le Mardi 29 novembre 2022
le Mercredi 5 janvier 2022 15:10 Politique

Ce que l’on retient de la politique ontarienne de 2021

C’est un classique, à chaque fin d’année, c’est l’heure des bilans. Voici ce qu’a retenu Émilie Pelletier, correspondante à Queen’s Park pour le journal Le Droit. Bonne année!  

Une date : le 9 décembre 2021

C’est le jour où la modernisation de la Loi sur les services en français de l’Ontario a reçu la sanction royale. C’était un jour tant attendu pour la communauté franco-ontarienne, elle qui avait attendu plus de 30 ans pour une réforme de cette loi encadrant les droits des francophones de l’Ontario. La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a dit oui à l’offre active, mais pas au retour du poste indépendant du Commissaire aux services en français, ni à l’abolition du concept des régions désignées comme bilingues. C’est en déposant son énoncé économique, un jeudi, que le gouvernement Ford a inclus sa réforme de cette Loi. Les Franco-Ontariens se souviennent que c’est justement un jeudi — le jeudi noir — que ce même gouvernement avait provoqué en 2018 une crise linguistique sans précédent en Ontario, en abolissant le Commissariat aux services en français et le projet de l’Université de l’Ontario français. Ce dernier s’est d’ailleurs concrétisé le 12 novembre.

Un lieu : 9, rue Jarvis

C’est là qu’est situé le campus de l’Université de l’Ontario français (UOF). Le 9, rue Jarvis, à Toronto. La communauté estudiantine de l’UOF a une vue prenante du lac Ontario, et compte parmi ses voisins une épicerie de l’autre côté de la rue, des chaines de restauration à même le bâtiment, des transports en commun à proximité, de même que le centre-ville. L’institution académique francophone se tient sur un seul étage, le premier d’un immeuble qui en compte une cinquantaine. Tous les espaces à l’intérieur sont connectés, ouverts. Les murs sont presque tous peints soit en blanc, soit en vert. Il s’agit là d’un «joyau architectural, d’un temple du savoir», avait lancé l’un des étudiants de l’UOF, Dieudonné Kiama, lors de l’inauguration, le 12 novembre.

Une personnalité : Rod Phillips

Plusieurs se souviendront que Rod Phillips, l’ancien ministre des Finances du gouvernement Ford, s’était vu dépouillé de ses fonctions ministérielles après s’être envolé dans les Caraïbes, en décembre 2020, alors que la santé publique le déconseillait fortement en raison de la COVID-19. Le premier ministre Doug Ford a fait sourciller les partis d’opposition, en juin, lorsqu’il a décidé de remplacer Merrilee Fullerton par Rod Phillips à titre de ministre des Soins de longue durée. Or, M. Phillips a pris les rênes de ce ministère sans hésitation. Dès son arrivée, il s’est excusé, au nom du gouvernement, pour les erreurs tragiques et fatales commises au cours de la pandémie dans le secteur des soins de longue durée. Depuis, il a décidé d’obliger la vaccination des employés des foyers pour ainés, chose que sa prédécesseure avait refusé de faire et que sa collègue ministre de la Santé, Christine Elliott, a refusé de faire pour les travailleurs de la santé de la province. Jusqu’à présent, chaque fois qu’il est confronté à une nouvelle crise liée à la pandémie, Rod Phillips met en place des mesures qui sont conformes aux recommandations des spécialistes de la santé publique. C’était rarement le cas pour Merrilee Fullerton.

Une résolution : retrouver les enfants autochtones disparus des écoles résidentielles

Le gouvernement Ford a promis, en juin, qu’il financera les fouilles sur les sites d’anciennes écoles résidentielles autochtones de la province pour y rechercher des sépultures d’enfants enterrés. Ce financement doit permettre aux survivants, à leurs familles et aux communautés autochtones d’avoir accès à des services de santé mentale adaptés à leur culture et tenant compte des traumatismes. «Nos petits doivent être retrouvés, nommés et, si possible, rendus à leurs familles et communautés», avait soutenu la chef régionale de l’Ontario, Roseanne Archibald.

Un mot : «récépissé»

Ce n’est pas les deux pieds joints que Doug Ford a sauté sur l’idée d’imposer l’exigence d’une preuve de vaccination en Ontario. Au contraire, il a longuement jonglé avec cette possibilité. Au final, c’est le 1er septembre qu’il a pris sa décision : les Ontariens allaient devoir présenter leur récépissé de vaccination démontrant qu’ils ont été pleinement vaccinés depuis au moins 14 jours, en plus d’une pièce d’identité, pour entrer dans certains établissements et pour prendre part à certaines activités. «Ce n’est pas un secret, je n’en voulais pas», avait concédé le premier ministre. Ce dernier avait fait régner le doute pendant tout le mois d’aout, lors d’une omerta médiatique. Au final, le récépissé de vaccination, un mot français peu populaire avant la pandémie, et synonyme de «reçu», est toujours en place. Doug Ford avait promis qu’il s’agissait d’une mesure temporaire et avait prévu y mettre fin au début de l’année 2022. Toutefois, le gouvernement est revenu sur cette décision, affirmant que le récépissé de vaccination serait obligatoire encore un certain temps.