gestionnaire de l’immigration et de l’employabilité de la SÉO, Aïssatu Sonko.

Les nouveaux arrivants au Canada sont certainement sous-informés. Ils ignorent les particularités et avantages de cette vaste région Nord qui couvre 87 % de toute la superficie de la province. 

«Lors de notre tournée, nous avons diagnostiqué les besoins pour le développement économique dans les districts comme Algoma, Cochrane, Kenora, Rainy River, Thunder Bay et Timiskaming. Nous y avons rencontré les employeurs et autres intervenants. Nous avons relevé qu’une quarantaine d’offres d’emploi sont disponibles dans différents secteurs d’activités», confie Aïssatou Sonko.

Les offres sont dans les domaines du monde des affaires, des finances, de l’administration, des sciences naturelles et appliquées, de la santé, de l’enseignement, des services sociaux communautaires, des services de transport, de la machinerie, de l’agriculture, etc.

La SÉO veut démontrer que le Nord est une région de choix pour les nouveaux arrivants. «Localement, à l’échelle nationale et internationale, nous allons assurer une meilleure visibilité des opportunités qui se présentent dans le Nord de l’Ontario», promet Aïssatou Sonko.

Les gens ne le savent peut-être pas : «Au Nord de l’Ontario, le cout de la vie est jusqu’à trois fois moins élevé que dans le reste de la province», fait savoir la conseillère en employabilité et entrepreneuriat à la SÉO, Stéphanie Cotnoir, dans un communiqué publié par son organisme le 2 décembre. 

Sa collègue Aïssatu Sonko ajoute que «cela fait 5 ans que nous sommes dans le Nord de l’Ontario. Nous connaissons la région et avons une analyse complète des besoins des employeurs sur place. Il y a là-bas une vraie pénurie de main-d’œuvre». 

Il faut cibler les bonnes personnes

À la suite de la tournée qu’avait faite la SÉO dans la même région en 2020, plus de dix familles sont venues s’établir dans le Nord. Pour que le nombre puisse augmenter, certains pensent que les moyens de procéder devraient être revus. 

Le coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario note par exemple que «les services aux immigrants pour les nouveaux arrivants bénéficient d’un surfinancement des grandes métropoles alors que ce n’est pas là qu’on a besoin d’argent pour encourager l’immigration et aider l’immigrant à s’établir», fait remarquer Thomas Mercier. 

Pour lui, c’est naturel pour les nouveaux arrivants de s’établir dans les grandes villes où il y a les membres et amis de leurs communautés. «L’argent doit être dirigé où ce n’est pas naturel. Parce que pour que quelqu’un à l’international regarde les offres d’emploi à Kapuskasing, il faut que quelqu’un lui ait déjà parlé de Kapuskasing, de Thunder Bay ou de Temiskaming Shores, alors qu’il est à l’international. Sinon, il va seulement connaitre les grandes métropoles comme Toronto, Ottawa ou Montréal», renchérit Thomas Mercier. 

Le travail est à faire «pour faire la promotion d’autres communautés à l’extérieur, comme dans les métropoles du Canada (parce qu’il y a aussi l’immigration secondaire à l’intérieur du pays) pour déplacer les gens vers d’autres communautés et cibler les bonnes personnes», insiste-t-il.

Selon lui, les personnes qui viennent des municipalités de taille comparable du Nord de l’Ontario n’ont pas tendance à immigrer à l’international. D’où le besoin de faire un effort de promotion de ces communautés de petite taille dans les pays francophones d’Europe et d’Afrique.

Pour sa part, la gestionnaire en employabilité et immigration à la SÉO recommande que soit créé un écosystème francophone qui permettrait à un nouvel arrivant de se sentir accompagné pendant tout son parcours d’immigrant. «C’est bien d’attirer les immigrants francophones, mais il faut les aider à bien s’intégrer et à apprécier le nouveau mode de vie», dit Aïssatou Sonko.