le Vendredi 27 mai 2022
le Mardi 11 janvier 2022 20:46 Politique

Les écoles de l’Ontario rouvertes dans sept jours?

  Photo : Shutterstock
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Est-ce que les élèves de l’Ontario pourront retourner à l’école le 17 janvier, comme prévu et de façon sécuritaire? Difficile à dire, selon les intervenants du milieu de la santé.

Les associations de santé publique de l’Ontario réitèrent qu’en temps de pandémie, les écoles devraient toujours être «les dernières à fermer et les premières à rouvrir».

D’un côté, les élèves doivent retourner à l’école pour assurer leur santé mentale, émotionnelle et sociale, mais de l’autre, ce retour pose un risque sur leur santé physique, selon les experts en santé publique. 

«Les admissions pédiatriques [liées à la COVID-19] dans les hôpitaux augmentent considérablement, selon la présidente de l’Association des infirmières de l’Ontario, Cathryn Hoy. Et c’est ça qui fait peur.»

Trop d’écoles sont toujours sans ventilation, juge d’autre part la néodémocrate France Gélinas, responsable du dossier de la santé auprès de son parti.

«Nous avons répété plusieurs fois que pour que nos écoles soient sécuritaires, elles ont besoin d’une bonne ventilation», a-t-elle indiqué lundi, lors d’une conférence de presse tenue aux côtés du chef du Parti libéral de l’Ontario Steven Del Duca et des responsables des différentes associations qui rassemblent les travailleurs de la santé de l’Ontario.

Pour rendre le retour à l’école plus sécuritaire face à la COVID-19, il faut des classes moins nombreuses, l’accès aux tests rapides et accélérer l’administration des vaccins, jugent les spécialistes du domaine sanitaire.

Un retour en toute sécurité dans les écoles de la province est-il possible?

«Je n’entrevois pas comment ça pourrait se faire», a soutenu la PDG de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario, Doris Grinspun. 

À ses dires, les élèves doivent absolument retourner à l’école pour leur santé mentale, mais il est impossible d’assurer un retour en toute sécurité dans sept jours. 

Steven Del Duca demande au gouvernement Ford d’améliorer l’accès aux données liées à la COVID-19 dans les écoles. Il est difficile d’être bien au fait de la situation réelle de la pandémie dans le système scolaire actuellement, a-t-il souligné.

Mettre sa retraite sur pause

Le ministère de l’Éducation a fait savoir, lundi, qu’il permettra aux enseignants à la retraite de travailler plus de jours au cours de cette année scolaire afin de remédier aux pénuries de personnel liées à la pandémie. 

Dans une déclaration écrite, Stephen Lecce n’a pas précisé si le retour en classes se fera effectivement le 17 janvier ou non, mais a indiqué avoir conclu une entente avec la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (FEO), qui permet aux retraités d’être réemployés pendant 95 jours au lieu de 50.

«Bien avant l’arrivée du variant Omicron en Ontario, les conseils scolaires signalaient des taux d’absentéisme élevés du personnel éducatif. Nous avons besoin de membres du personnel pour pouvoir continuer de fournir un apprentissage à distance en direct, dirigé par du personnel enseignant et pour faire fonctionner nos écoles de façon sécuritaire lorsque les élèves retourneront à l’apprentissage en personne.»

«Nous avons dépassé les exigences de la santé publique», a écrit le ministre, affirmant que son gouvernement fournit des masques N95 à tous les membres du personnel, qu’il a accéléré l’accès aux vaccins de rappel et qu’il continue «d’apporter des améliorations à la ventilation dans les écoles de l’Ontario». 

Le 31 décembre, la FEO avait déclaré qu’elle «ne s’attend pas à ce que de nombreux retraités soient intéressés à travailler dans l’environnement actuel».